Plongée dans l'univers des détenus

le 20 octobre 2006 à 07h08 , mis à jour le 20 octobre 2006 à 21h56

Pour la première fois, les prisonniers ont la parole : ils dénoncent promiscuité et arbitraire de l'administration pénitentiaire.

TF1/LCI : Façade d'une prison et rangée de fenêtres de cellulesFaçade d'une prison et rangée de fenêtres de cellules © TF1/LCI

Des cellules plus propres et un minimum d'intimité, se rapprocher des familles, des droits fondamentaux mieux respectés et une préparation à la sortie améliorée : ce sont les grandes attentes des détenus, révélées au grand jour par une enquête des acteurs du monde carcéral publiée vendredi. Cette consultation au travers d'un questionnaire, décryptée par l'institut BVA, a été lancée par des associations sous l'égide de l'ancien Garde des Sceaux Robert Badinter et du Médiateur de la République Jean-Paul Delevoye. Ses résultats doivent servir de base de réflexion le 14 novembre à des "Etats généraux de la condition pénitentiaire", durant lesquels des "cahiers de doléance" seront rédigés pour être remis aux candidats à l'élection présidentielle.

Pour la première fois, les détenus eux-mêmes ont été consultés, sous pli fermé, tandis qu'avocats, magistrats, familles ou surveillants étaient invités à répondre sur internet. De fait, ce sont surtout les détenus qui se sont épanchés. Un quart d'entre eux (ils sont quelque 60.000 en France) ont répondu tandis que BVA reconnaît un taux de retour "assez faible" des avocats et des magistrats, la participation des surveillants n'atteignant que 1%. Ce questionnaire a été mis au point par l'Observatoire international des prisons (OIP), avec des associations ou syndicats d'avocats et de magistrats, ainsi qu'Emmaüs ou la Croix-Rouge.

La demande de "conditions matérielles élémentaires"

Les conditions matérielles de vie sont le principal sujet d'insatisfaction des détenus (82%), note BVA qui relève, au vu des commentaires, qu'il "ne s'agit en aucun cas de réclamer un plus grand confort mais bien des conditions matérielles élémentaires". Dans leurs préoccupations, ils mettent ainsi en tête "l'hygiène et la propreté", "le besoin d'un minimum d'intimité" et "la proximité avec la famille". Conséquence de la surpopulation carcérale, beaucoup des détenus souffrent d'être soumis durant de longues périodes au régime des maisons d'arrêt, théoriquement réservées aux prévenus et à ceux ayant encore moins d'un an à purger. Prévus pour des séjours courts, ces prisons n'offrent que des contacts limités avec l'extérieur et aucune activité de réinsertion.

Plus des trois quarts (78%) se disent "insatisfaits du respect des droits fondamentaux en prison", certains citant un "manque de respect" des surveillants. Contre cet arbitraire, un détenu sur deux cite comme l'une des trois actions prioritaires la mise en place d'un organe de contrôle extérieur, une demande que le Garde des Sceaux, Pascal Clément, a anticipée en annonçant jeudi la "généralisation" de la médiation en détention et la création dès 2007 d'un "contrôle extérieur et indépendant des prisons" confié au Médiateur de la République. Lors des placements en quartier disciplinaire ou des interventions de sécurité, sept détenus sur 10 sont insatisfaits du respect de leurs droits, demandant d'abord qu'à une sanction ne soit pas rajouté un retrait de réduction de peine. Assister à la fouille de leur cellule, ne plus subir la fouille corporelle intégrale figurent aussi parmi leurs premières revendications.

Magistrats et surveillants font de l'accès aux soins psychiatriques leur préoccupation majeure, et rejoignent les détenus pour juger la préparation à la sortie "insuffisante", 55% de ces derniers en faisant une action prioritaire. Ce taux monte à 70% pour les détenus qui demandent que le travail en prison soit rémunéré comme à l'extérieur, histoire d'éviter la pauvreté à la sortie. Deux détenus sur trois estiment d'ailleurs que les alternatives à l'emprisonnement ne sont pas assez développées, 70 à 75% demandant la limitation de la durée des détentions provisoires, plus de recours au contrôle judiciaire et l'aménagement systématique des peines.

D'après agence

le 20 octobre 2006 à 07:08
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27 Commentaires

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  • Fée, le 20/10/2006 à 09h41

    Je suis déçue de lire les commentaires de ceux qui disent qu'ils l'ont bien chercher pour aller en prison ! C'est sûr qu'il y en a qui, de leur plein gré, ont fait des conneries !!! Mais n'oubliez pas que chacun de nous peut se retrouver en prison... vous perdez la maîtrise de votre véhicule et vous tuez quelqu'un... Est-ce que vous l'avez voulu ??? Réfléchissez avant des les blâmer !!!

  • Le sagard, le 20/10/2006 à 09h36

    Certe des ameliorations doivent etre faite rapidement surtout celle de separer les jeunes deliquants et la grande criminalité;mais il ne faut pas perdre de vue que tous ont été en prison de leur propre choix,que tous savaient avant de commettre leur delit que la prison n'etait pas un hotel.Certain reclament des droits alors qu'eux meme ont privé des francais de leur droit en les tuant,en les brutalisant et en faisant de leur vie en enfer dans la depression,alors de grace que les peintures soient refaite,qu"une certaine intimité pour la toilette soit mise en place d'accord,mais pour avoir des droits,pour rencontrer leur familles(les familles endeuillées eux n'ont plus ce choix)pour obtenir plus de "liberté",non et encore non nos prisons ne doivent pas devenir un lieu d'attende entre deux hold up,ceux qui y entre doivent etre conscient qu'ils laissent a la porte beaucoup de leur vie et de leur liberté.Deja que certain a peine sorti de prison ecrivent des livres sur leur histoire ,ramassant des milliers d'euros sur le dos de leur victimes,alors stop regardons ce qui ne va pas du coté des victimes et seulement apres on pourra verser une larme sur ces "victimes" de la justice

  • Vimal, le 20/10/2006 à 09h32

    Quand on lit par quelles associations cette enquête a été diligentée, on a le droit de se poser la question sur la nature du questionnaire. D'autre part, 15 000 réponses sur 60 000 destinataires reste un bon chiffre sur lequel on peut tirer des enseignements et surtout UN à la lecteur de l'article : Il n'y a pas assez de prisons dans ce pays ! (190 à ce jour).

  • Steph, le 20/10/2006 à 09h30

    A quel moment ces prisonniers, tous innocents cela va de soit car nos prisons sont pleines d'innocents, ont-ils respecté les droits fondamentaux de leurs victimes ? Essayent-ils de réparer leurs erreurs ? Qu'ils commencent par montrer l'exemple. Par contre je serais curieux de savoir pourquoi les gardiens ont si peu répondu. Serait-ce parce-qu'ils en ont marre que l'on victimise les détenus ? Que l'on parle sans cesse des conditions de détention et jamais des conditions pour garder les prisonniers ? Ont-ils senti que cela serait un énième rapport qui enfoncerait des portes ouvertes ?

  • Seb, le 20/10/2006 à 09h24

    Les droits fondamentaux, ils les ont respectés avant de venir en prison? La prison c'est la prison !!!! Ils ont la télé et c'est déja de trop.

  • Jean-pierre, le 20/10/2006 à 09h19

    La prison c'est celà. Personne n'est obligé d'y aller. Le but premier de l'incarcération reste la dissuasion. Hygiène et propreté concernent en premier lieu les détenus. On est pas à l'hôtel tout de même. Télé, ordinateurs,..Le confort de certaines prisons est exagéré. Il faut plus de discipline et plus de formation. Il faut introduire une véritable scolarité.Et surtout revaloriser la fonction des gardiens.

  • Didman, le 20/10/2006 à 09h12

    Ben oui et puis les victimes est ce qu'ils y pensent tous ces "insatisfaits" ? Tous ces prisonniers n'ont qu'à s'en prendre qu'à eux meme s'ils sont en taule. Pourquoi ne pas leur faire payer leur séjour en prison , ça permettrait d'indemniser les victimes et aussi aider ceux qui ont besoin sans pour cela etre des délinquants ? Rappel 1 détenu nous coute environ 60 euros par jour , le calcul est simple ils sont plus de 60000 dans nos prisons ça ferait plus de 1.3 milliard d'euros par an qui pourraient etre affectés à d'autres nécessiteux (logements , aides aux assiciations ...), internautes qu'en pensez vous ? Merci de ne pas censurer (comme d'hab).

  • Sab, le 20/10/2006 à 09h10

    Bonjour, je trouve ça vraiment affligeant !!! un questionnaire à des détenus (donc des personnes ayant commis un crime... voir plus) pour connaître leurs impressions ! Forcément ils vont se plaindre des conditions et ressortir à chaque fois la meme chose ! Mais je pense qu'il faudrait donner un questionnaire aux familles des victimes pour savoir s'ils trouvent que les conditions de vie des accusés sont assez dures.

  • Demarsac, le 20/10/2006 à 09h07

    Quand allez vous arreter de nous faire pleurer avec les prisonniers, les sans papiers etc... Il y a des lois et ils n'avaient qu'a les suivre

  • Irma, le 20/10/2006 à 09h06

    Je crois que les pénitentiers ont oublié où ils étaient...rémunérer le travail en prison? Et pourquoi pas leurs offrir des vacances ou congés maladie!?!?

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