Hélène de Yougoslavie avec son époux Thierry Gaubert en 2005 © www.abacapress.comPour l'avocat de Thierry Gaubert, son client pâtit beaucoup d'avoir vu son nom apparaître dans le tentaculaire dossier Karachi, ce qui lui a valu une mise en examen il y a quelques mois dans l'enquête sur le volet financier de l'attentat. Car l'affaire qui lui vaut aujourd'hui de comparaître devant le tribunal correctionnel de Nanterre n'a rien à voir, ni en ampleur, ni en gravité. Me François Esclatine n'hésite pas à parler à ce propos "d'archéologie judiciaire", en évoquant un dossier "beaucoup trop monté en épingle du fait de la reconnaissance médiatique malheureuse de Thierry Gaubert" dans l'affaire Karachi.
Thierry Gaubert visé par une enquête sur des mouvements de fonds suspects
Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Nanterre sur des mouvements de fonds suspects de Thierry Gaubert, un proche de Nicolas Sarkozy, mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi.
Publié le 20/02/2012
Les faits remontent à 1992-1998, une époque où l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy aux ministères du Budget et de la Communication, et ami de Brice Hortefeux, dirigeait l'Habitation française. Il s'agit d'un Comité interprofessionnel du logement (CIL), ayant pour vocation de collecter l'argent du 1% logement auprès des entreprises en vue de financer des logements pour les salariés, créé en 1984 par Thierry Gaubert lorsqu'il travaillait pour Nicolas Sarkozy à la mairie de Neuilly-sur-Seine.
L'ombre de l'affaire Karachi
Ce diplômé en sciences économiques et analyse financière est soupçonné, d'une part, de s'être servi de cette structure pour investir dans des programmes profitant à des sociétés civiles immobilières ou des sociétés d'économie mixte dans lesquelles il avait des parts ou des intérêts. D'autre part, d'avoir illégalement collecté 23,5 millions d'euros dans des ministères pour le logement des fonctionnaires, alors que l'association, à but non lucratif qu'il avait fondée à cet effet (Habitation Pour Tous) en 1992, n'avait pas l'autorisation pour le faire.
Dans ce dossier, Thierry Gaubert va donc être jugé jusqu'au 17 février aux côtés de quatre hommes pour une longue liste de délits, qui vont de l'escroquerie à l'exercice illégal de la profession de banquier, en passant par abus de confiance, prise illégale d'intérêts et abus de biens sociaux. Son avocat se prépare à des audiences "très techniques" et entend contester les infractions "une par une". En soulevant des points de procédure, Me François Esclatine, et le conseil de son associé Philippe Smadja, n'ont pas ménagé leurs efforts pour repousser le procès - qui avait brièvement commencé en mars avant d'être renvoyé.
L'ombre de l'affaire Karachi, qui a valu à Thierry Gaubert d'être propulsé sur le devant de la scène, devrait néanmoins planer sur les dix jours d'audience. Depuis sa mise en examen en septembre par des juges parisiens, qui enquêtent sur un éventuel financement occulte de la campagne d'Edouard Balladur en 1995, les magistrats s'intéressent notamment aux liens éventuels de l'intéressé et de Nicolas Bazire, ex-directeur de cabinet d'Edouard Balladur, avec l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine. Ce dernier a été présenté dans cette affaire comme intermédiaire dans des contrats d'armement, dont la signature a pu alimenter, via des rétrocommissions, la campagne de l'ancien Premier ministre. Auditionnée, l'épouse de Thierry Gaubert la princesse Hélène de Yougoslavie l'avait accusé de s'être rendu en Suisse pour aller y chercher des valises "volumineuses de billets" en 1994-95. "J'ai été mis en cause par Madame Takieddine et par ma femme, mais il n'y a aucun autre élément dans le dossier", affirme pour sa part Thierry Gaubert.
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