200 des expulsés de Cachan, août 2006 © TF1/LCIUn délégué des ex-squatteurs de Cachan se dit "satisfait" car l'hébergement proposé, "en trois lieux assez proches", permet à la fois aux "enfants de continuer à fréquenter leurs écoles" et aux "parents de cuisiner", la Ligue des droits de l'Homme parle d'une "issue digne" du dossier, bien que "beaucoup de temps a été perdu" selon le maire PS de Cachan. Même si certains des occupants du gymnase restent vigilants, voire sceptiques, l'annonce dans la nuit de mercredi à jeudi que les délégués des expulsés du squat de Cachan, dans le Val-de-Marne, hébergés dans un gymnase de la ville depuis le 18 août, ont accepté le principe d'un protocole d'accord débloque la situation.
Ce protocole, avalisé par le ministère de l'Intérieur jeudi matin, vise à leur hébergement temporaire dans des structures d'accueil, le temps du réexamen de leur dossier. Ce dernier devrait être entériné vendredi et mis en application dès le début de la semaine prochaine. L'accord est intervenu au terme d'une réunion de négociation entre les délégués des expulsés, des membres de leur comité de soutien, Dominique Sopo, président de SOS Racisme, Pierre Henry, directeur général de France Terre d'Asile, et Jean-Yves Le Bouillonnec, député-maire (PS) de Cachan. Le Maire de Cachan a par ailleurs précisé que que ce protocole entrait dans le cadre d'un accord entre France Terre d'Asile et le ministère de l'Intérieur.
Herbégés à Créteil et à Stains
278 places d'hébergement ont été proposées aux ex-squatteurs qui vivent dans des conditions très précaires dans le gymnase Belle-Image depuis le 18 août, dont 158 par France Terre d'Asile qui met notamment à disposition 76 places dans son centre d'accueil de Créteil et 20 à Stains, en Seine-saint-Denis. France Terre d'Asile est "propriétaire des locaux de Créteil et ça va permettre de stabiliser les familles", a déclaré Fidèle Nitiéma, délégué des ex-squatteurs, en précisant que les occupants du gymnase attendaient jeudi "des garanties écrites" par rapport notamment au réexamen des dossiers des sans-papiers.
Nicolas Sarkozy se serait engagé à ce que "chaque dossier de sans-papiers du gymnase soit étudié, cas par cas" en présence des deux médiateurs, avait indiqué plus tôt dans la journée Patrick Gaubert, président de la Licra, mandaté mercredi par le ministère de l'Intérieur avec Dominique Sopo pour trouver une solution.
"Il faut qu'ils vivent"
Ce dénouement, dont Dominique Sopo intervient après plus d'un mois et demi de crise, aggravée par une situation sanitaire préoccupante. Deux grévistes de la faim avaient été hospitalisés lundi et la situation des quatre autres est très inquiétante.
Le président des médecins urgentistes, Patrick Pelloux, les avait appelés mercredi à suspendre leur mouvement. "Nous allons tenter de les convaincre d'aller à l'hôpital jeudi", a dit à ce propos Fidèle Nitiéma, car "quelle que soit l'issue de notre lutte, il faut qu'ils vivent", a-t-il conclu.
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