© AFPLa révolte gronde. Les magistrats sont appelés par les syndicats à une grève nationale des audiences pour protester contre les propos de Nicolas Sarkozy les accusant de faute dans l'affaire Laëtitia et annonçant des sanctions. Ce mouvement fait suite à plusieurs autres passes d'armes ces dernières années entre le chef de l'Etat et les juges.
Policiers et magistrats : l'unité retrouvée face au chef de l'Etat
<b>Eclairage - </b>Ils s'écharpent depuis des mois sur les conditions de garde à vue, de détention provisoire ou de choix des sanctions, mais devant les accusations portées par le chef de l'Etat sur leur travail suite à la mort de Laetitia, policiers et magistrats ont décidé de se serrer les coudes.
Publié le 04/02/2011
Laetitia, Sarkozy et les magistrats : "Qu'on arrête!"
<b>Interview -</b> Pour Jean-Claude Kross, ancien avocat général à la cour d'appel de Paris, il faut arrêter de faire reposer sur les juges tous les maux de la société. Ce dont manque cruellement la Justice, depuis des décennies, ce sont des moyens.
Publié le 04/02/2011
Mort de Laetitia: les proches de Tony Meilhon dénoncent
Une demi-soeur de Tony Meilhon affirme avoir prévenu plusieurs fois la justice, tout comme d'autres membres de sa famille, contre la dangerosité de son frère, avant même sa sortie de prison.
Publié le 03/02/2011
Laetitia est morte étranglée
Après quatorze jours de recherches, les enquêteurs ont trouvé mardi le corps démembré de la jeune fille de 18 ans au fond d'un étang de Loire-Atlantique, un lieu fréquenté par Tony Meilhon, le principal suspect.
Publié le 02/02/2011
Laëtitia : la révolte des magistrats
Les magistrats de Nantes ont voté jeudi "une semaine sans audience", un mouvement de protestation rarissime après de nouvelles mises en cause de la justice et de la police par Nicolas Sarkozy.
Publié le 03/02/2011
Le litige porte sur le dossier où un homme sorti de prison en février 2010, Tony Meilhon, est accusé d'avoir tué et dépecé près de Nantes une jeune fille de 18 ans, Laëtitia Perrais. "Quand on laisse sortir de prison un individu comme le présumé coupable sans s'assurer qu'il sera suivi par un conseiller d'insertion, c'est une faute", a dit Nicolas Sarkozy jeudi.
"Populisme de bas étage"
C'est le tribunal de Nantes qui a commencé le mouvement de grève des audiences. Et ce, dès jeudi. Selon les syndicats, il a été immédiatement suivi par Bayonne, Créteil, des juridictions d'outre-mer et de petits tribunaux normands. Une quinzaine de syndicats du monde judiciaire et de l'administration pénitentiaire appelle à la généralisation de ce mouvement, en vue d'une journée de mobilisation jeudi prochain, où des rassemblements seraient organisés partout, avec un point d'orgue à Nantes. "Nous n'accepterons pas que des agents soient sanctionnés, alors qu'ils sont les premiers à devoir subir les conséquences d'une inflation législative conjuguée à une indigence budgétaire", écrivent-ils dans une déclaration commune. L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) parle de "populisme de bas étage".
Sur le dossier Tony Meilhon, les syndicats nient toute faute. Le suspect avait purgé durant onze ans toutes ses peines, sans réduction, et il n'était en théorie astreint, dans le cadre d'une dernière condamnation pour outrage à magistrat, qu'à une "mise à l'épreuve". Malgré une ancienne condamnation pour viol d'un codétenu, il n'était pas considéré comme dangereux. Son suivi léger - obligation de rechercher un emploi et de voir un médecin - n'a pas été appliqué faute d'effectifs, dans le cadre d'accords écrits validés par la hiérarchie judiciaire et administrative, disent les syndicats, preuves à l'appui.
Il n'y a que trois juges d'application des peines à Nantes et 17 agents de probation pour suivre 3.300 détenus, ce qui a amené la probation à laisser de côté plus de 800 dossiers. Alors que les cinq lois votées depuis 2007 sur la récidive ont introduit de nouveaux dispositifs de suivi, cette situation est souvent beaucoup plus dramatique ailleurs en France, comme en Essonne, où chaque juge d'application des peines doit traiter environ 1.000 dossiers. Le système judiciaire français a été classé en 2010 par le Conseil de l'Europe au 37e rang continental pour le pourcentage du produit intérieur brut (PIB) par habitant consacré à la justice. Le budget pour 2011 pour la justice est de 7,1 milliards d'euros, soit environ 2,5% du budget de l'Etat.
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