Salle de classe © TF1/LCILe Snesup-FSU, principal syndicat du supérieur, a lancé jeudi un "appel contre l'autoritarisme du ministre de l'Education nationale et pour la défense des libertés universitaires", en pleine polémique sur la méthode d'apprentissage de la lecture. Signé par une soixantaine de chercheurs, enseignants et responsables syndicaux, cet appel demande d'abord à Gilles de Robien de "cesser, dans l'intérêt des élèves, ses interventions arbitraires sur les contenus et méthodes d'apprentissage, ses interprétations abusives de travaux de recherche, ainsi que des menaces de poursuites contre enseignants et inspecteurs".
Il demande ensuite de rétablir Roland Goigoux, enseignant-chercheur spécialiste de l'apprentissage de la lecture, "dans son enseignement à l'école supérieure de l'Education nationale", école de formation des cadres, dont il a été évincé à la rentrée, après 10 ans de formation des inspecteurs. Victime de la polémique sur les méthodes de lecture, qui a aussi frappé un inspecteur de l'Education nationale et responsable syndical à Douai, Pierre Frackowiak : ce dernier est officiellement menacé de sanction pour avoir tenu des propos divergents de ceux de Gilles de Robien.
Un rôle d'inspecteur "réduit à celui de contremaître"
"Nous ne pouvons admettre l'autoritarisme du ministre", lancent les chercheurs et enseignants, en référence aux dissensions qui opposent Gilles de Robien, farouche défenseur de la seule méthode syllabique pour apprendre à lire, aux enseignants, chercheurs et inspecteurs pour qui la question de l'apprentissage de la lecture est plus complexe. L'appel rappelle que les programmes modifiés pour intégrer les nouvelles directives sur la lecture demandent "d'utiliser deux types d'approche : celle de la lecture et de l'écriture de mots entiers et celle de l'analyse de mots entiers en unités plus petites (...) synthèse à partir de leurs constituants, de syllabes, de mots réels ou inventés".
Cet appel fustige également la référence régulière de Gilles de Robien aux "travaux des scientifiques" pour justifier la proscription de toute autre méthode que la syllabique. Il évoque une "remise en cause profonde" d'un système de formation au métier "irrigué par la recherche" et du métier d'inspecteur "réduit à celui d'un contremaître chargé de surveiller l'exécution des tâches".
D'après agence
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