Les pensions de guerre réévaluées grâce à "Indigènes" ?

Par Par D.H. (avec agences), le 25 septembre 2006 à 15h59 , mis à jour le 26 septembre 2006 à 09h32

Deux semaines après que Jacques Chirac a vu "Indigènes"en avant-première, le gouvernement compte réévaluer les pensions des vétérans des ex-colonies.

TF1-LCI - Cérémonie officielle d'hommage aux Harkis le 25 septembre 2006Cérémonie officielle d'hommage aux Harkis le 25 septembre 2006 © TF1-LCI

Ils ne perçoivent même pas la moitié, voire le tiers, de ce qu'obtiennent les anciens combattants de métropole. Depuis plus de 40 ans, les anciens combattants des ex-colonies françaises réclament l'égalité de leur pension d'invalidité avec celle de leurs frères d'armes français pour avoir partagé "un même bain de sang". La sortie cette semaine du film "Indigènes" avec Jamel Debbouze, que Jacques Chirac a vu en avant première il y a deux semaines, serait en phase de débloquer la situation. Le film, primé au festival de Cannes, raconte l'histoire oubliée des combattants des colonies lors de la Seconde guerre mondiale.

Alors qu'elle présidait la cérémonie officielle d'hommage aux Harkis lundi, la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a confirmé que des discussions étaient en cours avec Bercy afin de parvenir à une "équité nominale" des pensions avec celles versées à leurs homologues en métropole.

"Blancs ou Noirs, les balles ne choisissaient pas"

Dimanche déjà, le ministre délégué aux Anciens combattants, Hamlaoui Mekachera, avait annoncé que le chef de l'Etat allait annoncer "la suppression de cette injustice, cette semaine ou la suivante". "Au Sénégal, nous touchons 68.000 Francs CFA (103 euros) tous les six mois alors que les Français touchent 150.000 Francs CFA (230 euros)", explique le sergent Alioune Camara, directeur de l'office national des Anciens combattants (Onac) du Sénégal. "Qu'on nous rende justice", demande le colonel Issa Ongoïba, président de l'association des Anciens combattants du Mali qui dénonce une "situation anachronique", alors que "les balles ennemies ne choisissaient pas les corps des blancs ou des noirs".

Il y a cinq ans, le Conseil d'Etat avait condamné l'Etat français pour refus de revaloriser depuis 1959 les pensions des anciens combattants africains de l'armée française. Mais la France les avait seulement revalorisées en fonction du niveau de vie des pays d'origine des anciens tirailleurs.

Par Par D.H. (avec agences) le 25 septembre 2006 à 15:59
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