Les Corses champions de l'école buissonnière

Par , le 16 octobre 2006 à 20h09 , mis à jour le 16 octobre 2006 à 20h58

Selon un rapport de l'Education nationale, il y a moins de violence dans les écoles corses mais plus d'absentéisme dès le mois de mai à cause du beau temps.

LCI/TF1 Parents et enfants devant l'école pour la rentrée des classesParents et enfants devant l'école pour la rentrée des classes © LCI/TF1

A partir de mai, élèves corses mais aussi professeurs, avec l'aval des parents, prennent le chemin... de la plage. C'est un rapport de l'inspection générale de l'Education nationale, remis en juillet au ministre de l'Education Gilles de Robien, qui détaille le phénomène. Ce rapport fait partie d'une opération lancée en 1999 pour étudier l'état de l'enseignement dans chacune des 30 académies françaises. La Corse fait partie de l'une des dernières académies auditées.

Dans le rapport sur la Corse, consultable sur le site internet du ministère de l'Education nationale, les inspecteurs relèvent de nombreux points positifs : peu de violence en milieu scolaire, un bon encadrement, un faible taux de redoublement, un "cadre tranquille"... Mais ils soulignent aussi le fort taux d'absentéisme sur l'île de Beauté. Le phénomène est expliqué en détail par les inspecteurs qui ne parviennent toutefois pas à en ressortir un chiffre précis, car "les statistiques officielles sur l'absentéisme des élèves rendent très mal compte de la situation réelle de l'académie : on constate que la plupart des établissements excluent de leurs remontées d'informations les absences des élèves à partir du début du mois de mai !".

Cinq à six mois en moins

Plus surprenant pour les inspecteurs : "certains chefs d'établissement n'hésitent pas à mettre en relation l'absentéisme des élèves avec l'absentéisme des professeurs. L'exemple vient aussi d'en haut..." Et le rapport, très critiqué par la FSU qui parle de caricature et de clichés, de citer un inspecteur : "L'accumulation devenue rituelle des ‘grèves' d'élèves, les jours chômés (fêtes patronales locales...) voire les intempéries, amputent effectivement l'année dans des proportions qui peuvent être importantes".

Finalement, "par niveau d'enseignement (école, collège, lycée,) les estimations les plus réalistes indiquent que ce sont cinq à six mois d'enseignement qui manquent aux élèves". Les inspecteurs s'étonnent encore et même refusent presque de croire que "certains cas -certes tout à fait exceptionnels- puissent réellement se produire, comme, dès le mois de mai, l'absence d'un professeur de l'établissement pour cause d'activité extérieure liée au début de la saison touristique".

Les envoyer là où il pleut ?

Dernière surprise : "une forme de connivence s'installe avec les familles, prêtes à excuser la fuite de leurs enfants vers les plages. Il fait chaud en juin, certes, et en septembre aussi".

Alors le rapport propose : "si des mesures exceptionnelles doivent répondre à une situation climatique exceptionnelle, pensons à aménager le temps scolaire en commençant très tôt le matin, par exemple ; ce fait n'est pas rare dans d'autres pays méditerranéens. On pourrait aussi organiser à cette date des séjours linguistiques en Grande-Bretagne, où le temps se prête mieux à l'étude !"

Par Diane Heurtaut le 16 octobre 2006 à 20:09
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3 Commentaires

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  • M-C, le 17/10/2006 à 12h34

    Cet article est proprement scandaleux. Un titre tapageur qui sombre dans le cliché bien connu de la fainéantise des méridionaux et des Corses en particulier. Attribuer le titre de champions de l'école buissoniere aux Corses sans qu'une preuve ne soit à l'appui n'est purement et simplement qu'un mensonge. Sur le rapport en lui meme,l'on pouvait légitimement attendre de l'inspection de l'éducation nationale,autre chose que les clichés médiatiques traditionnels.A lire votre article,la Corse semblerait etre le talon d'Achille d'une éducation nationale flamboyante. Alors que dans le meme temps, l'OCDE a classé le systeme éducatif comme l'un des moins performants dans les pays developpés. Alors évidemment,il est sans doute aisé de ressasser ces themes "vendeurs" d'une société violente alors que les statisques prouvent bien que les violences à l'école sont parmi les moins importantes en France. Concernant les séjours linguistiques dont le rapport fait l'éloge,je pense qu'aucun éleve ne s'y opposerait. Encore faudrait il que cela soit developpé ! Pour conclure,le rapport tend à stigmatiser les jeunes Corses comme sans ambition,fatalistes,sans motivation,mais lorsque 80% des jeunes francais souhaitent devenir fonctionnaire,l'on peut de maniere légitime se demander si cela n'est pas seulement un phénomene inhérent à la Corse. La désinformation chronique doit cesser !

  • JGH, le 17/10/2006 à 09h31

    L'appretissage du respect des institutions et du civisme commence, dés le plus jeune âge, dans le milieu familiale et scolaire ( je l'ai déjà affirmé dans une autre intervention) Naturellement si le monde familiale et scolaire " démissionnent" et si les autorités "tolèrent" cette situation, il n'y a plus gtrand chose à attendre de l'avenir de ces futurs adultes. Il serais bon de mettre ces statistiques en parralèle avec les chiffres de la délinquance sur l'ile ( notament celle des mineurs)...

  • J-P, le 16/10/2006 à 22h29

    Et oui... chaque académie a ses spécificités. Je note que c'est le premier rapport qui préconise d'aménager le temps scolaire pour une académie donnée, en fonction de contingences particulières. c'est bien...

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