Une Brésilienne jugée pour avoir empoisonné son conjoint

le 02 février 2012 à 05h00 , mis à jour le 02 février 2012 à 08h11

Poursuivie pour assassinat, Denize Soares est soupçonnée d'avoir administré à Sébastien des doses mortelles de cyanure et fait disparaître son corps, lors de vacances au Brésil en 2004. Elle nie les faits.

Elle est soupçonnée d'avoir administré à son compagnon des doses mortelles de cyanure et fait disparaître son corps, lors de vacances au Brésil en août 2004. A partir de jeudi, Denize Soares, une Brésilienne de 42 ans est jugée pour assassinat devant les assises de l'Isère. Le corps de Sébastien, son ami grenoblois avait été retrouvé en 2008 dans une carrière de sable au terme d'une enquête à rebondissements. La femme, qui aurait agi pour des motifs crapuleux, nie les faits.
 
Denize Soares s'était rendue avec son compagnon et leur fils de 18 mois dans la baie de Salvador de Bahia pour présenter l'enfant à sa famille. Elle était rentrée en France, trois semaines plus tard, sans son conjoint. La femme avait alors raconté à ses beaux-parents, qui l'employaient dans leur magasin de fleurs à Grenoble, que leur fils était "tombé sous le charme du Brésil et avait décidé de prolonger son séjour", avant de changer plusieurs fois de version. Les parents avaient reçu plusieurs cartes postales écrites par leur fils. Mais l'enquête devait révéler qu'elles avaient été envoyées par Denize Soares lors de séjours effectués après la disparition. Ils avaient également déclaré aux enquêteurs que leur belle-fille leur avait montré une vidéo dans laquelle leur fils exprimait son intention de s'établir au Brésil. La scène filmée le 17 août, jour présumé de la mort de Sébastien le montrait "apparemment sous l'effet de médicaments", selon eux.
 
50.000 euros d'assurance-vie
 
Sans appel téléphonique de leur fils depuis près de huit mois et alertés par des débits avoisinant 10.000 euros sur son compte bancaire, les parents de Sébastien s'étaient finalement rendus au Brésil début 2005. Découvrant que personne n'habitait à l'adresse indiquée et que tout le monde croyait leur fils en France, le couple déposait plainte auprès des polices française et brésilienne qui débutaient une enquête longue de quatre ans. Les enquêteurs de la police judiciaire de Grenoble établissaient alors que l'accusée avait puisé 34.000 euros sur les comptes de son compagnon pour lesquels elle n'avait pas de procuration. Ils relevaient également des transactions "frauduleuses", liées notamment à deux contrats d'assurance vie, lui ayant rapporté 50.000 euros.
 
Arrêtée en septembre 2006, Denize Soares était remise en liberté un an plus tard, faute de preuves et en l'absence de cadavre, avant que l'enquête ne rebondisse en avril 2008 grâce à un témoignage inattendu. Un homme avait affirmé aux enquêteurs avoir reçu les confidences d'un frère de Denize Soares qui l'aurait aidée à enfouir le cadavre dans le sable, lequel était retrouvé, sur les indications du témoin, dans une carrière isolée près de la baie de Salvador de Bahia. Le frère de Denize Soares avouait alors aux policiers comment cette dernière l'avait chargé d'acheter un produit qu'elle avait versé dans la bière de son compagnon. Elle lui aurait ensuite demandé de l'aider à faire disparaître le corps. Le lendemain, Denize Soares était interpellée pour la seconde fois et placée en détention provisoire. Prochainement jugé au Brésil pour complicité, son frère sera entendu en visioconférence devant les assises de l'Isère.

le 02 février 2012 à 05:00
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1 Commentaires

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  • pepita570, le 02/02/2012 à 12h07

    J'avais vu ce fait divers dans un reportage , bien triste histoire, en espérant que les proches sachent un jour la vérité

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