Le Rainbow Warrior sur le petit écran

Par , le 23 octobre 2006 à 09h34 , mis à jour le 23 octobre 2006 à 11h17

Les faux époux "Thurenge" sont au cœur de la fiction diffusée lundi soir sur l'affaire du bateau de Greenpeace coulé en 1985 par les services secrets français.

Rainbow Warrior Thurenge © DR

Nouvelle-Zélande, 10 juillet 1985. Le Rainbow Warrior, bateau de Greenpeace coule dans le petit port d'Auckland. Deux explosifs posés sur sa coque ont raison du navire. La première charge fait fuir les occupants, la seconde beaucoup plus puissante le fait sombrer.

Le sabotage est l'œuvre des services secrets français qui souhaitent ainsi empêcher l'organisation écologiste d'entamer une campagne de protestation contre les essais nucléaires français sur l'atoll de Mururoa, en Polynésie. L'opération est menée par trois équipes. La première "époux Thurenge" coordonne la logistique de l'opération sur place, la deuxième "Ouvéa" convoie les mines et la troisième les pose. C'est l'opération "Satanique".

Le drame

Un nom prémonitoire pour une opération trop complexe et organisée à la va vite à 20.000 kilomètres de Paris. Un nom prédestiné pour une mission qui débouchera sur l'un des plus gros scandale de l'ère Mitterrand. Comme l'avait prévu la DGSE (direction générale de la sécurité extérieure), juste après la première déflagration, le capitaine réussit à faire évacuer le bateau. Mais le photographe de l'organisation, Fernando Pereira, 35 ans, décide de retourner à bord pour y chercher son matériel. Il ne survivra pas à la seconde déflagration.

Après le drame, le fiasco : les faux époux "Thurenge" sont arrêtés le 12 juillet par la police néo-zélandaise. Les deux espions, de leur vrai nom, le commandant Alain Mafart et le capitaine Dominique Prieur, sont inculpés de meurtre et condamnés à 10 ans de prison avant d'être transférés sur l'atoll français d'Hao puis libérés. Ce seront les seules condamnations. Les deux plongeurs français poseurs de bombes seront, eux, ex-filtrés sans problème.

"Ils ont agi sur ordre"

En France, la presse multiplie les révélations mettant en cause les services secrets français. Le 22 septembre, le Premier ministre Laurent Fabius, révèle la "vérité cruelle" : " ce sont des agents de la DGSE qui ont coulé le Rainbow warrior", "ils ont agi sur ordre". Charles Hernu, ministre de la Défense et fidèle de François Mitterrand, est contraint de démissionner. L'amiral Pierre Lacoste, patron de la DGSE, est remplacé.

Souvent qualifiée de Watergate français, l'affaire Greenpeace, à la différence du scandale qui provoqua en 1974 la démission du président Richard Nixon, n'a fait qu'effleurer François Mitterrand. Ce dernier a toujours contesté avoir donné l'ordre de faire sauter le Rainbow Warrior. Dans un entretien à l'AFP diffusé lors du 20e anniversaire du sabotage, l'amiral Lacoste avait assuré que le président était au courant de l'opération. Aujourd'hui l'épave repose toujours par 25 mètres.

La version humaine de l'affaire

Inépuisable source d'inspiration, l'affaire est l'objet d'une fiction lundi soir sur TF1. La réalisatrice Charlotte Brändström se défend d'avoir voulu faire un film de plus sur ce fiasco des services français. "J'ai voulu avant tout raconter une histoire humaine, faire le portrait d'une femme", explique-t-elle. Son film est en fait le portrait du capitaine Dominique Prieur. Maillon faible dans le couple des "faux époux Thurenge", Dominique Prieur (Alexandra Vandernoot) affronte sans broncher les interrogatoires musclées et les années de prison que lui valent l'incompétence et la lâcheté de ses supérieurs. "Ce que j'ai vraiment beaucoup aimé, c'était l'histoire d'une femme et d'un homme qui ont tenu leur engagement, qui avaient une parole et qui ont été intègres jusqu'au bout alors qu'ils étaient trahis par tout le monde", souligne la réalisatrice qui s'est notamment inspirée du livre écrit par Dominique Prieur, aujourd'hui retraitée du "service action". Trahison suprême, rare dans la communauté du renseignement, la France n'hésite pas à révéler la véritable identité de ses agents pour essayer de calmer le jeu et apaiser les tensions avec Wellington. Réalisé sous le contrôle de Daniel Soulez-Larivière, qui fut l'avocat des deux agents, "Opération Rainbow Warrior" montre surtout, selon lui, les "questions de fonds" que posent l'affaire: "l'inutilité de cette mission", "le problème politique que cela posait", et "l'impréparation". (D'après AFP)

"Opération Rainbow Warrior" sera disponible dès la fin de la diffusion sur le site de vidéo à la demande www.tf1vision.com.

Par Amélie Gautier le 23 octobre 2006 à 09:34
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5 Commentaires

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  • Laurent, le 25/10/2006 à 12h51

    Monsieur Fabius a lâchement abandonné des agents français, comment lui faire confiance ?

  • Thomas, le 24/10/2006 à 13h14

    Just une question : sait-on si la Nouvelle Zélande a acheté les droits de cette fiction pour une éventuelle diffusion TV ?

  • FrancoisM, le 23/10/2006 à 14h18

    Et oui ce sont des socialistes qui ont donnes ordre de couler un bateau dun mouvement pacifiste juste parce quils voulaient manifester pacifiquement...plus le sang contamine...2007 socialiste?

  • Alain, le 23/10/2006 à 12h44

    Les Mitterand, Hernu, Fabius ont eu raison de faire détruire ce bateau. Dommage qu'il y ait eu mort d'homme. Il faudrait d'ailleurs détruire tous les bateaux et autres véhicules, sans personne à bord évidemment, de cette mafia politico-pseudo-écologique qui s'appelle greenpeace qui sème le mal partout où elle sévit.

  • Bizarre, le 23/10/2006 à 12h17

    On regrettera la mort du photographe, mais on regrettera surtout l'incompétence de nos services secrets...............

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