Le "message de confiance" de Chirac aux magistrats

le 22 septembre 2006 à 07h20 , mis à jour le 22 septembre 2006 à 16h48

Le président de la République a rappelé sa "très grande exigence quant au respect de l'indépendance des magistrats", après avoir reçu Guy Canivet.

Guy Canivet quitte l'Elysée suite à son entretien avec Jacques ChiracGuy Canivet quitte l'Elysée suite à son entretien avec Jacques Chirac © TF1/LCI

Jacques Chirac a rappelé vendredi sa "très grande exigence quant au respect de l'indépendance des magistrats", après avoir reçu le premier président de la Cour de cassation Guy Canivet qui avait protesté contre les déclarations de Nicolas Sarkozy sur les juges.

Selon Guy Canivet, les propos de Jacques Chirac sont "une réponse institutionnelle appropriée à la situation de la part du président de la République, garant de l'indépendance de la magistrature". "Mon message est un message d'apaisement, il faut que la polémique s'arrête. Pour lutter contre la délinquance, il faut que chacun soit à sa place et fasse ce qu'il a à faire", a-t-il ajouté, quelques minutes après sa rencontre avec le président de la République à l'Elysée.

Réunion lundi à la Chancellerie

Jacques Chirac a adressé "aux magistrats un message de confiance dans leur engagement et leur esprit de responsabilité" et demandé au Garde des Sceaux, Pascal Clément, de réunir les acteurs concernés par l'évolution de la délinquance en Seine-Saint-Denis. Cette réunion qui aura lieu lundi après-midi à la Chancellerie doit avoir pour objet "l'évolution de la situation et les mesures permettant de renforcer encore l'efficacité de l'action publique et judiciaire face aux actes de violence", selon la présidence.

Devraient être présents, entre autres, à la réunion de lundi : le premier président de la Cour d'appel de Paris Renaud Chazal de Mauriac, le procureur général de Paris Yves Bot ainsi que les deux chefs de la juridiction de Bobigny, le président du tribunal, Philippe Jannin, et le procureur de la République François Molins. Le président du tribunal pour enfants de Bobigny, Jean-Pierre Rosenczveig, a également été convié, tout comme le préfet de Seine-Saint-Denis Jean-François Cordet. Le ministre de la Justice prévoit aussi de recevoir dans la semaine les maires de ce département confronté à la délinquance.

Clément ne porte pas de jugement

Au milieu des critiques de l'opposition et des syndicats de magistrats, le ministre de l'Intérieur a maintenu son cap en affirmant vendredi sur RTL que "jamais" il n'avait "mis en cause les magistrats dans leur ensemble". "Je dis à M. Canivet, que je connais bien, qui est un homme de bien, que si la justice française a pour seul problème (mes) déclarations, c'est qu'elle va bien". La veille, il avait affirmé que "les Français savent bien" que je dis "la vérité".

Quant au Garde des Sceaux Pascal Clément, il a jugé vendredi sur Europe 1 que Nicolas Sarkozy était "dans son rôle de candidat" à l'élection présidentielle en dénonçant le tribunal de Bobigny. Et dans ses fonctions ?, lui est-il demandé : "Permettez-moi de ne pas m'attarder sur ce problème là", a-t-il répondu. 

Selon lui, "porter un jugement sur l'activité d'un tribunal, ce n'est pas une atteinte à l'indépendance de la justice à condition que ce soit fait par les représentants du peuple, ou le peuple lui-même, et que cela se fasse de manière modérée et impartiale". Etait-ce le cas des critiques de Nicolas Sarkozy ? : "Je ne suis pas là pour porter des jugements...", a esquivé le Garde des Sceaux.

La lettre de Nicolas Sarkozy a Guy Canivet

Le ministre de l'Intérieur a fait porter vendredi matin, par motards, une lettre au premier président de la Cour de cassation, juste avant que ce dernier soit reçu à l'Elysée, lui assurant n'avoir jamais voulu "porter atteinte à l'indépendance de la justice" tout en défendant son "devoir" d'expression comme homme politique. Sept mois avant la présidentielle, le très probable candidat affirme qu'"il existe une crise de confiance entre les Français et la justice. Les Français ont souvent le sentiment que la justice n'applique pas la loi, telle qu'ils comprennent qu'elle a été votée par le parlement".

D'après agence

Réagissez à la polémique entre Nicolas Sarkozy et les magistrats dans On en parle, l'émission interactive de LCI, diffusée lundi 25 septembre à partir de 9h10. Laissez votre témoignage en écrivant à onenparle@lci.fr

le 22 septembre 2006 à 07:20
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37 Commentaires

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  • Damien, le 22/09/2006 à 15h54

    Pascal clément : "Je vais bien, tout va bien..." !!

  • La vérité, le 22/09/2006 à 14h46

    Y a que la vérité qui blesse, c'est bien connu! J'habite le 9.3 et le laxisme de la parodie de justice qui y règne est incroyable. Résultat: des multirécidivistes à la pelle, des agressions qui se multiplient, d'où le signal d'alarme justifié du préfet. Ces messieurs en col blanc sont bien gentils de s'indigner au nom de l'indépendance de la justice! Je les invite à venir se promener seuls le soir dans le 9.3! Les Français ont le droit d'avoir leur tranquillité, et c'est bien + important que l'orgueil des magistrats. Publiez SVP.

  • Laurent, le 22/09/2006 à 14h14

    Tu as raison Pascal de Paris, c'est la faute de Sarkozy si les banlieues sont des ghettos, lieux de non-droit. Il n'aurait jamais du les provoquer, les CRS n'ont que ce qu'ils meritent. Non mais tu te relis des fois? Des gens se font bruler leur voiture et voler/detruire leurs biens tous les soirs...J'espere une seule chose, que lorsqu'il sera elu, les choses changeront vraiment.

  • Le deuxième tour sera donc..., le 22/09/2006 à 13h57

    Je pense que Nicolas Sarkozy vient encore de gagner quelques points dans les sondages et je m'en félicite. La gauche vient de prouver à ceux qui en doutaient encore qu'elle n'a toujours rien compris au problême majeur de l'insécurité en France. Au 2éme tour des présidentielles on aura donc un Sarkozy-le Pen.

  • Néné, le 22/09/2006 à 13h36

    Même si Mr SARKOZY n'a pas à critiquer la justice dans son rôle, moi je trouve qu'il a entièrement raison, qui pourrait parler de ce sujet actuellement, les français ont peur de porter plainte, et de critiquer la justice (trop majoritairement utopiste).

  • Jean-Luc, le 22/09/2006 à 13h04

    Tout à fait d'accord avec "Justice indigne" : l'indépendance de la justice s'analyse vis à vis du pouvoir exécutif et seulement lui. En revanche, en vraie démocratie, tout milite pour que le juge rende des comptes aux citoyens. Donc, en tant que libéral,je milite pour que les juges soient élus et non plus nommés.

  • Cheminard, le 22/09/2006 à 12h22

    Moi je suis tout à fait d accord avec M. Sarkozy celui-ci dit une fois de plus tout haut ce que les français pensent tout bas, le seul souci c'est que messieurs Chirac et Villepin font en sorte que ce soit le bouc emissaire de dire les choses reelles de la vie que nous menons et qui malheureusement n est pas jolie. Je dis bravo M. Sarkozy continuez à défendre les citoyens français, à bas les hypocrites de gauche ou de droite. Vous aurez mes voix pour 2007 pat thiais

  • Philippe, le 22/09/2006 à 12h12

    Sarkosy fait du populisme de bas étages !!!! ouvrons les yeux il ne n'a qu'un seul but le pouvoir !!!!!!

  • JGH, le 22/09/2006 à 12h02

    Le terme "indépendant" gravé dans notre constitution semble poser problème. Litérallement il signifie: qui n'a de lien avec personne. En poussant à l'absurde ( comme veulent peut-être le faire croire certains magistrats et politiques),faut-il aller à penser que notre justice n'aurait plus de lien ni avec notre république, ni avec notre cobnstitution, ni avec la France ? Mais alors, dans ce dernier cas, pourait-on encore tolérer légitiment que cette institution puisse être habilité à traiter des affaires concernant les citoyens français ? La question mérite d'être posée. Je pense que tant M. Chirac que les hautes Hautoritées magistrales, sont, dans cette affaire, allées beaucoups trop loin ...

  • Jean, le 22/09/2006 à 11h50

    Quoiqu'en dise la magistrature, elle se considère encore et toujours comme intouchable, exempt de toute souillure... En France on ne touche pas à la magistrature sous peine de recevoir les foudres du ciel.

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