Marche à Clichy en souvenir de Zyed et Bouna, morts dans un transformateur © TF1/LCIA Clichy-sous-Bois, la mairie et les proches de Zyed et Bouna, morts électrocutés le 27 octobre 2005 dans un transformateur électrique où ils s'étaient réfugiés pour fuir la police, ont voulu pour eux ce vendredi un hommage "dans un esprit de recueillement" et d'"appel au calme". Une marche silencieuse a eu lieu vendredi matin et a réuni au moins un millier de personnes, selon la police. "Zyed et Bouna, mort pour rien", lisait-on sur une banderole et sur les T-shirts blancs d'une vingtaine de jeunes de l'association Au-delà des mots (ADM), au coude à coude.
"Je pense qu'il s'est passé quelque chose d'important ce matin pour Clichy et pour les banlieues. C'est une étape importante de nature à inverser le regard. Plus jamais on ne pourra parler des banlieues comme on en parlait encore hier", a déclaré le maire de Clichy, Claude Dilain.
Le cortège a été suivi par les caméras de journalistes venus du monde entier. Des hommages et débats ont également été prévus vendredi soir pour commémorer le tragique accident, qui avait été suivi d'émeutes dans les banlieues jusqu'au 20 novembre 2005 et déclenché une enquête judiciaire. Cette enquête connaîtra une nouvelle étape fin novembre avec la convocation de plusieurs policiers devant le juge d'instruction. Le magistrat a la possibilité de décider, à l'issue de leur audition, de les mettre en examen pour "non assistance à personne en danger". Les avocats des trois familles parties civiles - un troisième adolescent, Muhittin, avait été grièvement blessé - y ont vu "un tournant capital de l'information judiciaire".
"Arrêter de stigmatiser de nouveau Clichy"
D'octobre 2005 à septembre 2006, l'Observatoire national de la délinquance a recensé une hausse de 9,78% des violences contre les "dépositaires de l'autorité". Claude Dilain a pu évoquer la "désillusion" de nombre d'habitants, expliquant : "On ne peut nier qu'on a obtenu certaines choses mais globalement les Clichois sont très déçus". Mais son adjoint, Olivier Klein, prévient : "si on nous regarde trop, certains gamins se sentiront obligés de ne pas décevoir". Il demande "d'arrêter de stigmatiser de nouveau Clichy", affirmant que "l'anniversaire de la mort des jeunes ne constitue pas un motif d'étincelle".
Le risque d'une surenchère entre quartiers, dont les quatre dernières attaques de bus mercredi soir, à Nanterre, Montreuil, Athis-Mons et Vénissieux, pourraient s'avérer être un exemple, est avancé par acteurs de terrain et policiers. Le directeur départemental de la Sécurité publique de Seine-Saint-Denis, David Skuli, a relevé "un phénomène de mimétisme" entre ces incidents, qui, souligne-t-il, restent toutefois "limités".
D'après agence
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