Dans le gymnase de Cachan © LCI-TF1Avec la signature d'un accord, dans la nuit de vendredi à samedi, les associations, les délégués des ex-squatteurs et le gouvernement pensaient que le problème était réglé. Mais dimanche, un regain de tension est apparu dans le gymnase Belle-Image de Cachan. A la veille de la reprise de l'évacuation des anciens squatters, les listes de bénéficiaires donnent lieu à nouveau à d'âpres discussions.
Certains échanges ont même failli dégénérer en bagarre. "Si on n'est pas malien ou ivoirien, on est écarté de la liste", dénonce un Nigérien sans-papiers, tandis que d'autres ex-squatters l'accusent d'avoir quitté le squat avant son évacuation par la police. Les listes sont établies sur la base de données fournies par les délégués des ex-squatters, ainsi qu'à partir d'un recensement effectué le 17 août.
"On ne partira pas sans avoir visité"
Parallèlement, certaines voix se sont élevées dans le gymnase pour affirmer que les ex-squatters n'accepteraient pas forcément d'intégrer les lieux d'hébergement proposés aux termes d'un accord difficilement négocié dans la nuit de vendredi à samedi avec France Terre d'Asile, SOS Racisme et la Licra. "Maintenant, on ne quittera pas le gymnase sans avoir visité le lieu d'hébergement proposé", affirme une déléguée des femmes, Safietou Ba, déplorant que "ceux qui sont dans le gymnase ne savent pas où ils iront". Dans la nuit de samedi à dimanche, douze personnes, sept adulte et cinq enfants, étaient rentrées au gymnase, après avoir refusé de s'installer dans un centre d'hébergement de Porcheville (Yvelines), le jugeant trop éloigné.
"On ne savait pas où on allait, on a demandé au chauffeur dans quelle zone RATP ça se trouvait et il nous a dit que c'était hors zone", a déclaré Mme Bakayako, qui faisait partie du groupe de réfractaires avec son mari et ses deux enfants. "Je dois reprendre le travail demain, il faut attendre le train plus d'une heure. On veut un logement près du train ou du métro pour se rendre au travail", a-t-elle fait valoir affirmant en outre que dans la chambre qu'elle avait visitée, elle aurait été séparée de son mari et qu'une autre famille était dans le même cas.
Directeur général de France Terre d'Asile : "Niveau d'exigence incompréhensible" |
"Il y a un niveau d'exigence qui devient incompréhensible, les choses me dépassent", a confié Pierre Henry, le directeur général de France Terre d'Asile, soulignant que proposer 370 places d'hébergement en Ile-de-France tenait de l'exploit. "Nous n'avons pas la capacité de proposer des hébergements à proximité des lieux de travail pour les personnes en situation régulière", a-t-il poursuivi, estimant que "dans une lutte il y a un moment de radicalité nécessaire, il faut également qu'il y ait un moment pour le compromis et pour cela il faut de la lucidité". |
(D'après agence)
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