© AFP/D.Faget"Educateurs, pas délateurs" ; "avec Sarko, tous délinquants" : quelques milliers de personnes (6000 selon les organisateurs, 1800 selon la police) ont défilé samedi après-midi à Paris au rythme de ces slogans pour réclamer le retrait du projet de loi Sarkozy sur la délinquance, à l'appel d'un collectif national unitaire (CGT, FSU, Solidaires, Ligue des droits de l'Homme...).
D'autres rassemblements ont eu lieu en province : environ 500 personnes à Toulouse, 400 à Marseille, 300 à Rennes et Nantes, 250 à Angers et une centaine à Bordeaux et Strasbourg.
Déjà adopté par les sénateurs, le projet de loi de prévention de la délinquance sera examiné par l'Assemblée nationale à partir de mardi. "Cette loi est d'abord une loi de répression et un contresens à l'idée de prévention", a déclaré Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, principale fédération de l'Education. Il a "contesté l'efficacité" de ce projet "qui va à l'encontre des pratiques professionnelles" des travailleurs sanitaires et sociaux, en prévoyant notamment que ceux-ci puissent transmettre aux maires des informations sur les personnes dont ils s'occupent.
"Touche pas à mon secret professionnel"
La loi "voudrait qu'on signale aux maires les délinquants, ce qui rompt le travail de confiance avec les gens dont nous nous occupons", a expliqué Laure Peucelle, une assistante sociale venue du Pas-de-Calais, qui arborait une pancarte "Touche pas à mon secret professionnel". "Seuls des magistrats peuvent actuellement nous demander de telles informations", a ajouté Catherine, une de ses collègues dans un service d'aide sociale à l'enfance.
Membre du collectif, le Syndicat de la magistrature a dénoncé un projet qui "crée la confusion des pouvoirs", par la voix de son secrétaire général Côme Jacqmin. De nombreux maires étaient également présents, ceints de leur écharpe tricolore. L'un d'eux était même coiffé d'un chapeau de cow-boy sur lequel on pouvait lire l'interrogation : "maire ou shérif?"
Maire PS du XIVe arrondissement de Paris, Pierre Castagnou a estimé que "cette loi confère aux maires une responsabilité inacceptable. La réponse n'est pas dans le flicage". "Le bureau d'aide sociale ne doit pas devenir un bureau de délation", a renchéri le président du Mouvement des jeunes socialistes, Razzye Hammadi, présent au sein d'un collectif d'associations de jeunesse, baptisé "Stop la provocation".
D'après agence
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