© DRIls veulent parler fellation et orgasme mais ne savent même pas par où sort le bébé lors de l'accouchement. Réunis autour de tables disposées en U, quinze élèves de troisième d'un collège de Brunoy, dans l'Essonne, assistent à un cours d'éducation sexuelle proposé par l'association Sésame, une "contraction" de Sexe et d'Amour. Fondée en 1966, elle effectue un millier d'interventions par an dans les écoles, les collèges et les lycées de toute la France.
Sexe, argent : à chaque plaisir, son coin de cerveau
<b> Interview -</b> Des chercheurs lyonnais ont montré qu'il existe des zones cérébrales distinctes répondant à différents types de récompenses. Publiée mercredi, cette découverte pourrait, à terme, permettre de mieux comprendre l'addiction au jeu.
Publié le 29/09/2010
Pas de normes
Les "leçons" sont dispensées par des bénévoles formés par des magistrats, des médecins ou encore des psychologues. Aujourd'hui, c'est Elisabeth, une maman âgée d'une quarantaine d'années qui se colle à cette demi classe. Moyenne d'âge des élèves : 14 ans et demi. Chacun a pu au préalable envoyer les questions qui le taraudent d'une manière anonyme : "Peut-on contrôler un orgasme ?", "Peut-on avoir le sida en faisant une fellation ?", "Quelle est la période pour ne pas tomber enceinte ?", "La pipe est-elle un geste sexuel normal ?", "Quelle est la moyenne d'âge du rapport sexuel chez l'homme ?".
"Notre dada, c'est le relationnel lié à l'amour", explique la bénévole. On est là pour les faire réfléchir pas pour leur faire la morale, les parents sont déjà là pour ça. La dimension affective de la sexualité est parfois mise au second plan dans les séances d'éducation sexuelles centrées sur la prévention des risques." Et pour débuter cet ô combien vaste sujet, Elisabeth commence par une simple question : "Qu'est ce qui vous passe par la tête quand on dit le mot 'amour'?". A part quelques gloussements au fond de la salle, le silence est total. Timidement, les langues se délient ; laborieusement, des mots sont lancés : "beauté, boulet (sic!), confiance, passion, dispute, mariage, maladies, chagrin, grossesse, sida..."
"C'est important de parler"
La mission d'Elisabeth : parler de tout ça en deux heures seulement. Avec des schémas, des petites questions, de la pédagogie et pas mal d'humour, elle pousse ces ados bien souvent "éduqués" par Difool et sa libre antenne sur Skyrock, à réfléchir par eux-mêmes, à ne pas se sentir différents parce qu'ils ne feraient pas telle ou telle chose entendue à la radio. Ses phrases informent et rassurent. "Il n'y a pas d'âge normal pour la puberté mais si on est inquiet, on peut toujours aller voir un médecin, chacun est unique", explique-t-elle. L'air de ne pas y toucher, les collégiens sont tout ouïe. Bien qu'un peu vieillot (il date de 1986 !), le film "Quand la vie commence" captive l'auditoire, visiblement fasciné par la lutte du spermatozoïde pour rejoindre l'ovule sur fond de musique italienne. Des moues surprises et dégoûtées accueillent le nouveau-né qui sort donc par le vagin.
Les laïus de la bénévole se succèdent, un peu pêle-mêle parfois faute de temps : "Dans la relation sexuelle, il y a du dialogue, c'est important de parler", "il n'y a pas de recette pour l'orgasme qui vient du grec et signifie joie profonde, sinon ça se saurait", "faire l'amour juste pour voir ce que c'est serait forcément décevant"... Quand la cloche sonne, la déception est visible chez les collégiens. Aloïs, 15 ans, regrette la fin de ce cours un peu spécial : "C'est bien, elle sait de quoi elle parle. Et puis si on rigole pas mal, on écoute quand même..." Avant que les adolescents ne partent rejoindre la cantine, Elisabeth leur fait remplir un petit questionnaire. Moins crues, plus réfléchies, leurs nouvelles interrogations dénotent une évolution de la réflexion. Ainsi celle d'un "garçon de 15 ans" qui sait maintenant par où sort le bébé mais se demande : "comment sait on si on est amoureux ?"
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Sexe, argent : à chaque plaisir, son coin de cerveau
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