Dans la rue pour réclamer un "procès de l'amiante"

le 30 septembre 2006 à 18h41 , mis à jour le 30 septembre 2006 à 19h49

Plusieurs milliers de manifestants ont défilé samedi à Paris pour réclamer un "grand procès pénal". L'amiante fait aujourd'hui 3000 décès par an.

TF1/LCI : Manifestation contre l'amiante à ParisManifestation contre l'amiante à Paris © TF1/LCI

Plusieurs milliers de personnes (3100 selon la police, 6000 à 7000 selon les organisateurs) ont manifesté samedi à Paris pour réclamer un grand "procès pénal de l'amiante" et une meilleure indemnisation des victimes. Les manifestants, venus de toute la France à l'appel de l'Association nationale des victimes de l'amiante (Andeva), ont défilé de la tour Montparnasse, choisie symboliquement "parce qu'elle contient de l'amiante un peu partout", à la place de Fontenoy, à proximité du ministère de la Santé. Ils ont lâché, lors d'une minute de silence, des ballons blancs symbolisant les ouvriers décédés après avoir travaillé au contact de l'amiante.

L'amiante a été utilisé massivement dans l'industrie pendant des décennies avant son interdiction en 1996, et n'a totalement disparu que depuis 2002 de la fabrication de tout produit industriel en France. La substance provoque 3000 décès par an et pourrait faire 100.000 morts d'ici 2025, selon les prévisions les plus pessimistes de santé publique.

Plaintes déposées contre EDF, Saint-Gobain, les Chantiers de l'Atlantique...

En tête du cortège, ont défilé en silence une vingtaine de "veuves de Dunkerque", qui avaient réclamé en vain un procès pénal après le décès de leurs époux, victimes de l'amiante, et qui, de décembre 2004 à janvier 2006, ont manifesté chaque mois devant le tribunal de Dunkerque. Chacune d'elles portait le portrait de son mari. "L'amiante abrège nos vies", "les empoisonneurs doivent être jugés", "les préretraites: un droit pas un privilège", proclamaient les petites pancartes rouges et blanches de l'Andeva portées par de nombreux manifestants, aux côtés de militants CGT, CFDT et CFTC.

Mais il y a de nombreux obstacles à surmonter pour parvenir à un grand procès pénal, car  la justice française "n'a jamais été confrontée à une affaire de l'ampleur de l'amiante", estime Michel Parigot, vice-président de l'Andeva. "Dans l'affaire du sang contaminé (1988-99), on examinait la responsabilité de quelques dizaines de personnes sur quelques mois et le sort de quelques centaines de victimes. Pour l'amiante, on parle de responsabilités sur des décennies et de dizaines de milliers de victimes".

En attendant, plusieurs grands noms de l'industrie française sont déjà visés par des plaintes d'anciens salariés victimes de l'amiante, affirme l'Andeva. Les plaintes ont été déposées pour homicide et blessure involontaires, en raison d'une exposition à l'amiante et sont examinées par les juges du pôle santé publique du tribunal de Paris, a précisé Me Michel Ledoux, avocat de l'association. Parmi les entreprises visées, figurent EDF pour la centrale d'Arjuzanx dans les Landes, une usine de Saint-Gobain Everit à Bassens près de Bordeaux, deux sites Sollac, dont l'un à Dunkerque, la Direction des chantiers navals pour les arsenaux de Brest et Cherbourg, les Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire, la société Eternit notamment à Rennes, Albi et Caronte près de Fos-sur-mer.

D'après agence

le 30 septembre 2006 à 18:41
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2 Commentaires

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  • Claude, le 01/10/2006 à 12h07

    Toute activité comporte une partie de risques , tout le monde savait que les mineurs travaillant au fond pour éxtraire le charbon avait une éspérance de vie réduite , combien de morts sont dus à l'automobile alors qu'ils travaillent victimes d' accidents et de la pollution ; il y a aussi les usines de traitement de métaux utilisant des acides , etc etc , ...l'amiante fait partie de ces matériaux à risques . Je compatis au malheur de toutes ces personnes atteintent de maladie , mais pouvait on faire autrement ? Si l'on savait depuis des années que l'amiante était nocif , si"on savait" je pense que les ouvriers aussi , pourquoi avoir continué à travailler dans de telles conditions ? . Aujourd'hui il y a certainement encore des corps de mètiers qui sont à risques beaucoup plus que d'autres , mais est il possible de tout maitriser et il faut tenir compte de la particularité de chacun , je suppose que tous les gens qui ont touchés ou travaillés dans un environnement d'amiante ne sont pas tous malades , comme il y a des gens qui fument et qui vivent jusqu'a 90 ans ,et d'autres meurent d'un cancer du poumon à 40 ans , alors quoi faire !

  • Vastre, le 01/10/2006 à 11h51

    Dans l'affaire de l'amiante, l'Etat français a gravement manqué à ses obligations. Il ne suffit pas d'imposer aux employeurs privés et entreprises publiques pour être dédouané. Qui nous fera croire que les bâtiments de l'administration ont été floqués avec du roquefort ou isolés avec de la crème chantilly ? L'inconséquence de l'Etat va coûter très cher au contribuable.

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