Cours d'informatique dans une école.7401 euros : c'est ce que coûte aujourd'hui chaque année un collégien en France. Entre 1990 et 2004, ce coût annuel moyen a augmenté de 33%. Et la facture ne va aller qu'en s'accroissant, du fait de l'augmentation prévue des effectifs de collégiens à partir de 2009. Si rien n'est fait pour limiter la hausse, il pourrait atteindre 8200 euros par an en 2010. Pour autant, les résultats ne sont pas à la hauteur. Le taux de réussite au brevet des collèges reste en-deçà des 80%. Un collégien sur quatre a effectivement le niveau requis en fin de collège. Un élève sur six est en grande difficulté.
Ce constat d'échec est dressé par deux rapports, rendus publics ce mardi par Jean-François Copé, ministre délégué au Budget et à la Réforme de l'Etat, et dont les conclusions avaient été révélées par Le Figaro. Selon leurs auteurs, des inspecteurs des Finances, de l'Éducation nationale et de l'administration de l'Éducation nationale et de la Recherche, qui ont réalisé deux audits des grilles horaires au collège et au lycée, cette aggravation de la facture tient essentiellement aux évolutions divergentes des effectifs de collégiens et d'enseignants.
10.000 euros par an et par lycéen
Alors que les effectifs de collégiens ont diminué de 5,7% de 1995 à 2004, ceux des enseignants ont continué à augmenter. Une des annexes du rapport consacré aux collèges pointe ainsi que le ministère "a créé 2204 emplois" alors qu'il aurait pu "en supprimer 8946" pour maintenir un taux d'encadrement identique. Parallèlement, les collégiens de France restent chaque année 56 heures de plus en cours que leurs petits voisins européens, pendant que les options, fortement consommatrices en heures enseignées, se sont développées.
Constat identique pour les lycées : chaque lycéen coûte aujourd'hui près de 10.000 euros par an - un tiers plus cher que la moyenne des pays de l'OCDE - et ce coût annuel a connu une inflation de 50% entre 1990 et 2004. Avec des résultats aussi décevants : le taux de réussite au bac reste depuis dix ans sous les 70%. Surtout, les auteurs du rapport dénoncent les pressions subie de toutes parts par la grille horaire d'enseignement, "trop souvent une variable de négociation sociale et politique". Conséquences : plus d'heures d'enseignement, plus d'options et d'épreuves au bac... mais pas plus de résultats.
Pour inverser la tendance, les auteurs des rapports proposent de limiter les redoublements (beaucoup plus nombreux en France, malgré une efficacité contestée, et très onéreux), de s'attaquer aux classes dédoublées (cours par demi-classe, censés permettre un meilleur suivi des élèves). Ils évoquent aussi la mise en place de contrats d'objectifs pour chaque établissement, une annualisation du travail des enseignants pour en finir avec la rigidité des grilles horaires d'enseignement, et la suppression des groupes de moins de quinze élèves en langues vivantes.
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