TF1 News : Le bras de fer engagé entre Nicolas Sarkozy et les magistrats, suite au drame de Pornic, a mis en lumière un métier peu connu : celui de conseiller d'insertion et de probation. En quoi consiste le travail de ces conseillers ?
Violeurs récidivistes : "il faut mettre l'accent sur la recherche"
<b>Interview - </b>Alors que l'enlèvement et le viol d'une petite fille à Toulouse relance le débat sur la récidive des délinquants sexuels, la psychiatre Christiane de Beaurepaire milite pour que des efforts soient faits sur la recherche et sur la création de structures d'accueil spécifiques, comme au Canada.
Publié le 21/04/2011
Affaire Laëtitia : le Spip de Nantes veut des moyens "sérieux"
Mis en cause indirectement par le chef de l'Etat qui évoquait des dysfonctionnements dans le suivi de Tony Meilhon, soupçonné du meurtre de Laëtitia, le Spip de Nantes a subi une inspection. Il devrait désormais recevoir des renforts. Le Spip s'en félicite, mais déplore des promesses insuffisantes.
Publié le 17/02/2011
Laetitia : Mercier va saisir le CSM
Le garde des Sceaux a annoncé mardi devant les députés qu'il avait l'intention de saisir le Conseil supérieur de la magistrature sur "le fonctionnement de la justice" dans l'affaire Laetitia.
Publié le 15/02/2011
Justice : journée nationale de mobilisation fin mars
Les professionnels de la justice organiseront fin mars une journée de mobilisation nationale, axée notamment sur les moyens de la justice.
Publié le 15/02/2011
La révolte des magistrats se poursuit
Les magistrats ont décidé vendredi de poursuivre leur mouvement de protestation après les propos tenus jeudi soir sur TF1 par Nicolas Sarkozy, qui n'a pas pris selon eux la mesure de leur malaise.
Publié le 11/02/2011
"Justice surchargée = drames assurés"
Les magistrats ont manifesté jeudi dans toute la France leur révolte contre leur mise en cause par Nicolas Sarkozy, lors d'une fronde sans précédent.
Publié le 10/02/2011
Jour de colère chez les magistrats
Ce jeudi marque le point d'orgue d'une semaine de mobilisation déclenchée par des propos de Nicolas Sarkozy mettant en cause le suivi judiciaire de Tony Meilhon, après la mort de la jeune Laetitia. Les magistrats doivent descendre dans la rue de nombreuses villes.
Publié le 10/02/2011
Mort de Laetitia : gardes à vue levées, nouvelles recherches du corps
Les deux hommes interrogés sur la mort de Laetitia Perrais ont été remis en liberté sans qu'aucune charge ne soit retenue contre eux. L'un d'eux reste toutefois placé sous contrôle judiciaire pour une affaire de cambriolage. La recherche des parties manquantes du corps de Laetitia se poursuit.
Publié le 10/02/2011
Lettre d'un magistrat avant son suicide : "J'ai tout donné à la justice"
Le site internet du Nouvel Observateur publie ce jeudi la lettre d'un magistrat qui s'est suicidé en septembre dernier en expliquant qu'il était impossible de faire face à la charge de travail.
Publié le 10/02/2011
Les Français derrière les magistrats
65% d'entre eux soutiennent le mouvement de protestation dans la justice provoqué par les déclarations de Nicolas Sarkozy. De nombreuses manifestations sont prévues jeudi..
Publié le 09/02/2011
Justice : une contestation inédite
Aux prises avec une "lame de fond" contestataire qui touche désormais la quasi totalité des juridictions, le garde des Sceaux a estimé mercredi que les magistrats n'ont pas choisi "la façon la plus efficace" de faire entendre leurs revendications.
Publié le 09/02/2011
170 tribunaux sur 195 en grève
La quasi totalité des tribunaux et cours d'appel français, soit 170 sur 195, ont voté un renvoi des audiences non urgentes pour protester contre les critiques de Nicolas Sarkozy.
Publié le 09/02/2011
Justice : la moitié des tribunaux mobilisés, Mercier fera des "propositions"
Alors que plus de la moitié des tribunaux, soit 115 sur un total de 195, ont voté un renvoi des audiences non urgentes, le ministre de la Justice a annoncé mardi qu'il entendait faire prochainement des "propositions" sur les moyens de la justice en terme de personnels.
Publié le 08/02/2011
La révolte des magistrats gagne tous les tribunaux
L'Union syndicale des magistrats s'est dite "écoeurée" par les déclarations de François Fillon qualifiant notamment de "réaction excessive" le mouvement de protestation des magistrats, tandis que le Syndicat de la magistrature a parlé d'"autisme".
Publié le 08/02/2011
Mandat d'arrêt de Meilhon : "erreur de plume" dans le PV
La mention d'un mandat d'arrêt contre Tony Meilhon avant l'enlèvement de Laetitia dans un PV de gendarmerie, "résulte d'une simple erreur de plume du rédacteur", affirme mardi le procureur de Nantes, dans le cadre de la polémique sur le suivi judiciaire du meurtrier présumé.
Publié le 08/02/2011
La fronde des magistrats pourrait s'étendre
Les déclarations de Nicolas Sarkozy parlant de "dysfonctionnements" dans l'affaire Laetitia ont déclenché une révolte sans précédent des magistrats : reports d'audiences, grèves et mobilisation nationale jeudi sont prévus.
Publié le 07/02/2011
Laetitia, Sarkozy et les magistrats : "Qu'on arrête!"
<b>Interview -</b> Pour Jean-Claude Kross, ancien avocat général à la cour d'appel de Paris, il faut arrêter de faire reposer sur les juges tous les maux de la société. Ce dont manque cruellement la Justice, depuis des décennies, ce sont des moyens.
Publié le 04/02/2011
Laetitia : deux nouvelles gardes à vue
Deux nouvelles personnes ont été placées en garde à vue mardi dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Laetitia Perrais, disparue près de Pornic le 18 janvier.
Publié le 08/02/2011
Révolte des magistrats : le TGI de Paris rejoint le mouvement
Paris s'ajoute aux 90 juridictions qui ont voté le renvoi des audiences non urgentes en réaction aux propos de Sarkozy dans l'affaire Laetitia. L'Union syndicale des magistrats s'est dite "écoeurée" par les déclarations de Fillon qualifiant de "réaction excessive" le mouvement.
Publié le 08/02/2011
Charlotte Cloarec, conseillère d'insertion et de probation (CIP) à Brest, secrétaire générale du syndicat Snepap-FSU, représentant 40% des personnels de cette profession : Les CIP travaillent au sein des Services pénitentiaires d'insertion et de probation dit "SPIP", qui sont des services départementaux. Leur mission principale est de prévenir la récidive. Pour cela, ils suivent les personnes condamnées tout au long de leur peine, qu'elles soient en détention ou dehors.
Pour les détenus, le CIP est chargé de mettre en place avec eux tous les outils nécessaires pour individualiser la peine et permettre la sortie dans de bonnes conditions. Il y a une réflexion qui est menée : il faut que le détenu ait compris pourquoi il était passé à l'acte, qu'il ait réfléchi au sens de sa peine et que l'on mette en place avec lui un dispositif pour prévenir au mieux les risques de récidive.
Cela peut passer par le port du bracelet électronique, les permissions de sortie, la libération conditionnelle, l'hébergement dans une association, etc... On fait des propositions au juge d'application des peines qui décide ensuite. Maintenant, tout ceci n'est absolument pas une science exacte. On ne peut pas jurer que tel ou tel ne va pas récidiver.
| "Tony Meilhon était censé être suivi à la suite d'une condamnation pour outrage à magistrat" |
TF1 News : Et pour les condamnés qui ne sont pas ou plus en prison ?
C.C. : Pour eux, notre travail consiste à vérifier qu'ils respectent leurs éventuelles obligations de soin, de chercher un travail ou d'indemnisation des parties civiles... En fonction du profil de cette personne, le CIP peut fixer des rendez-vous tous les 15 jours, tous les mois ou tous les 2 mois. On voit comment la personne assume son suivi.
Depuis l'an passé, nous sommes également saisis des cas "723-15". Quand une personne est condamnées à moins de deux ans de prison, elle peut, depuis la dernière loi pénitentiaire de 2010, bénéficier d'un aménagement de peine ab initio, c'est-à-dire sans passer par la case prison. C'était le cas uniquement pour les personnes condamnées à moins d'un an de prison auparavant.
TF1 News : Le conseiller d'insertion et de probation est donc censé jouer un rôle clé dans la prévention de la récidive. Mais vous dites ne pas disposer des moyens humains nécessaires à l'accomplissement de votre tâche.
C.C. : A l'heure actuelle, nous sommes un peu moins de 3000 conseillers pour suivre l'exécution des peines de 234.000 personnes condamnées, dont 60 000 sont incarcérées. Cela fait une moyenne nationale de 84 personnes suivies simultanément par chaque CIP. C'est déjà trop, mais il y a des endroits, comme à Nantes, où chaque conseiller doit suivre 135 personnes en même temps.
Il y a quelques temps, le SPIP de Maubeuge en était à 400 dossiers pour certains de ses conseillers. C'est quand on en arrive à de telles situations que des directeurs départementaux de SPIP, comme ce fut le cas à Nantes, décident de mettre de côté le suivi de certaines personnes. Mais cela concerne toujours les affaires les plus simples. Dans le cas de Tony Meilhon, il était censé être suivi à la suite d'une condamnation pour outrage à magistrat.
| "Pour Nantes, les autorités politiques savaient et n'ont pas daigné prendre de mesures. Là est la faute." |
Pour rendre efficace notre travail, il est évident nous avons besoin d'être plus nombreux. Mêmes les politiques le disent. Lors du vote de la loi pénitentiaire, en 2009, les parlementaires on fait une étude d'impact. Ils ont estimé qu'il fallait faire descendre le ratio de 80 à 60 dossiers par CIP, et que pour mettre en place les nouveaux aménagements de peine, il fallait recruter 1000 CIP supplémentaires. Déjà en 2003, le député des Ardennes Jean-Luc Warsman avait préconisé des embauches supplémentaires, puis un autre rapport en 2008, puis la Cour des comptes en 2010...
Et pour toute réponse le ministère de la Justice, et donc le gouvernement, nous proposent des suppressions de postes ! Dans le budget 2011, il est prévu de recruter un peu moins de 50 CIP, ce qui ne couvre même pas les départs à la retraire ! Voilà où elle en est la situation ! Certes, les années précédentes, il y a eu des recrutements. Mais, comme en parallèle entre 2007 et 2010 le nombre de personnes condamnées, notamment en milieu ouvert, a augmenté de 34%, on n'a pas réussi à faire baisser la charge de travail pesant sur chaque conseiller puisqu'on est passés de 80 à 84 dossiers à suivre en moyenne.
TF1 News : Qu'est-ce qui a déclenché votre colère et celle de toute la magistrature ?
C.C. : Il y a d'abord eu les propos de Nicolas Sarkozy, puis ceux de François Fillon. Ils ont estimé qu'il fallait prendre des sanctions envers les personnels pénitentiaires des Services d'insertion et de probation parce qu'ils n'auraient pas mis en place de suivi pour Tony Meilhon. Il n'est pas acceptable que l'on essaie de trouver des responsables parmi ces fonctionnaires alors que depuis 2003 des rapports officiels disaient qu'ils étaient en sous-effectifs, alors que le directeur du SPIP de Nantes avait envoyé des alertes à la Chancellerie. Les autorités politiques savaient et n'ont pas daigné prendre de mesures. Là est la faute.
| "On essaie de faire croire que si Tony Meilhon avait été suivi, ce crime atroce n'aurait pas été commis" |
L'autre élément déclencheur de notre colère est que l'on essaie de faire croire que l'on peut arriver à un risque zéro de récidive et que l'on essaie de faire croire que si Tony Meilhon avait été suivi, ce crime atroce n'aurait pas été commis. C'est totalement démagogique ! Les CIP agissent dans le cadre d'une politique de prévention de la récidive, on essaie de limiter les risques comme on peut le faire en matière de sécurité routière ou de santé. Mais on ne peut en aucun cas garantir un risque de récidive zéro.
TF1 News : Que demandez-vous concrètement aujourd'hui au gouvernement ?
C.C. : Nous demandons qu'il n'y ait pas de sanction personnelle et que soit mis en place un véritable plan ambitieux pour la Justice, ce qui implique des recrutements. Nous demandons qu'un CIP n'ait pas à suivre plus de 50 dossiers en même temps, ce qui implique le recrutement de 1500 personnes, ainsi que des personnels administratifs car sans eux les services ne fonctionnent pas. Nous avons également besoin de cadres car beaucoup de services fonctionnent sans aucun encadrement. Il faut également recruter des surveillants pour développer le placement sous bracelet électronique, etc...
Aujourd'hui, nous avons un amoncellement législatif. Les décrets d'application de certaines lois n'ont toujours pas été publiés. Il faut arrêter les choses, les poser. La question de l'exécution des peines ne doit pas se traiter au coup par coup, sous l'impulsion d'un fait divers très médiatique. Les SPIP sont des services jeunes, qui n'ont pas dix ans, qui se structurent petit à petit et qui doivent continuer à se structurer. Il y a des méthodologies à avoir, des outils criminologiques à mettre en place.
La question est aussi de savoir quel est le projet de société que l'on veut mettre autour de l'exécution de la peine ? Est-ce qu'on accepte, à partir du moment où l'on vit tous ensemble, qu'il y ait un risque de récidive ? Il ne faut pas oublier qu'en France la récidive criminelle est de l'ordre de 3%. C'est dramatique quand cela arrive, mais cela reste très faible. La récidive sexuelle est encore plus faible puisqu'elle tourne autour de 1%. En revanche, la récidive délictuelle est de l'ordre de 30%. On sait aujourd'hui que la libération conditionnelle est un système qui marche pour éviter la récidive mais il faut avoir les moyens de faire un bon suivi. Or, aujourd'hui, ce n'est pas possible.
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