Une marche en souvenir de Zyed et Bouna

le 27 octobre 2006 à 07h59 , mis à jour le 27 octobre 2006 à 22h05

Elus et proches des deux jeunes morts l'an dernier dans un transformateur à Clichy-sous-Bois ont voulu un hommage dans un esprit d'"appel au calme".

TF1/LCI : Marche à Clichy en souvenir de Zyed et Bouna, morts dans un transformateur Marche à Clichy en souvenir de Zyed et Bouna, morts dans un transformateur © TF1/LCI

A Clichy-sous-Bois, la mairie et les proches de Zyed et Bouna, morts électrocutés le 27 octobre 2005 dans un transformateur électrique où ils s'étaient réfugiés pour fuir la police, ont voulu pour eux ce vendredi un hommage "dans un esprit de recueillement" et d'"appel au calme". Une marche silencieuse a eu lieu vendredi matin et a réuni au moins un millier de personnes, selon la police. "Zyed et Bouna, mort pour rien", lisait-on sur une banderole et sur les T-shirts blancs d'une vingtaine de jeunes de l'association Au-delà des mots (ADM), au coude à coude. 

"Je pense qu'il s'est passé quelque chose d'important ce matin pour Clichy et pour les banlieues. C'est une étape importante de nature à inverser le regard. Plus jamais on ne pourra parler des banlieues comme on en parlait encore hier", a déclaré le maire de Clichy, Claude Dilain.

Le cortège a été suivi par les caméras de journalistes venus du monde entier. Des hommages et débats ont également été prévus vendredi soir pour commémorer le tragique accident, qui avait été suivi d'émeutes dans les banlieues jusqu'au 20 novembre 2005 et déclenché une enquête judiciaire. Cette enquête connaîtra une nouvelle étape fin novembre avec la convocation de plusieurs policiers devant le juge d'instruction. Le magistrat a la possibilité de décider, à l'issue de leur audition, de les mettre en examen pour "non assistance à personne en danger". Les avocats des trois familles parties civiles - un troisième adolescent, Muhittin, avait été grièvement blessé - y ont vu "un tournant capital de l'information judiciaire".

"Arrêter de stigmatiser de nouveau Clichy"

D'octobre 2005 à septembre 2006, l'Observatoire national de la délinquance a recensé une hausse de 9,78% des violences contre les "dépositaires de l'autorité". Claude Dilain a pu évoquer la "désillusion" de nombre d'habitants, expliquant : "On ne peut nier qu'on a obtenu certaines choses mais globalement les Clichois sont très déçus". Mais son adjoint, Olivier Klein, prévient : "si on nous regarde trop, certains gamins se sentiront obligés de ne pas décevoir". Il demande "d'arrêter de stigmatiser de nouveau Clichy", affirmant que "l'anniversaire de la mort des jeunes ne constitue pas un motif d'étincelle".

Le risque d'une surenchère entre quartiers, dont les quatre dernières attaques de bus mercredi soir, à Nanterre, Montreuil, Athis-Mons et Vénissieux, pourraient s'avérer être un exemple, est avancé par acteurs de terrain et policiers. Le directeur départemental de la Sécurité publique de Seine-Saint-Denis, David Skuli, a relevé "un phénomène de mimétisme" entre ces incidents, qui, souligne-t-il, restent toutefois "limités".

D'après agence

le 27 octobre 2006 à 07:59
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39 Commentaires

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  • Stanegrie, le 27/10/2006 à 15h44

    Je ne comprend pas le gouvernement qui autorise cette marche (silencieuse) car quand ont à rien à ce reprocher on ne fuit pas devant une patrouille de police qui ne fait que sont devoir de surveiller au bien être de tous citoyens .Ceci donne encore plus de pouvoir à ces gens la dans la mesure que si la marche et accepter c?est que la police et la justice sont une fois de plus désavouer je trouve cela du RACISME envers nos lois et notre sécurité.

  • Laurent, le 27/10/2006 à 14h53

    Ok, une marche pour eux! mais une marche pour les deux morts des emeutes a t elle été organisée? hein? Oui? c'est ou? Quelle recuperation politique cette histoire!

  • Francois, le 27/10/2006 à 14h52

    Je suis surpris que plus personne ne parle de ce père de famille qui prenait des photos pour sa société et qui a été assasinné en pleine rue à la même époque. Pas de marche silencieuse, pas d'hommage; que doivent ressentir ses proches ? Ce déséquilibre, ne peux que nuire à la perception des évènement et donc à la recherche d'une solution d'apaisement où tous doivent se retrouver.

  • Cédric, le 27/10/2006 à 14h46

    J'étais à la marche ce matin, comme le lendemain du décès de Zyed et Bouna. Il est plus raisonnable d'aller voir sur place, de se renseigner avant de se laisser aller à des commentaires plein d'ignorance et d'arrogance. Rappel des faits connus aujourd'hui et publiés dans la presse : Le jeudi 27 octobre 2005, il est 17 heures. Au Parc des Sports Marcel-Vincent, à deux pas de Clichy-sous-Bois, dix adolescents finissent une partie de foot, quittent le stade sans traîner : parce qu'à partir de 18 heures on rompt le jeûne du ramadan. Ils sont sept, dont Muhittin et Zyed, 17 ans. Les trois autres décident de faire le tour, prennent la rue Jules-Vallès et s'arrêtent au n° 9, devant un chantier où une pancarte indique la «construction de 47logements». Bouna, 15 ans, et ses deux amis s'engouffrent là pour couper et ainsi rejoindre le parc Vincent-Auriol. L'employé du funérarium voisin prévient la police de la présence de «silhouettes qui évoluent autour du cabanon». 17 heures 25 minutes et 43 secondes très précisément. C'est là que tout commence. Le commissariat de Livry-Gargan à la BAC : «Vous allez vous rendre au funérarium, y a des cabanons de travaux et il y aurait des enfants en train de voler à l'intérieur, c'est reçu?» Réponse radio de la BAC 833 : «Ouais, c'est bien reçu, on s'y rend.» Ils serrent David, le menottent, pénètrent sur le chantier, coursent Bouna et son copain, qui paniquent, gravissent un mur, grimpent des escaliers pour échapper aux policiers. Gyrophare, sirène, démarrage en trombe. Aucune infraction n'est constatée, mais la BAC continue. Muhittin se retourne et à quelques mètres il voit un flic, Flashball en main, aux trousses de Bouna. Panique. Les jeunes s'enfuient. Plus tard : «Ouais, TN Livry, j'pense qu'ils sont en train de s'introduire sur le site EDF, faudrait ramener du monde qu'on puisse cerner un peu le quartier, ils vont bien ressortir.»

  • Stéph@ne, le 27/10/2006 à 14h15

    Je suis écoeuré de voir la presse se jeter sur des sujets pareils. On ne parle même pas de ces 3 personnes mortes en marges des émeutes des banlieues et on parle de ces 2 racailles. La France est en déclin total avec une presse pervertie.

  • Monel, le 27/10/2006 à 13h53

    Tous mon soutien aux familles, n'oublions pas que ce sont des jeunes inconnus des services de police, et non des délinquants quant aux remarques sur leur fuite sachez que parfois dans les cités vaut mieux fuire que discuter avec la police qui les aurait de toute façon mis en garde à vue pour un vol qu'ils n'ont pas commis à la base, arretez de remettre en cause les parents ET allez vivre en cités, MERCI DE PUBLIER POUR UNE FOIS

  • Lucie, le 27/10/2006 à 13h47

    Je pense à ces deux jeunes qui ont perdu leur vie dans des circonstances vraiment traqigues, mais je ne vois pas pour quoi on devrait leur rendre hommage, ce sont eux qui ont mis leur vie en péril. Par contre, je partage l'avis d'autres internautes qui font référence à ce père de famille tué si sauvagement. On parle de Zyed et Bouna mais on oublie Jean-Claude Irvoas. Pour quoi???

  • Romain, le 27/10/2006 à 13h26

    Pour finir, et j'espère être publié parcequ'il s'agit de la vie de deux enfants, nos enfants. Quiconque veut aller au-delà de l'opinion médiatique ou politique, et au-delà de ses préjugés (je ne jette pas l'anathème sur qui que ce soit, nous en avons tous, pour la simple raison qu'il nous faut nous représenter un monde parfois inconnu, compliqué, étranger...)je recommande la lecture de "l'affaire clichy" chez stoc kdes journalistes Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman. Enfin je voudrais dire que je suis serein, j'ai confiance dans l'instruction qui suit actuellement son cours. Et à mon sens la seule question qui vaille d'être poser est: Comment en sommes-nous arrivés là?

  • Manu, le 27/10/2006 à 12h58

    Rien de prévu pour le père de famille mort à Epinay sur Seine. Etonnant de ne pas entendre nos politiques et autres associations sur cet assassinat ?

  • Nicolas, le 27/10/2006 à 12h46

    Complètement scandaleux cette marche, décidemment ya quelque chose qui tourne pas rond en France. Vivement les élections de l'an prochain.

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