Une prostituée âgée de 58 ans, poursuivie pour racolage et qui a avait reçu un large soutien des habitants du centre-ville de Nancy où elle officie depuis une quarantaine d'années, a été relaxée jeudi par le tribunal correctionnel de cette ville.
Béatrice P. était soupçonnée de racolage après que plusieurs lettres, signées des "mamans de Saint-Epvre", du nom du quartier où elle réside, avaient été envoyées au parquet et à la préfecture.
Depuis que les poursuites avaient été engagées, au début de l'été, de nombreux habitants et commerçants du quartier s'étaient organisés pour la soutenir, à travers une pétition qui a recueilli plus de 120 signataires et un groupe sur le réseau social Facebook.
Béatrice, véritable figure du quartier
De nombreux témoignages, notamment de mères de famille, faisaient ainsi état de leur attachement à Béatrice, véritable figure du quartier. "Une observation policière a été mise en place: sur les photos, on vous voit avec une jupe courte, un décolleté plongeant. Mais je connais beaucoup de gens qui portent des jupes plus courtes", a ironisé la présidente du tribunal, Catherine Hologne, devant la prévenue qui portait à l'audience un élégant tailleur noir.
"Ces photos me laissent perplexe quant à la notion de racolage", a-t-elle ajouté, s'interrogeant sur "la jurisprudence relative au port de la minijupe". Le parquet, pourtant à l'origine des poursuites, avait finalement demandé la relaxe.
"La notion de 'racolage passif', c'est un oxymore", a pour sa part commenté l'avocat de la défense, Me Georges Dal-Molin. Il a assuré que sa cliente était "une femme vertueuse, pas une femme de petite vertu".









