Squarcini veut poursuivre les auteurs de "L'espion du président"

le 20 janvier 2012 à 09h24 , mis à jour le 20 janvier 2012 à 09h29

Le livre consacré au patron du renseignement intérieur a déclenché une guérilla judiciaire. Bernard Squarcini promet des poursuites en diffamation. Mediapart compte pour sa part saisir la justice sur des soupçons d'espionnage.

 
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Après le démenti officiel, voici venue l'heure de la riposte judiciaire : Patrick Maisonneuve, avocat de Bernard Squarcini, a annoncé l'intention du patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DRCI) de porter plainte en diffamation contre les auteurs de L'espion du président. Dans ce livre publié chez Robert Laffont, Bernard Squarcini se retrouve accusé d'être au "service de l'Elysée" et "instrumentalisé" par le président Nicolas Sarkozy, dont il est proche. Les auteurs affirment que la DCRI, un super service de renseignement intérieur créé en 2008, a été "dévoyée" de ses missions de renseignement.

"Bernard Squarcini n'est l'espion de personne. Les auteurs se retranchent derrière le secret des sources mais ils devront prouver leurs accusations et ils ne le pourront pas car ce ne sont que des rumeurs", accuse l'avocat du patron de la DCRI. "Nous sommes très, très, très sereins. On a fait un travail extrêmement sérieux et extrêmement recoupé", a réagi pour sa part Christophe Labbé, journaliste au Point et l'un des trois auteurs de l'ouvrage. "C'est son droit. C'est l'occasion de lancer un débat démocratique autour du renseignement en France et autour du rôle de son chef", a renchéri Didier Hassoux, du Canard enchaîné, en mettant en avant "une habitude de Bernard Squarcini d'attaquer systématiquement" les journalistes en justice.

Mediapart prépare aussi sa riposte

Le patron de Mediapart Edwy Plenel est aussi visé par Bernard Squarcini . Il écrit que "les méthodes d'espionnage des rédactions par la DCRI, telles qu'elles sont décrites dans le livre, ne relèvent pas d'un dérapage occasionnel mais d'une violation systématique des libertés". Pour Me Maisonneuve, "on est au-delà de la polémique. Accuser de façon aussi ferme et définitive, ce n'est plus possible". Edwy Plenel estime par ailleurs que ce livre apporte "de nouvelles révélations sur l'ampleur de cette surveillance attentatoire aux libertés fondamentales" dont Mediapart dit avoir été l'objet.

L'ouvrage affirme que "Mediapart, qui était en pointe sur l'affaire Karachi, a fait l'objet en 2010 d'une enquête poussée du renseignement intérieur". Le site a donc décidé de porter plainte "afin que toute la vérité soit faite sur cet espionnage et que ses auteurs en répondent, ceux qui l'ont ordonné, comme ceux qui ont exécuté cet ordre illégal", écrit Edwy Plenel. Mediapart pourrait se joindre à l'enquête conduite par la juge d'instruction Sylvia Zimmermann sur les fadettes de journalistes du Monde ou déposer une plainte autonome, a précisé l'avocat du site, Jean-Pierre Mignard.

Dans l'affaire des fadettes, le patron de la DCRI a été mis en examen en octobre, soupçonné d'avoir tenté de découvrir illégalement les sources d'un journaliste du quotidien travaillant sur l'affaire Bettencourt. "Le code de déontologie de la police prévoit qu'un policier doit refuser un ordre illégal. Espionner des journalistes qui font légitimement leur travail est un ordre illégal", a commenté Edwy Plenel. Le monde policier a réagi avec virulence. Les cadres de la DCRI, "de façon unanime", ont exprimé "leur indignation" face à un livre qui "porte gravement atteinte à l'honneur" de leur service. De même le syndicat Alliance s'est dit "profondément choqué" par les "ragots" de l'ouvrage.

L'équipe de François Hollande réagit 

L'équipe de campagne de François Hollande a réclamé jeudi des explications après les accusations portées contre le patron du renseignement Bernard Squarcini, qu'elle juge "très graves". Pour Bernard Cazeneuve, l'un des porte-parole du candidat socialiste à l'élection présidentielle, on se rapprocherait le cas échéant "de pratiques déontologiquement, politiquement et moralement inacceptables".

le 20 janvier 2012 à 09:24
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1 Commentaires

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  • denism147, le 20/01/2012 à 11h15

    Mr Squarcini n'a pas compris que c'est exactement ce que les auteurs du livre attendent... une plainte pour lancer une enquête...

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