Une affaire de violences accompagnées d'insultes racistes contre les blancs sera examinée le 26 octobre à Paris, a indiqué vendredi la Licra, partie civile dans cette affaire. En septembre 2010, un homme a été roué de coups dans une station de métro parisien par trois agresseurs qui lui ont crié "sale blanc, sale Français", a expliqué Me Naïma Moutchou, avocate de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra).
Seul l'un des agresseurs a été retrouvé. Il sera jugé devant la 13e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance (TGI) de Paris pour violence ayant entraîné une interruption temporaire de travail (ITT) supérieure à 10 jours. Le caractère raciste de l'agression a été retenu comme une circonstance aggravante, selon l'avocate. "Il nie avoir tenu des propos racistes", a précisé Me Moutchou. Il y a peu de jurisprudence sur le sujet, a-t-elle précisé, en citant un précédent à Nancy en 1998 avec une condamnation pour insulte raciste et un autre à Douai en 2008. "Mais c'est la première fois, que nous sommes partie civile dans une affaire de violences avec le racisme anti-blanc comme circonstance aggravante", a-t-elle dit. Pour l'avocate, "ce procès est important, mais il ne faut pas s'enflammer: c'est une forme de racisme comme une autre, ni plus ni moins."
Depuis l'éclosion d'une polémique sur le "racisme anti-blanc", après la sortie de Jean-François Copé (UMP) à la mi-septembre, la Licra a assuré à plusieurs reprises vouloir lutter contre toute forme de racisme, tout en qualifiant de "phénomène marginal" le racisme contre les Blancs. Le candidat à la présidence de l'UMP a évoqué dans son livre "Manifeste pour une droite décomplexée" l'existence d'un "racisme anti-blanc" dans certains quartiers. (Lire notre article : "Racisme anti-blanc" : pourquoi Copé emploie-t-il ces mots ?) Plusieurs responsables politiques ont reconnu l'existence de tensions dans les zones sensibles, mais le Front National et la gauche ont accusé Jean-François Copé de récupération électoraliste. 18% de Français nés en France de parents français avaient déclaré, en 2009 dans une enquête de l'Ined et l'Insee, avoir déjà été victimes de racisme, contre plus de 50% pour les descendants d'immigrés maghrébins.










