Propos dénigrants sur Facebook : la justice botte en touche

le 22 février 2012 à 15h57 , mis à jour le 22 février 2012 à 16h13

Dossier : Facebook et les réseaux sociaux

Critiquer ses chefs sur Facebook justifie-t-il un licenciement ? Appelée à se prononcer sur le cas de deux ex-salariées d'une entreprise d'ingénierie, la justice... n'a pas tranché. Elle a cassé leur licenciement, mais pour vice de procédure.

Facebook ne fait pas forcément bon ménage avec la vie professionnelle. Ce qui pourrait, de plus en plus, déboucher sur des litiges appelés à être tranchés par les tribunaux. Mi-décembre déjà, la cour d'appel de Douai avait eu à se prononcer : elle avait jugé abusif le licenciement d'un salarié qui avait tenu sur sa page privée de Facebook des propos diffamatoires ou injurieux à l'encontre de son employeur. Cette fois, il revenait à la cour d'appel de Versailles de trancher sur le cas de deux ex-salariées d'une entreprise d'ingénierie, licenciées en 2008 à la suite d'une conversation dénigrant leur hiérarchie.

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Sa décision, annoncée ce mercredi, ne règle finalement pas la question de fond. Certes, la cour d'appel a cassé les licenciements. Mais sans se prononcer sur la pertinence ou non d'invoquer des propos sur Facebook pour se séparer d'un collaborateur. Elle a souligné un vice de procédure. Estimant que les deux salariées avaient déjà fait l'objet d'une mise à pied à titre de sanction disciplinaire, la cour a jugé qu'"une même faute ne peut faire l'objet de deux sanctions successives". Les juges ont donc déclaré leur licenciement "sans cause réelle et sérieuse" mais ne se sont pas prononcés sur le fait que les deux salariées avaient été licenciées pour des propos tenus sur Facebook.

"Bienvenue au club"

Tout était parti d'une conversation tenue un samedi soir : connectés depuis leur domicile sur le réseau social, trois salariés de la société d'ingénierie Alten avaient échangé des propos critiques envers leur hiérarchie et un responsable des ressources humaines. L'un des salariés avait ironisé sur sa situation en indiquant, sur sa page personnelle, faire partie d'un club des "néfastes". Les deux autres salariées s'en étaient amusées en écrivant : "Bienvenue au club". Une autre personne, un "ami" des employés sur Facebook ayant accès à leur conversation, les avait dénoncés à leur direction. Quelques semaines plus tard, les trois salariés avaient été licenciés. L'un d'entre eux devait accepter finalement une transaction à l'amiable avec l'entreprise.

En première instance, le conseil des prud'hommes de Boulogne-Billancourt avait jugé "fondé" le licenciement de ces deux anciennes employées, qui avaient fait appel de cette décision. Lors de l'audience en janvier devant la cour d'appel de versailles, l'avocat des salariés, Me Saint-Michel, avait dénoncé une "sanction disproportionnée et injustifiée" pour des propos ayant un "caractère humoristique", tenus lors d'une conversation "qui relevait de la vie privée". L'avocate de l'entreprise, Me Barateig, avait pour sa part estimé que ces propos avaient été diffusés sur un "mur", "nécessairement considéré comme étant une sphère publique".

le 22 février 2012 à 15:57
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1 Commentaires

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  • alain-paris, le 23/02/2012 à 14h05

    Un "ami" avait cafté la conversation à ses chefs. Enfin quelque chose qui a un bel avenir dans ce pays : la délation

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