Un article de La Dépêche du Midi relatant les menaces de mort reçues par un professeur de philosophie qui avait publié une tribune sur l'islam © TF1/LCIRobert Redeker, un professeur de philosophie exerçant dans un lycée près de Toulouse, a été menacé et placé sous protection après avoir publié mi-septembre une tribune dans Le Figaro. Il se trouve actuellement dans un endroit tenu secret et n'assure plus ses cours depuis une semaine.
A 52 ans, Robert Redeker, professeur à Saint-Orens-de-Gameville, n'en est pas à son premier article polémique dans la presse. Mais cette fois, il a reçu des "menaces de mort écrites, sous forme de mails" le jour même de la publication, le 19 septembre, et n'est pas réapparu dans l'établissement le lendemain, selon le proviseur Pierre Donnadieu. "A l'évidence, c'était relativement grave", a-t-il poursuivi. Le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien, tout en se déclarant "solidaire" du professeur, jeudi sur RTL, a souligné qu'"un fonctionnaire doit se montrer prudent et modéré en toutes circonstances".
Protégé par la DST
La police n'a pas souhaité s'exprimer "pour des raisons de sécurité", mais selon La Dépêche du midi, ce père de famille serait protégé par la DST. Interrogé par le journal, Robert Redeker, qui ne regrette pas d'avoir écrit ce texte, a déclaré avoir éprouvé "de l'angoisse dans un premier temps car ces menaces sont précises et visent (sa) vie. De la tristesse, ensuite, car ce qui m'est fait correspond tout à fait à ce que je dénonce dans mes écrits : l'Occident se retrouve sous surveillance idéologique de l'Islam", a-t-il ajouté.
Dans sa tribune intitulée "Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre?" (voir illustration d'ouverture), l'auteur qualifie notamment le Coran de "livre d'inouïe violence" et le prophète Mahomet de "chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame". Dressant un parallèle avec la guerre froide, il considère que, "l'islam se présente, à l'image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental" et qu'il "est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine". A la suite de cette publication, l'édition du 19 septembre du Figaro a été interdite en Tunisie.
Auteur de nombreux articles, notamment sur le révisionnisme et l'enseignement, et animateur d'un site internet, Robert Redeker est connu pour ses prises de positions polémiques au sein du corps enseignant. Il est d'ailleurs loin de faire l'unanimité au sein des 1500 élèves et 200 membres du personnel de ce lycée, où il exerçait depuis cinq ans. "Il a abordé à plusieurs reprises la question de l'islam en France et aimait attirer l'attention sur lui", a souligné un enseignant, sous couvert d'anonymat, précisant que ses propos agaçaient souvent ses collègues, qui n'ont pas apprécié la mention du lycée dans l'article. Au lycée, élèves et professeurs ont été informés vendredi de la situation. "Le fait d'expliquer les choses, la passion est immédiatement retombée", a estimé le proviseur. Depuis, les lycéens se disent rassurés, le professeur a été remplacé, le plan vigipirate renforcé et les courriers adressés à Robert Redeker filtrés.
D'après agence
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