Une information judiciaire pour infraction à la législation sur les fichiers informatiques et violation du secret professionnel a été ouverte dans l'affaire des soupçons de surveillance illégale de salariés et de clients d'Ikea France.
Elle fait suite à une plainte contre X du syndicat FO pour "collecte de données à caractère frauduleux, déloyal ou illicite". Une plainte qui s'appuyait sur des échanges de courriels douteux, qui auraient commencé au plus tard en 2003 et se seraient perpétués jusqu'au 17 juillet 2009 au moins. La plainte, à laquelle s'était associée la CFDT, avait entraîné l'ouverture le 1er mars d'une enquête préliminaire à Versailles.
Mea culpa d'Ikea
L'avocat de FO, Maître Vincent Lecourt, avait déposé le 20 mars un complément de plainte dans le dossier Ikea "à la suite notamment de la découverte d'autres procédés d'espionnage des salariés, et ce, bien après 2009", avait-il expliqué. Avec ce "complément de plainte", Maître Lecourt avait dit souhaiter "démontrer que les données collectées ont bien été utilisées comme méthode de management". Le syndicat FO soupçonne la filiale française du groupe suédois d'avoir demandé à des enquêteurs privés des renseignements sur les antécédents judiciaires, policiers, ou les comptes en banque de salariés ou de clients en litige avec le groupe.
En avril dernier, Ikea France avait fait son mea culpa en regrettant des pratiques "intolérables" en son sein après ces révélations et annoncé une réforme de sa gouvernance pour restaurer une confiance avec ses clients et ses salariés.







