En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
ARCHIVES

Le projet de loi arrive en conseil des ministres

Edité par
le 02 octobre 2009 à 16h58
Temps de lecture
5min
Nicolas Sarkozy Grand Paris

Crédits : REUTERS

A lire aussi
SociétéLe vaste projet d'aménagement territorial de Paris et de sa région, cher à Nicolas Sarkozy, doit être discuté mercredi en conseil des ministres. Ce plan d'investissements de 35 milliards d'euros a créé la polémique jusqu'au sein du gouvernement.

Il y a Paris et son maire socialiste. Il y a les départements et leurs figures de droite et de gauche. Il y a la région Île-de-France et son président socialiste, Jean-Paul Huchon.  Il y a, depuis peu, la région capitale et son secrétaire d'Etat, Christian Blanc. Et il y aura bientôt le Grand Paris, voulu par Nicolas Sarkozy : le projet sera présenté mercredi au conseil des ministres, avec l'espoir pour l'Exécutif d'un examen au Sénat avant la fin de l'année.

Sous le titre Grand Paris se dessine un vaste projet d'aménagement territorial en Île-de-France, reposant sur sept pôles d'activités reliés par un réseau renforcé de transports. Le projet donne de très grands pouvoirs à "l'Etat stratège" pour le tracé du futur réseau de transport et l'aménagement de quartiers entiers autour de quelque 50 gares. 
 

 

Capitale
sous tension

Transports, immobilier, emplois, sécurité,

les enjeux du Grand Paris

 

800.000 emplois en 15 ans
 
Christian Blanc a convaincu le chef de l'Etat de créer un projet de métro automatique autour de Paris reliant une quarantaine de gares autour desquelles de "vastes territoires stratégiques" contribueront, selon lui, à une croissance de 4% par an en IDF d'ici à 10 ans, et à la création de 800.000 emplois en 15 ans. Coût à lui seul de ce projet, selon le secrétaire d'Etat : 20,5 milliards d'euros, alors que Nicolas Sarkozy a validé fin avril 35 milliards d'euros d'investissements au total...

Si le constat est unanime sur la situation catastrophique des transports, le texte n'en suscite pas moins un tollé chez les grands élus franciliens de gauche - Bertrand Delanoë en tête - qui dénoncent un "régime juridique d'exception" remettant en cause la décentralisation en matière de transports et d'urbanisme. La perspective de régionales acharnées ne dépassionne pas le débat. Jean-Paul Huchon, candidat face à l'UMP Valérie Pécresse, a d'ores et déjà dénoncé un projet "inacceptable" avec "le retour à des décisions bureaucratiques d'un autre âge" émanant de l'Etat.

Anne Hidalgo, première adjointe PS au maire de Paris, et Pierre Mansat, adjoint chargé des relations avec les collectivités territoriales d'Ile-de-France (PCF), avaient dénoncé dès septembre le manque de concertation et un texte de loi renvoyant aux décrets pour la mise en œuvre de "décisions majeures pour les citoyens d'Ile-de-France". Et de proposer un contre-plan dans l'urgence : un plan de mobilisation de 19 milliards d'euros élaboré dans l'urgence par Huchon pour faire face aux besoins jugés les plus pressants : désaturer la ligne 13 et rénover les rames, développer le RER E (Eole) à l'ouest et deux arcs de la rocade ferroviaire autour de Paris, Arc Express.

Blanc désavoué ?

Le chef du gouvernement en personne, François Fillon, a tenté de calmer "l'inquiétude" des élus "toutes tendances confondues" affirmant que l'ambition de l'Etat n'était pas de "reprendre la main". Certes, a-t-il dit, "le Grand Paris ne pourra se faire sans l'Etat" et "personne ne peut contester son rôle de pilotage" mais ce projet, a-t-il souligné, "ne pourra pas non plus se construire sans l'adhésion des collectivités locales et des habitants de l'Ile-de-France". Comprenez : le tracé du réseau de transports se fera dans la concertation. Mais jusqu'où ? Et avec qui ?

Pour amadouer les récalcitrants, François Fillon, à qui l'on prête des ambitions parisiennes pour 2014, aurait à ce point édulcoré le texte que son propre auteur ne s'y reconnaîtrait plus. Christian Blanc a écrit fin septembre au chef du gouvernement, auquel il est directement rattaché, pour lui faire part de ses états d'âme concernant la version finalement transmise au Conseil d'Etat. "C'est la règle", lui a-t-il été vertement répondu à Matignon qui smble avoir repris la main sur le projet si cher au président.

Préemption, RATP et débat public

Le droit de préemption
 
L'Etat souhaite se donner le droit de préempter de larges zones autour des quarante gares du futur réseau automatique autour deParis. Le projet de loi permet à l'Etat d'obtenir un "droit de préemption principal", aux dépens des maires, dans les "zones d'aménagement différé" (ZAD)  que "pourront prévoir" les contrats de développement territorial (CDT) entre l'Etat et les maires. Ces CDT devront être signés dans les 18 mois à compter de l'approbation du schéma d'ensemble des infrastructures qui composent le réseau de transport public duGrandParis".
 
Le rôle de la RATP
 
Le projet de loi confirme que la régie sera "gestionnaire" des infrastructures, "dans la limite des compétences reconnues à Réseau ferré de France". La RATP est "responsable de l'aménagement, de l'entretien et du renouvellement de l'infrastructure" et "également gestionnaire des lignes du réseau express régional dont elle assure l'exploitation à la date du 1er janvier 2010".
 
Et le débat public lancé par Huchon ?
 
Une disposition permet de mettre fin brutalement à la procédure de débat public sur le projet de rocade autour deParis Arc Express lancée en juin par le STIF, le syndicat des transports d'IdF, présidé par le socialiste Jean-Paul Huchon. Le sort de cette disposition n'était pas scellé, lundi.

Commenter cet article

  • Stanfor : Nous sommes dans l'HYPERCENTRALISATION. Alors que la France étouffe de cette organisation où tout va vers Paris, on en remet une couche. Des milliards d'euros coulent à flot pour les parisiens. En revanche, pour le reste de la France: RIEN. Comment les régions peuvent elles se développer, comment la vie des français peut elle s'améliorer lorsque les collectivités territoriales ne peuvent compter que sur leur propre recette pour investir. Les projets d'aménagement restent au point mort, et quand on demande une aide au gouvernement la réponse est : les caisses sont vides. Finalement, en région, il n'y a que des citoyens de seconde zone. Cette différence de traitement est insupportable.

    Le 08/10/2009 à 00h28
  • FC : Grand Paris, ou grande C...rie. Paris n'est pas la France. Nous assistons à un énorme bourrage de crâne. J'ai passé 30 ans en région parisienne, tout à tour travaillant au centre, à l'est puis à l'ouest. Habitant en banlieue, les transports en commun je connais. Oser vouloir augmenter les emplois de 150 000 sur la défense relève de la plus pure bêtise. Le grand risque aujourd'hui sur ce sujet est qu'Une Meute Parasite, en mal d'allégence au chef, ne permette de se lancer dans un immense bazar qui ne fera que compliquer la vie des franciliens sans résoudre ni la qualité de la vie, ni l'amélioration de l'emploi. Pire, c'est le pays tout entier qui devrait mettre la main à la poche pour financer les lubies de qui vous savez.

    Le 07/10/2009 à 13h30
  • Bruno : C'est marrant, il va préempter la mais pour faire des logements sociaux à Neuilly, pas question ! faut pas toucher au ghetto des riches ! Qu'il commence par faire respecter la loi dans sa ville, après on pourra en reparler ! Lamentable Sarko !

    Le 06/10/2009 à 14h58
  • Marcus : Il est évident de développer les transports,trams,metros automatiques mais il faut le faire dans toutes les grandes villes,je pense aux habitants de lyon les derniers touchés par des gréves. et puis il est absolument navrant de se rendre d'une banlieue à l'autre sans passer par la capitale:il y a un retard à combler:les métros automatiques aériens où souterrains sont indispensables pour que les clients ne soient plus pris en otages

    Le 06/10/2009 à 14h51
  • 1 parigo : Ce mec la, c'est De Funes dans la folie des grandeurs. Sauf que De Funes nous faisait marrer, lui nous fait vraiment peur...

    Le 06/10/2009 à 14h36
      Nous suivre :
      Un incendie dans le métro de Londres

      Un incendie dans le métro de Londres

      logAudience