Christophe Alévêque et Zinédine Zidane/Images d'archives/ © ABACA/Montage TF1 News"Ce mec est un panneau publicitaire qui a trois neurones, qui a fait perdre la Coupe du monde 2006 et qui maintenant profite de son image à outrance". C'est notamment pour cette phrase que Christophe Alévêque s'est retrouvé à la barre jeudi. L'humoriste a comparu devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir injurié Zinédine Zidane dans le magazine sportif spécialisé SportMag.
Christophe Alévêque insulte Zidane
L'humoriste français qualifie le footballeur de "pute" et de "con comme une bite", dans une interview au magazine français SportMag qui en publie des extraits, mardi, sur son site internet.
Publié le 28/12/2010
Dans cette interview parue le 3 janvier 2011, l'ancien chroniqueur de Laurent Ruquier sur France 2 poursuivait en déclarant encore : "Pour moi, c'est une forme de prostitution. Ce mec est une pute", en brocardant le statut d'icône marchande acquis selon lui par l'ancien meneur de jeu de l'équipe de France. "Ambassadeur de Danone, qu'il crève dans le yaourt!" Enfin, il ajoutait que l'ancien capitaine de l'Equipe de France était "lisse" et "con comme une bite".
Le "droit à l'humour"
Le champion du monde 1998 avait alors cité l'artiste en justice pour injure. Il réclame à l'humoriste 75.000 euros de dommages et intérêts. Selon son avocat, Me Brusa, Zinédine Zidane considère que les propos rapportés par SportMag, qui ont "fait l'objet d'une très large diffusion médiatique", en particulier sur la Toile, "portent atteinte à son honneur, sa dignité, sa probité, sa réputation d'homme et de personne publique ainsi qu'à ceux de sa famille".
Christophe Alévêque était présent à l'audience. Zinédine Zidane, lui, n'a pas prévu de se déplacer. Juste avant l'ouverture du procès, il a déclaré: "Je ne dis jamais que je suis allé trop loin, l'humour ne va jamais trop loin. Je suis un bouffon, j'ai critiqué avec mes mots quelque chose que j'ai trouvé vulgaire", s'est-il défendu, avant de préciser: "Je n'ai absolument rien contre M. Zidane. Longue vie à lui! Mais l'icône, le symbole a dérapé". "Je n'ai pas regretté mes propos", Zidane "fait partie des personnages publics, il fait partie du débat", a-t-il conclu.
"Personne n'est inattaquable dans notre pays"
Quelques minutes plus tard, il confirme devant le tribunal : "C'est cette liberté qu'a toujours eu le bouffon qui était le seul qui pouvait s'attaquer au roi. Si je devais avoir des procès pour toutes les personnes que j'attaque en spectacle, je pense que je camperais ici", ironise le comique, regrettant que "le chemin de la caricature se restrei(gne) de plus en plus". Le rôle des humoristes est de "grossi(r) le défaut de la bêtise humaine", poursuit-il, amer, car, explique-t-il, "il m'est arrivé de dire pire sur des gens qui sont président de la République, président du FMI ou pape et il n'y a pas eu de problème. (...) Personne n'est inattaquable dans notre pays".
Concernant Zidane, s'est-il souvenu, "ça m'a choqué qu'un footballeur qui a fait toute sa carrière avec le peuple, les smicards, les RMIstes" se fasse payer onze millions d'euros, soit "une somme extravagante pour soutenir la candidature du Qatar pour la coupe du monde de foot". A un moment, la présidente Anne-Marie Sauteraud s'étonne qu'il ait employé une expression telle que "con comme une bite". Mais, répond-il, "dans mes spectacles, j'emploie ça régulièrement", et puis surtout, là, "je pouvais pas dire con comme ses pieds..." L'affaire a été mise en délibéré au 22 mars.
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