Guy Canivet quitte l'Elysée suite à son entretien avec Jacques Chirac © TF1/LCIJacques Chirac a rappelé vendredi sa "très grande exigence quant au respect de l'indépendance des magistrats", après avoir reçu le premier président de la Cour de cassation Guy Canivet qui avait protesté contre les déclarations de Nicolas Sarkozy sur les juges.
Selon Guy Canivet, les propos de Jacques Chirac sont "une réponse institutionnelle appropriée à la situation de la part du président de la République, garant de l'indépendance de la magistrature". "Mon message est un message d'apaisement, il faut que la polémique s'arrête. Pour lutter contre la délinquance, il faut que chacun soit à sa place et fasse ce qu'il a à faire", a-t-il ajouté, quelques minutes après sa rencontre avec le président de la République à l'Elysée.
Réunion lundi à la Chancellerie
Jacques Chirac a adressé "aux magistrats un message de confiance dans leur engagement et leur esprit de responsabilité" et demandé au Garde des Sceaux, Pascal Clément, de réunir les acteurs concernés par l'évolution de la délinquance en Seine-Saint-Denis. Cette réunion qui aura lieu lundi après-midi à la Chancellerie doit avoir pour objet "l'évolution de la situation et les mesures permettant de renforcer encore l'efficacité de l'action publique et judiciaire face aux actes de violence", selon la présidence.
Devraient être présents, entre autres, à la réunion de lundi : le premier président de la Cour d'appel de Paris Renaud Chazal de Mauriac, le procureur général de Paris Yves Bot ainsi que les deux chefs de la juridiction de Bobigny, le président du tribunal, Philippe Jannin, et le procureur de la République François Molins. Le président du tribunal pour enfants de Bobigny, Jean-Pierre Rosenczveig, a également été convié, tout comme le préfet de Seine-Saint-Denis Jean-François Cordet. Le ministre de la Justice prévoit aussi de recevoir dans la semaine les maires de ce département confronté à la délinquance.
Clément ne porte pas de jugement
Au milieu des critiques de l'opposition et des syndicats de magistrats, le ministre de l'Intérieur a maintenu son cap en affirmant vendredi sur RTL que "jamais" il n'avait "mis en cause les magistrats dans leur ensemble". "Je dis à M. Canivet, que je connais bien, qui est un homme de bien, que si la justice française a pour seul problème (mes) déclarations, c'est qu'elle va bien". La veille, il avait affirmé que "les Français savent bien" que je dis "la vérité".
Quant au Garde des Sceaux Pascal Clément, il a jugé vendredi sur Europe 1 que Nicolas Sarkozy était "dans son rôle de candidat" à l'élection présidentielle en dénonçant le tribunal de Bobigny. Et dans ses fonctions ?, lui est-il demandé : "Permettez-moi de ne pas m'attarder sur ce problème là", a-t-il répondu.
Selon lui, "porter un jugement sur l'activité d'un tribunal, ce n'est pas une atteinte à l'indépendance de la justice à condition que ce soit fait par les représentants du peuple, ou le peuple lui-même, et que cela se fasse de manière modérée et impartiale". Etait-ce le cas des critiques de Nicolas Sarkozy ? : "Je ne suis pas là pour porter des jugements...", a esquivé le Garde des Sceaux.
La lettre de Nicolas Sarkozy a Guy Canivet |
D'après agence
Réagissez à la polémique entre Nicolas Sarkozy et les magistrats dans On en parle, l'émission interactive de LCI, diffusée lundi 25 septembre à partir de 9h10. Laissez votre témoignage en écrivant à onenparle@lci.fr
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