Parents et enfants devant l'école pour la rentrée des classes © LCI/TF1A partir de mai, élèves corses mais aussi professeurs, avec l'aval des parents, prennent le chemin... de la plage. C'est un rapport de l'inspection générale de l'Education nationale, remis en juillet au ministre de l'Education Gilles de Robien, qui détaille le phénomène. Ce rapport fait partie d'une opération lancée en 1999 pour étudier l'état de l'enseignement dans chacune des 30 académies françaises. La Corse fait partie de l'une des dernières académies auditées.
Dans le rapport sur la Corse, consultable sur le site internet du ministère de l'Education nationale, les inspecteurs relèvent de nombreux points positifs : peu de violence en milieu scolaire, un bon encadrement, un faible taux de redoublement, un "cadre tranquille"... Mais ils soulignent aussi le fort taux d'absentéisme sur l'île de Beauté. Le phénomène est expliqué en détail par les inspecteurs qui ne parviennent toutefois pas à en ressortir un chiffre précis, car "les statistiques officielles sur l'absentéisme des élèves rendent très mal compte de la situation réelle de l'académie : on constate que la plupart des établissements excluent de leurs remontées d'informations les absences des élèves à partir du début du mois de mai !".
Cinq à six mois en moins
Plus surprenant pour les inspecteurs : "certains chefs d'établissement n'hésitent pas à mettre en relation l'absentéisme des élèves avec l'absentéisme des professeurs. L'exemple vient aussi d'en haut..." Et le rapport, très critiqué par la FSU qui parle de caricature et de clichés, de citer un inspecteur : "L'accumulation devenue rituelle des ‘grèves' d'élèves, les jours chômés (fêtes patronales locales...) voire les intempéries, amputent effectivement l'année dans des proportions qui peuvent être importantes".
Finalement, "par niveau d'enseignement (école, collège, lycée,) les estimations les plus réalistes indiquent que ce sont cinq à six mois d'enseignement qui manquent aux élèves". Les inspecteurs s'étonnent encore et même refusent presque de croire que "certains cas -certes tout à fait exceptionnels- puissent réellement se produire, comme, dès le mois de mai, l'absence d'un professeur de l'établissement pour cause d'activité extérieure liée au début de la saison touristique".
Les envoyer là où il pleut ?
Dernière surprise : "une forme de connivence s'installe avec les familles, prêtes à excuser la fuite de leurs enfants vers les plages. Il fait chaud en juin, certes, et en septembre aussi".
Alors le rapport propose : "si des mesures exceptionnelles doivent répondre à une situation climatique exceptionnelle, pensons à aménager le temps scolaire en commençant très tôt le matin, par exemple ; ce fait n'est pas rare dans d'autres pays méditerranéens. On pourrait aussi organiser à cette date des séjours linguistiques en Grande-Bretagne, où le temps se prête mieux à l'étude !"
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