Le parquet demande aux jurés de retenir l'altération du discernement de Stéphane Moitoiret. L'avocat général a requis mercredi 30 ans de réclusion à l'encontre de l'assassin présumé du petit Valentin, qui comparaît devant les assises de l'Ain. Une peine de 16 à 18 ans de réclusion assortis d'une mesure de sûreté non quantifiée a également été requise contre Noëlle Hégo, sa compagne, considérée comme l'instigatrice du crime, et jugée pour "complicité".
Assassinat de Valentin : perpétuité pour Moitoiret
Stéphane Moitoiret a été condamné jeudi à la perpétuité par la cour d'assises de l'Ain pour l'assassinat en 2008 du petit Valentin, et sa compagne Noëlla Hégo à une peine de 18 ans de prison.
Publié le 15/12/2011
Assassinat de Valentin: une vidéo fondamentale pour le procès disparaît
La cour d'assises de l'Ain n'a pu visionner mardi l'enregistrement de la première audition de la garde à vue de Stéphane Moitoiret, jugé pour l'assassinat du petit Valentin, la bande ayant été perdue.
Publié le 13/12/2011
Assassinat de Valentin : "deux grands dingues dignes de l'asile"
Un expert psychiatre qui a examiné Stéphane Moitoiret et Noëlla Hégo, jugés pour l'assassinat du petit Valentin, s'est vivement élevé vendredi contre la tenue du procès de "deux grands dingues dignes de l'asile".
Publié le 09/12/2011
Assassinat de Valentin : la tentative d'enlèvement d'un autre Valentin examinée
La cour d'assises de l'Ain, devant laquelle sont jugés depuis lundi Stéphane Moitoiret et Noëlla Hégo pour l'assassinat en 2008 de Valentin Crémault, 10 ans, s'est penchée jeudi sur leur tentative d'enlèvement d'un autre jeune Valentin, en 2006.
Publié le 08/12/2011
Jean-Paul Gandolière, le procureur, a estimé dans son réquisitoire que Stéphane Moitoiret méritait la perpétuité mais qu'il demandait 30 ans de prison pour tenir compte de son état mental. La sûreté prévoirait qu'après avoir purgé leur peine, les accusés subiraient un nouvel examen pour déterminer s'ils sont toujours dangereux, a précisé le magistrat. Les experts psychiatriques se sont opposés lors de l'audience sur la responsabilité pénale des accusés. Quatre se sont prononcés en faveur d'une "abolition" du discernement au moment des faits, mais six ont tranché pour une "altération" du discernement, permettant ainsi à la justice d'engager les poursuites.
"Ce procès, ce n'est pas une thérapie, c'est un calvaire" pour les parents, a lancé le magistrat, évoquant les débats des experts qui se sont déchirés sur la responsabilité pénale de Moitoiret. "L'irresponsabilité pénale n'est pas établie... On a assisté à un kaléidoscope de maladies mentales", a raillé le magistrat, dénonçant également "l'outrance" et le "mépris du débat" de certains experts. "On voulait enfumer la cour d'assises", a-t-il dit.
"Cet enfant, il s'est vu mourir pendant 10 minutes"
"Je sens poindre l'intolérance qui conduit aux plus graves erreurs surtout quand l'accusé nie les faits", a-t-il dit, soulignant que "les psychotiques reconnaissent les faits", tandis que l'accusé nie. L'avocat général a ensuite déroulé comment, le soir du 29 juillet 2008,
Moitoiret avait quitté la salle paroissiale où le couple était hébergé, "armé d'un couteau pour 'créer un incident', 'faire un retour en arrière' et tuer quelqu'un", comme l'avait incité à faire Noëlla Hégo. "Vous avez immolé un enfant de 44 coups de couteau", a-t-il lancé à l'accusé, soulignant que "c'est le premier coup qui compte, volontaire, déterminé, conscient, après c'est un déchaînement".
"Cet enfant, il s'est vu mourir pendant dix minutes (...) et tout de suite (Moitoiret) ne pense qu'à son impunité", a poursuivi le magistrat, évoquant comment le "comportement logique et lucide" de l'accusé, qui, en rentrant, se lave et avoue à sa compagne avoir "tué un petit garçon". "Son empressement le lendemain à partir, c'est le comportement de quelqu'un de conscient", qui en outre "se débarrasse" de ses vêtements souillés et du couteau, a-t-il dit ajoutant : "Ce n'est pas l'acte d'un dément".
"Mission divine"
Valentin Crémault avait succombé dans la nuit du 28 au 29 juillet 2008 à 44 coups de couteau portés alors qu'il faisait du vélo dans les rues du village de Lagnieu, dans l'Ain. Des gouttes de sang retrouvées le long de la rue principale du village, les enregistrements de vidéosurveillance, ainsi que la présence d'un couple de marginaux dans le secteur, avaient amené le 3 août, les gendarmes, à interpeller au Cheylard, un couple de marginaux : Stéphane Moitoiret et Noëlla Hego.
Confondu par son ADN, retrouvé sur la victime, Stéphane Moitoiret avait tenu aux enquêteurs des propos confus, faisant état d'une "mission divine" et disant être soumis à sa compagne qu'il appelait "Sa Majesté". L'accusé a affirmé que s'il a peut-être tué "Valentin", c'est après avoir été "téléguidé" ou "manipulé", ce qui ne lui a pas permis de s'en rendre compte.
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