Gilles de Robien, au Collège Condorcet de Nîmes, vendredi 1er Septembre © TF1-LCIAlors même que Gilles de Robien croyait y mettre un point final, la guerre des méthodes de lecture a embrasé un nouveau front. Et contribue à tendre jour après jour les relations entre le corps enseignant, les syndicats, et le ministre de l'Education. L'Unsa Education a ainsi dénoncé samedi dans un communiqué "l'autoritarisme" et "les dérives conservatrices" de Gilles de Robien, menaçant d'un "conflit majeur" si la procédure disciplinaire engagée contre un inspecteur n'est pas retirée.
"Le ministre de l'Education nationale n'en finit plus avec la lecture", souligne le syndicat. "Après avoir fait le choix d'un discours simplificateur et démagogique sur les méthodes, après avoir évincé un universitaire reconnu de la formation des futurs inspecteurs, il appelle aujourd'hui à des sanctions disciplinaires contre un inspecteur de l'Education nationale", poursuit-il. Un communiqué vengeur signé de Patrick Gonthier, secrétaire général de l'Unsa Education, Patrick Roumagnac, secrétaire général du Sien-Unsa Education (le principal syndicat des inspecteurs de l'Education nationale) et Luc Bérille, secrétaire général de SE-Unsa (syndicat des enseignants).
Mise en garde syndicale
Cette mise en garde syndicale faisait directement référence aux propos de Gilles de Robien, jeudi au Sénat, sur l'application des nouvelles directives sur la lecture. "Je suis sûr que l'immense majorité de la communauté éducative est totalement loyale vis-à-vis des textes officiels, cependant je rappelle que tous les fonctionnaires ont le devoir de suivre les textes officiels", avait déclaré le ministre, en réponse à une question du sénateur radical Bernard Seillier (RDSE). "D'ailleurs un inspecteur de l'Education nationale fait actuellement l'objet d'une procédure disciplinaire motivée par un manquement grave et caractérisé à ses obligations", avait-il ajouté, en rappelant qu'"un cadre, en tout cas un cadre de la fonction publique, doit appliquer les instructions du ministre".
Avant cette annonce de sanctions à l'égard d'un inspecteur de l'Education nationale, c'est un universitaire qui avait fait les frais de ce regain de polémique autour des méthodes de lecture. Roland Goigoux, professeur à l'IUFM d'Auvergne, n'avait pas été reconduit comme enseignant à l'Ecole supérieure de l'Education nationale (Esen) - où il intervenait depuis dix ans - après avoir écrit un livre intitulé Apprendre à lire à l'école. L'enseignant, qui estimait avoir mis le ministre “face à ses contradictions” en critiquant son discours, en décalage selon lui avec les textes officiels (“Gilles de Robien affirme que la méthode syllabique est obligatoire. Les textes disent très clairement qu'il y a plusieurs manières d'enseigner"), a reçu depuis le soutien de divers syndicats furieux d'une telle sanction. Ainsi que celui, hautement symbolique, d'un universitaire qui a participé à la réflexion de Gilles de Robien sur la réforme de la lecture.
D'après agence
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