La révolte anti-Robien

le 20 octobre 2006 à 07h48 , mis à jour le 20 octobre 2006 à 10h45

Une soixantaine de chercheurs et enseignants ont signé un appel demandant au ministre de "cesser ses interventions arbitraires".

TF1/LCI : Salle de classeSalle de classe © TF1/LCI

Le Snesup-FSU, principal syndicat du supérieur, a lancé jeudi un "appel contre l'autoritarisme du ministre de l'Education nationale et pour la défense des libertés universitaires", en pleine polémique sur la méthode d'apprentissage de la lecture. Signé par une soixantaine de chercheurs, enseignants et responsables syndicaux, cet appel demande d'abord à Gilles de Robien de "cesser, dans l'intérêt des élèves, ses interventions arbitraires sur les contenus et méthodes d'apprentissage, ses interprétations abusives de travaux de recherche, ainsi que des menaces de poursuites contre enseignants et inspecteurs".

Il demande ensuite de rétablir Roland Goigoux, enseignant-chercheur spécialiste de l'apprentissage de la lecture, "dans son enseignement à l'école supérieure de l'Education nationale", école de formation des cadres, dont il a été évincé à la rentrée, après 10 ans de formation des inspecteurs. Victime de la polémique sur les méthodes de lecture, qui a aussi frappé un inspecteur de l'Education nationale et responsable syndical à Douai, Pierre Frackowiak : ce dernier est officiellement menacé de sanction pour avoir tenu des propos divergents de ceux de Gilles de Robien.

Un rôle d'inspecteur "réduit à celui de contremaître"

"Nous ne pouvons admettre l'autoritarisme du ministre", lancent les chercheurs et enseignants, en référence aux dissensions qui opposent Gilles de Robien, farouche défenseur de la seule méthode syllabique pour apprendre à lire, aux enseignants, chercheurs et inspecteurs pour qui la question de l'apprentissage de la lecture est plus complexe. L'appel rappelle que les programmes modifiés pour intégrer les nouvelles directives sur la lecture demandent "d'utiliser deux types d'approche : celle de la lecture et de l'écriture de mots entiers et celle de l'analyse de mots entiers en unités plus petites (...) synthèse à partir de leurs constituants, de syllabes, de mots réels ou inventés".

Cet appel fustige également la référence régulière de Gilles de Robien aux "travaux des scientifiques" pour justifier la proscription de toute autre méthode que la syllabique. Il évoque une "remise en cause profonde" d'un système de formation au métier "irrigué par la recherche" et du métier d'inspecteur "réduit à celui d'un contremaître chargé de surveiller l'exécution des tâches".

D'après agence

le 20 octobre 2006 à 07:48
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6 Commentaires

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  • Léostic, le 20/10/2006 à 09h15

    Les pédagogistes qui ont instauré les nouvelles méthodes d'enseignement tant au niveau de la lecture en primaire mais aussi en collège dans l'étude de la grammaire par exemple sont complètement inconscients des ravages provoqués par ces méthodes d'enseignement ou plutôt le savent mais ne veulent pas assumer leur responsabilité en ce domaine. le fait de prêcher le faux par exemple pour découvrir le vrai, l'utilisation de termes incompréhensibles pour les élèves, la technique permanente dans tous les cours de la découverte de la problèmatique au lieu de méthodes claires et nettes mettent une multitude d'enfants en difficulté. toutes ces méthodes farfelues n'apprennent plus aucune logique et aucune rigueur aux élèves qui sont perdus dans tout ce fouillis. est il normal que de bons élèves rencontrent des difficultés à cause de ces méthodes démagogiques ! alors que dire des élèves déjà en difficulté ! je suis parent et enseignante

  • Eyner, le 20/10/2006 à 08h48

    Dans un état qui est de moins en moins libertaire, ou fumer devient un delit, quand est ce que l'on va mettre au pas cette bande de faineants surpayés et inutiles que sont les membres de l'education nationale. Il est temps que ces personnels qui ont plus de vacances que de temps travail revienne dans le rang, dans le cas contraire, il vaudrai mieux privatiser l'education nationale, l'etat ferai des economies

  • Viguerard, le 20/10/2006 à 08h47

    Je n'aprécie pas trop Mr de Robien, mais il faut constater qu'il y a un grave problème de lecture pour un bon nombre d'élèves, sans parler des langues étrangères... Il faut faire la preuve de sa méthode par des résultats, c'est simple.

  • Alphonse, le 20/10/2006 à 08h46

    Les salariés de l'Enseignement, à tout niveau hiérarchique, sont des fonctionnaires. Ils doivent obéissance à leur Patron, i.e. au ministre de tutelle. A-t-on jamais vu, dans une entreprise privée, grande ou petite, un salarié, cadre ou simple employé, refuser d'obéir à sa Direction?!!! Selon le Code du Travail, c'est la mise à la porte. En vertu de quel privilège (encore un ?), les Inspecteurs ne devraient-ils pas vérifier l'exécution des ordres de leur patron? Ajoutons que ces "Chercheurs" ont trop d'orgueil pour admettre ce dont tout le pays est témoin : l'échec de leurs fumeuses trouvailles. Innovations dont le résultat est de fabriquer des ratés de la lecture et de l'écriture, ce qui n'était pas le cas avant 1970. Il est vrai que, question fautes d'orthographe, il n'est qu'à lire les observations de nombreux Profs' et Instits' en marge des copies. Bourrées de fautes. Quand une méthode a fait faillite, c'est le bons sens de l'abanndonner. Mais l'orgueil est l'ennemi du bon sens.

  • Claude, le 20/10/2006 à 08h37

    Les enfants d'aujourd'hui savent ils mieux lire que ceux d'ils y a 50 ans , il semble que non ! Donc il y a bien un problème dans la méthode .Et des gens qui sont contre quand les autres sont pour , et vice versa , on en trouvera toujours .Ce qui compte c'est le résultat quelque soit la méthode , mais si le résultat n'est pas là , c'est sûr il faut en changer .

  • CRIN, le 20/10/2006 à 08h19

    Il est temps que nombre de ces "scientifiques" se mettent à enseigner. Après avoir pris les enfants et les enseignants pour des cobayes pendant des dizaines d'années il est temps de réaliser une nouvelle expérience : mettre ces brillants chercheurs dans une classe devant des élèves de ZEP.

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