Jacques Chirac et Ely Ould Mohamed Vall, président de Mauritanie, ravi de la revalorisation des pensions des anciens combattants des colonies © TF1/LCI Le président de la République s'était engagé le 14 juillet à annuler le gel du montant des pensions des anciens combattants des colonies. Ce mercredi, il a tenu ses promesses en faisant annoncer par Hamlaoui Mekachéra, que les anciens combattants des colonies allaient percevoir les mêmes pensions que les français. "Il n'y aura plus de différences dans ces deux prestations que sont les retraites du combattant et la pension militaire d'invalidité entre les combattants de ces pays (des ex-colonies françaises) et les nationaux français", a déclaré le ministre des Anciens combattants à la sortie du Conseil des ministres.
La revalorisation des pensions des anciens combattants des ex-colonies sera appliquée dès 2007, pour un coût global de 110 millions d'euros par an. "Ils percevront exactement en euros ce que perçoivent les nationaux français", a-t-il ajouté. Interrogé sur un rattrapage dans le versement des pensions, gelées depuis 1959, Hamlaoui Mékachéra a affirmé que "ce n'est pas d'actualité pour l'instant".
"Nous savons ce que nous leur devons"
Quelque 80.000 anciens combattants de l'armée française de nationalité étrangère, essentiellement d'Afrique noire et du Maghreb, sont concernés par cette mesure de revalorisation des pensions.
Jacques Chirac a déclaré mercredi que cette mise à niveau constituait "un acte de justice et de reconnaissance envers tous ceux qui sont venus de l'ex-empire français combattre sous notre drapeau". Rachid Bouchareb, le réalisateur du film Indigènes, sorti en salles ce mercredi, a salué une "abolition des discriminations qui aura des répercussions dans toute la société française". Dominique de Villepin a quant à lui déclaré : "nous savons ce que nous devons à l'engagement et au courage de tous ceux qui ont défendu notre patrie et ses idéaux dans les conflits du 20ème siècle".
Parcours d'une "indigène" |
Andrée Peyronnet, une internaute, a contacté LCI.fr pour souligner que les indigènes comptaient aussi des femmes. Parmi elles, sa mère, Denise Peyronnet, née Berger. Celle-ci vivait alors à Oran, en Algérie. Voici son histoire telle que nous la raconte sa fille : après le débarquement américain, en novembre 1942, le général Merlin a recruté des femmes pour devenir auxiliaires des Transmissions dans l'armée française. Denise a répondu à l'appel, devenant ainsi l'une des "Merlinettes" qui ont pris part à l'effort de guerre. Avec ses consoeurs, Denise a débarqué en Italie en juillet 1944. Sous les ordres du Général de Lattre de Tassigny, les Merlinettes ont participé au débarquement en Provence un mois plus tard puis, après avoir "remonté" la France, à la campagne d'Allemagne. C'est à Strasbourg que Denise a rencontré son mari, originaire d'Alger. Ils se sont mariés après la guerre. Denise avait alors 23 ans. Décorée de la médaille du combattant volontaire en novembre 2004, elle réside actuellement à Sète.

D'après agence
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