La facture d'un échec

Par Par Franck LEFEBVRE, le 17 octobre 2006 à 09h20 , mis à jour le 17 octobre 2006 à 14h21

Malgré la hausse du coût annuel de chaque collégien et lycéen, les résultats sont décevants. Deux rapports révélés par Le Figaro pointent les raisons de cet échec.

ecole eleve informatique multimedia enfants pedagogieCours d'informatique dans une école.

7401 euros : c'est ce que coûte aujourd'hui chaque année un collégien en France. Entre 1990 et 2004, ce coût annuel moyen a augmenté de 33%. Et la facture ne va aller qu'en s'accroissant, du fait de l'augmentation prévue des effectifs de collégiens à partir de 2009. Si rien n'est fait pour limiter la hausse, il pourrait atteindre 8200 euros par an en 2010. Pour autant, les résultats ne sont pas à la hauteur. Le taux de réussite au brevet des collèges reste en-deçà des 80%. Un collégien sur quatre a effectivement le niveau requis en fin de collège. Un élève sur six est en grande difficulté.

Ce constat d'échec est dressé par deux rapports, rendus publics ce mardi par Jean-François Copé, ministre délégué au Budget et à la Réforme de l'Etat, et dont les conclusions avaient été révélées par Le Figaro. Selon leurs auteurs, des inspecteurs des Finances, de l'Éducation nationale et de l'administration de l'Éducation nationale et de la Recherche, qui ont réalisé deux audits des grilles horaires au collège et au lycée, cette aggravation de la facture tient essentiellement aux évolutions divergentes des effectifs de collégiens et d'enseignants.

10.000 euros par an et par lycéen

Alors que les effectifs de collégiens ont diminué de 5,7% de 1995 à 2004, ceux des enseignants ont continué à augmenter. Une des annexes du rapport consacré aux collèges pointe ainsi que le ministère "a créé 2204 emplois" alors qu'il aurait pu  "en supprimer 8946" pour maintenir un taux d'encadrement identique. Parallèlement, les collégiens de France restent chaque année 56 heures de plus en cours que leurs petits voisins européens, pendant que les options, fortement consommatrices en heures enseignées, se sont développées.

Constat identique pour les lycées : chaque lycéen coûte aujourd'hui près de 10.000 euros par an - un tiers plus cher que la moyenne des pays de l'OCDE - et ce coût annuel a connu une inflation de 50% entre 1990 et 2004. Avec des résultats aussi décevants : le taux de réussite au bac reste depuis dix ans sous les 70%. Surtout, les auteurs du rapport dénoncent les pressions subie de toutes parts par la grille horaire d'enseignement, "trop souvent une variable de négociation sociale et politique". Conséquences : plus d'heures d'enseignement, plus d'options et d'épreuves au bac... mais pas plus de résultats.

Pour inverser la tendance, les auteurs des rapports proposent de limiter les redoublements (beaucoup plus nombreux en France, malgré une efficacité contestée, et très onéreux), de s'attaquer aux classes dédoublées (cours par demi-classe, censés permettre un meilleur suivi des élèves). Ils évoquent aussi la mise en place de contrats d'objectifs pour chaque établissement, une annualisation du travail des enseignants pour en finir avec la rigidité des grilles horaires d'enseignement, et la suppression des groupes de moins de quinze élèves en langues vivantes.

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Par Par Franck LEFEBVRE le 17 octobre 2006 à 09:20
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5 Commentaires

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  • Lise, le 17/10/2006 à 12h37

    J'ai 4 enfants dont trois qui ont "redoublé" chacuns deux classes! Chaque fois,on aurait pu photocopier les résultats de la deuxième année sur la première! Total six années pour rien et 3 enfants qui vont cette année passer le bac à 20 ans! une actuellement en terminale L,résultat honorables. Un en S ,plus qu'honorable et qui a failli échouer en STI en fin de 2n avec un test QI de 160! Une autre que notre combat de parents n'a pu empêcher de finir dans l'impasse d'une Ter STG communication. Et j'ai les pires craintes pour la dernière actuellement en 2nd et dont le bulletin au bout de 3 SEMAINES de cours,déclare : "début d'année très juste". Outre que le redoublement ne sert à rien et que nous sommes le seul pays à le faire,la compétence et l'intelligence des enfants est constamment niée par les profs,et les enfants systématiquement diminués et arbitrairement disqualifiés sans recours possible. Sur 4 enfants,le corps professoral a multiplié erreurs de jugement et fautes d'appréciation. Un bilan d'incompétence lamentable!

  • Jean, le 17/10/2006 à 12h13

    Bon alors y a trop ou pas assez d'enseignants???

  • Vastre, le 17/10/2006 à 12h07

    L'Education Nationale est bien la seule entreprise française ou la productivité diminue régulièrement. Et ses employés deviennent à présent arrogants vis à vis de leurs clients.

  • Lefort, le 17/10/2006 à 12h05

    Attention, le document ne précise pas s'il s'agit d'euros constants ou non. Si ce n'est pas le cas, il faut retirer l'inflation depuis 1990 ou 1994 et donc de 20 à 30% aux chiffres de 2004 (ou les retirer à ceux de 1990 et 1994) sinon on ne compare pas la même chose. 6,56FF de 1994 ne font pas 1 euro de 2004!

  • Noel, le 17/10/2006 à 11h58

    Bonjour, je ne suis pas spécialiste de la question mais avec un enfant au collège je vois bien que quelque chose ne va pas. cet article donne cetainement des raisons valables mais je trouve un peu trop facile d'exclure de toute responsabilité les enseignants. Je suis sur qu'ils ont également une part de responsabilité dans cette situation. MAis qui osera leur dire sous peine de voir le système bloqué de nouveau. Les enseignants sont trop politisés dans leur action sur le terrain. même si je suis satisfait des enseignants de mon fils (en école privé) et oui pour éviter les grèves(pas un seul jour de grève, ça coute mais au moins ils assument). De plus je ne comprends pas pourquoi la police ne pourrait pas intervenir dans les écoles .Avec des policiers formés et peut être en civil, je ne vois pas où est le problème. pourquoi cette partie du territoire serait-elle soustraite à la loi ? pour moi beaucoup d'enseignants ne sont pas à la hauteur. même s'il existe de trés bon enseignants dévoués. Leur formation est à revoir je n'appartiens à aucun parti politique et je m'en garderai bien car pour moi c'est la valeur et le comportement sur le terrain qui compte et non le discours qu'il tient cordialement daniel

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