Sans domicile fixe © TF1/LCILes sans-domicile "ne constituent pas un monde coupé de la société" et près d'un tiers ont un travail, majoritairement comme ouvrier ou employé sans qualification, selon une vaste enquête de l'Insee publiée jeudi. Cette enquête fait aussi ressortir que 800.000 personnes ont dû séjourner au moins une fois dans la rue ou dans un centre. A noter que la définition retenue pour les sans-domicile est une personne ayant, la nuit précédente, eu recours à un service d'hébergement ou ayant dormi dans un lieu non prévu pour l'habitation, ce qui représente un groupe plus large que les seuls sans-abri.
Dans la préface de cette étude, Marie-Thérèse Join-Lambert, ancienne présidente de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale, note que la population des sans-domicile est plutôt masculine et jeune. Cécile Brousse, un des auteurs, souligne que la moitié occupe un lieu privé (cave, usine, voiture, cage d'escalier) et l'autre moitié se réfugie dans l'espace public (métro, gare, centre commercial) ou ouvert (rue, jardin public). On compte chez les SDF quatre fois plus d'étrangers que dans le reste de la population, dont un dixième de non francophones, près d'un tiers de jeunes adultes de 18 à 29 ans (un quart dans l'ensemble de la population), des femmes jeunes (égalité hommes-femmes chez les 18-24 ans) et des personnes accompagnées d'un ou plusieurs enfants (un quart).
Une majorité de solitaires sans enfant
Les personnes seules et sans enfant représentent 70% de la catégorie des sans-domicile (à peine 22 % pour la population en logement ordinaire). Cette situation est encore plus marquée chez les hommes : 30% n'a jamais vécu en couple (4% dans le reste de la population). La moitié n'a aucun diplôme, 40% sont chômeurs et 3% inactifs. Parmi les femmes, la moitié sont mères de jeunes enfants. Une comparaison avec des personnes hébergées dans des logements inconfortables ou précaires montre que les sans-domicile constituent un cas extrême d'un problème plus général, souligne Cécile Brousse.
Jean-Marie Firdion, autre auteur, relève que les personnes ayant été placées en foyer dans leur jeunesse sont largement sur-représentées (23% contre 2% dans le reste de la population). François Back, Stéphane Legleye et Stanislas Spilka affirment que l'alcool n'est pas toujours aussi présent dans les parcours de ces personnes que l'imaginaire collectif ne le représente. Cependant, la proportion de personnes semblant présenter d'importants risques d'usage nocif ou de dépendance à l'alcool apparaît nettement plus élevé chez les sans-domicile que dans le reste de la population, en particulier parmi les situations sociales les plus difficiles.
D'après agence
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