Vouloir faire prendre des vessies pour des lanternes mène-t-il en prison ? Réponse ce mercredi. La cour d'appel de Montpellier va rendre sa décision dans l'affaire de fraude, dite des "faux pinots". En juin, des viticulteurs et négociants en Languedoc-Roussillon avaient comparu pour avoir exporté du vin vers les Etats-Unis en usurpant l'appellation de cépage "pinot", de 2006 à 2008.
La justice sanctionne la vente de faux pinot
La supercherie avait été découverte lors d'un contrôle de la répression des fraudes en mars 2008 au sein de la société Ducasse à Carcassonne. Cette société achetait le pinot 58 euros l'hectolitre, alors que le cours officiel était de 97 euros.
Publié le 17/02/2010
Quelles peines pour l'affaire de faux pinot ?
Le tribunal correctionnel de Carcassonne rend mercredi son délibéré dans une affaire d'exportation de 135.334 hectolitres de faux cépage pinot noir vers les Etats-Unis entre janvier 2006 et mars 2008.
Publié le 17/02/2010
Lors de cette audience, le parquet général avait demandé contre les douze prévenus des peines plus lourdes en terme de prison que celles prononcées en première instance par le tribunal correctionnel de Carcassonne en février 2010. En revanche, il avait allégé le montant de certaines amendes.
"Le défenseur de la viticulture à la française"
La tromperie consistait à vendre du merlot et du syrah pour du pinot noir, presque deux fois plus cher. Elle a porté sur 135.000 hectolitres soit 18.000 bouteilles de vins génériques avec la fausse mention pinot. Elle aurait rapporté sept millions d'euros. L'affaire avait été découverte lors d'un contrôle de la répression des fraudes en 2008 à la société Ducasse de Carcassonne. Les quantités annoncées allaient bien au-delà des volumes potentiels de pinot, et le prix payé était étonnamment modéré.
Comme lors du premier procès au tribunal, les prévenus ont essentiellement passé leur temps à se défausser sur les Américains qui "ne pouvaient rien ignorer". Et de souligner qu'aucun consommateur américain ne s'est manifesté, avant de mettre en doute la notion même de tromperie. Elle a cependant été au centre des réquisitions de l'avocat général, qui s'est voulu "le défenseur de la viticulture à la française", et a plaidé pour "le respect des cépages car sinon c'est la standardisation du vin". "C'est le mondovin", avait-il lancé. En terme d'image, cette fraude n'a pas altéré l'image des vins du Languedoc-Roussillon, essentiellement des vins de cépages, aux Etats-Unis, qui restent toujours le 6e marché pour les vins de la région.
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