Les familles réclament une solution d'hébergement © TF1A la rue depuis lundi, une centaine de sans-papiers, qui occupaient mardi des locaux municipaux à Toulouse après une nuit à la belle étoile, ont obtenu d'être relogés dans des hôtels. Après une journée de négociations avec les associations de soutien des sans-papiers, la préfecture de Haute-Garonne a décidé que les vingt-deux familles en situation irrégulière seraient "hébergées dans un dispositif hôtelier financé par l'Etat jusqu'au début de la période hivernale (novembre)".
La mesure a été appliquée immédiatement et les 90 sans-papiers, dont la moitié d'enfants, étaient en cours de relogement dans la soirée de mardi. Dans l'après-midi, un élu municipal, François Simon (gauche alternative) avait annoncé un accord pour le relogement des sans-papiers et ajouté que le préfet avait promis de réexaminer leur situation au cas par cas.
Principalement originaires d'Europe de l'Est, ces sans-papiers avaient dû quitter lundi matin les hôtels où ils étaient logés, le financement assuré depuis fin août par les collectivités locales étant arrivé à échéance. Après avoir passé la nuit à la belle étoile sur des lits de camp place du Capitole, face à la mairie, en compagnie de militants d'un collectif d'associations, ils avaient occupé vers 6h00 un immeuble de trois étages, abritant les services techniques du Crédit municipal et des bureaux d'élus. L'unique conseiller municipal Vert de Toulouse, Pierre Labeyrie, a expliqué avoir ouvert aux sans-papiers avec sa propre clef l'immeuble situé rue des Lois, à quelques centaines de mètres du Capitole.
"A titre humanitaire"
Le maire UMP de Toulouse Jean-Luc Moudenc avait alors demandé au préfet de "prendre les mesures nécessaires pour faire évacuer dans les plus brefs délais" l'immeuble occupé. "L'hébergement des personnes en situation irrégulière ainsi que leur éventuelle reconduite à la frontière relèvent de la seule responsabilité de l'Etat", avait-il fait savoir dans un communiqué. Le secrétaire fédéral du PS pour la Haute-Garonne, Kader Arif, avait dénoncé "la volonté du gouvernement de jouer le pourrissement, comme à Cachan", dans le Val-de-Marne, où quelque 370 sans-papiers africains ont récemment occupé un gymnase pendant deux mois avant de se voir proposer des relogements.
Des responsables du collectif d'associations soutenant les sans-papiers avaient de leur côté dénoncé le silence de l'Etat et de la mairie, affirmant qu'"aucun de leur représentant ne s'est déplacé, ne serait-ce que pour voir ce qui se passe". La Défenseure des enfants Dominique Versini avait jugé qu'il n'était "pas admissible" que des enfants "campent" en plein air, demandant aux autorités "qu'une solution soit trouvée à titre humanitaire en urgence absolue".
Présent pendant leur nuit à la belle étoile et lors de l'occupation de l'immeuble où il a d'ailleurs son bureau d'élu, François Simon a rappelé que plusieurs de ces familles étaient originaires de Roumanie et de Bulgarie. "Ils seront officiellement Européens le 1er janvier 2007 avec un droit de libre circulation. A deux mois et demi de cette européanité, pourquoi les jeter à la rue et les renvoyer chez eux?", s'est-il interrogé.
D'après agence
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