Le gymnase de Cachan le 5 octobre © TF1/LCIL'évacuation du gymnase Belle-Image de Cachan a commencé samedi en milieu d'après-midi et les premières familles concernées ont été acheminées à Créteil. Cinq cars ont été affrétés pour la journée, le restant des opérations d'évacuation devant intervenir lundi. L'évacuation du gymnase, où plus de 300 ex-squatteurs d'un ancien bâtiment universitaire de Cachan étaient hébergés par la mairie depuis le 18 août, a été rendue possible, dans la nuit de vendredi à samedi, par la signature après de longues discussions, d'un protocole d'accord élaboré par France Terre d'Asile, SOS Racisme et la Licra. "Nous signons cet accord pour que vous ayez une vie meilleure", s'est exclamé Patrick Gaubert, président de la Licra.
En déplacement à Pau pour le congrès des sapeurs-pompiers, Nicolas Sarkozy a commenté pour la première fois le dénouement de cette affaire. Il a précisé qu'il avait "pris l'engagement" de "regarder tous les dossiers individuellement", ajoutant : "la responsabilité et le calme semblent avoir prévalu et je m'en réjouis profondément". Dans une interview au Journal du Dimanche, il affirme toutefois qu'il n'acceptera "jamais de régularisation massive" des sans-papiers "comme certaines associations le réclamaient".
Evacuation dans la joie
Au gymnase de Cachan, l'évacuation s'est déroulée dans un climat d'intense émotion. Des femmes en boubou ont chanté et dansé pour montrer leur joie. Chaque famille sortant du gymnase était accompagnée d'un élu. La première famille était conduite par le maire en personne, qui portait un enfant dans les bras, sous les applaudissements des anciens squatteurs et des membres du Comité de soutien, dont plusieurs personnalités. "Si les gens ne s'étaient pas battus, on ne parlerait plus des gens de Cachan", a affirmé à Cachan Malika Zediri, membre du Comité de soutien et conseillère régionale apparentée PCF. "On a obtenu des choses, mais il y a des manques, nous resterons vigilants".
Après une soigneuse vérification des listes, les premiers évacués, au nombre d'une quarantaine, ont été acheminés par car à Créteil pour s'installer au centre Miguel-Angel-Estrella. A l'arrivée, chaque famille a passé un entretien pour mieux attribuer les chambres. 370 places, contre 278 initialement prévues, ont été mises à la disposition des anciens squatteurs. 76 sont dans des locaux gérés par France Terre d'Asile, le centre Miguel-Angel-Estrella de Créteil, 44 sont dans des hôtels du Val-de-Marne, 20 en hébergement d'urgence à Stains (Seine-Saint-Denis) et 18 dans le parc Sonacotra de Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne). A cela se sont ajoutés au cours de la négociation des hébergements en foyers Sonacotra et en CHS dans le Val-de-Marne et les départements alentours.
D'après agence
Sans-papiers : Terre d'Asile ne voit pas de décision avant la présidentielle |
L'examen des dossiers des sans-papiers du gymnase de Cachan "prendra du temps" et ne devrait "pas être bouclé avant les présidentielles", a déclaré le directeur général de France Terre d'Asile Pierre Henry. "Personne ne sera expulsé pendant cette période. Nous avons obtenu l'accord du ministère de l'Intérieur pour que les personnes en situation irrégulière ne soient pas inquiétées et ne soient pas expulsées du territoire tant qu'une décision définitive sur leur sort ne sera pas prise au ministère de l'Intérieur", a-t-il précisé. "Je ne vois pas comment le ministre de l'Intérieur, qui a été un des acteurs de cet accord, pourrait revenir sur sa parole", a-t-il conclu.
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