Un livre accuse le patron de la DCRI d'être "instrumentalisé" par l'Elysée

le 18 janvier 2012 à 22h42 , mis à jour le 19 janvier 2012 à 08h57

Un livre consacré au puissant patron du renseignement intérieur français, Bernard Squarcini, l'accuse d'être "instrumentalisé" par l'Elysée. L'intéressé se défend en affirmant n'être "l'espion de personne".

Premier patron du renseignement intérieur à être mis en examen, Bernard Squarcini est de nouveau sous le feu nourri des critiques : un livre l'accuse d'être au "service de l'Elysée" et "instrumentalisé" par Nicolas Sarkozy. Dans "L'espion du président", à paraître jeudi, les journalistes Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé dressent un portrait au vitriol du numéro un de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), un proche de Nicolas Sarkozy, à partir de témoignages le plus souvent anonymes. Ils lui reprochent d'avoir créé à la DCRI un groupe "d'opérations spéciales" capable de "rentrer n'importe où".

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Pour les auteurs, Bernard Squarcini, mis en examen dans l'affaire des "fadettes", a été, selon des sources policières, l'homme lige de Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle de 2007 pour "déminer les pièges et les affaires" telles le scandale Clearstream. En retour, le président l'a installé en 2008 à la tête de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), un super service de renseignement intérieur. Considéré par ses pairs comme un "as" en la matière, Squarcini y a "fait ses preuves" notamment "dans la lutte antiterroriste", selon les mêmes sources policières, pour qui il a un "sens inné du renseignement", tout "en diplomatie sous ses rondeurs de Corse fier de ses origines".
  
Ce n'est pas la thèse des auteurs. La DCRI, affirment-ils, est un "outil dévoyé pour servir un camp et des intérêts" citant à l'appui anecdotes, témoignages et exemples. Squarcini le réfute : soulignant que la DCRI comprend des "fonctionnaires avec des opinions politiques et syndicales différentes", il ne voit "pas comment (elle) peut être +un service de renseignement instrumentalisé au service du pouvoir". Les journalistes évoquent longuement l'existence en son sein d'un groupe "d'opérations spéciales" - la sous-division R - ne "figurant pas dans (son) organigramme" et "capable de rentrer n'importe où".  Une "quinzaine d'hommes rompus aux ouvertures indolores de portes, à la sonorisation d'appartements" ou la "pose de balises sous les voitures", écrivent-ils. "Tout (y) est permis à condition de ne pas se faire piquer", dit l'un de leurs interlocuteurs.
 
"Je ne suis l'espion de personne"
 
Le livre décortique également les relations de Bernard Squarcini avec l'énigmatique homme d'affaires Alexandre Djouhri, avançant l'hypothèse d'un "pacte secret" entre les deux hommes.  Il revient sur l'affaire des rumeurs sur le couple Nicolas Sarkozy-Carla Bruni auxquelles la DCRI s'était intéressée en 2010 dans le cadre de sa mission de "sécurité des institutions", comme l'avait déclaré à l'époque le "Squale", surnom du patron du renseignement dans la police. C'est un "formidable comédien", selon l'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, autre proche du président, dont les propos sont rapportés dans le livre. "A chaque réunion" place Beauvau, raconte Brice Hortefeux, "il nous disait ce qu'il voulait" sans "moyen de vérifier si c'était vrai ou faux".
  
"Je ne suis l'espion de personne", a réagi Bernard Squarcini dans un communiqué à l'AFP jeudi soir. Pour lui, parler "d'une dérive en police politique" ou évoquer des "écoutes" de personnalités politiques, forment "une présentation insultante pour tous les fonctionnaires de la DCRI". Démenti tout aussi vigoureux de Claude Guéant jeudi matin : "Je démens que la DCRI soit un instrument politique au service du pouvoir", a déclaré le ministre de l'Intérieur sur France Inter. Il a ajouté qu'il était "absolument faux" de dire que la DCRI espionnait des hommes politiques.

le 18 janvier 2012 à 22:42
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1 Commentaires

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  • al119e, le 19/01/2012 à 11h36

    En période électoral, il en sort des bouquins de toutes les couleurs ! ! ! C'est amusant mais ça ne sert à rien !

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