© AFP/Martin BureauPas encore pour cette fois. Le projet d'ouvrir un deuxième établissement scolaire musulman de France, qui serait situé à Décines, dans le Rhône, a essuyé un nouveau refus vendredi avec un jugement défavorable du Conseil académique de l'Education nationale (CAEN). Les débats se sont concentrés sur le choix du directeur de ce collège-lycée privé hors contrat, baptisé Al-Kindi, du nom d'un savant arabe.
Le CAEN a jugé que "le porteur du projet, s'acquittant déjà d'un service complet de professeur de lycée professionnel, ne pouvait assurer la responsabilité effective de l'établissement", selon un communiqué du rectorat. Cet argumentaire reprend celui du recteur de l'Académie de Lyon qui s'était opposé au projet le 30 août dernier. Alain Morvan avait alors expliqué son veto par le fait qu'il avait reçu une lettre du futur directeur, Zoubir Meddour, lui annonçant sa démission et sa décision de réintégrer l'Education nationale. Vendredi, à l'issue du jugement, Alain Morvan a estimé que Zoubir Meddour servait de "prête-nom" et ne comptait pas assumer la direction "effective" de l'établissement.
"Attaque personnelle"
Hakim Chergui, vice-président de l'association Al-Kindi, a condamné le jugement du CAEN, qu'il a qualifié de "consternant" et d'"arbitraire". "On est dans une attaque personnelle. Pendant le CAEN, M. Meddour a proposé de prendre une année sabbatique, mais le recteur a refusé. Nous sommes devant un mur", a-t-il dit.
"Nous allons utiliser toutes les voies possibles de recours, y compris demander à être reçus directement par le ministère de tutelle", a poursuivi Hakim Chergui. S'il ouvre, Al-Kindi sera le deuxième de ce type en France, et le premier en taille après le lycée Averroès de Lille, avec quelque 140 élèves répartis dans sept classes.
D'après agence
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