© LCIC'est un témoignage publié mardi dans Le Parisien qui fait des vagues. C'est celui de Guy-Charles, ancien détenu à Fleury-Mérogis qui raconte ses dix-huit mois en prison, cet "enfer ordinaire". Tout y passe : les trafics, les clans, les surveillants, la discipline... Un exemple : les abus sexuel. "J'ai vu un homme se faire violer sous la douche par une dizaine d'autres détenus sans que personne n'intervienne. A la sortie, il n'était pas question pour lui de se plaindre au surveillant, il aurait eu de gros ennuis (...) Tout le monde sait ce qu'ils subissent, y compris les surveillants, mais on ferme les yeux".
"On peut se procurer ce qu'on veut"
Guy-Charles raconte aussi les trafics : "En prison, tout ce qui est interdit circule. Héroïne, cocaïne, alcool, téléphones portables, cachetons : à condition d'y mettre le prix, on peut se procurer ce que l'on veut", assure-t-il. Le témoignage de Guy-Charles, mis en examen pour viol sur mineur, est pris avec beaucoup de précautions par les autorités. Avec beaucoup de sérieux aussi.
Plusieurs enquêtes administratives et judiciaires ont été ouvertes sur cette prison de l'Essonne, la plus grande d'Europe. Mercredi, le parquet d'Evry a ouvert une enquête préliminaire, notamment pour "procéder à l'identification de leurs (des faits dénoncés, NDLR) auteurs". Quant à la direction de l'administration pénitentiaire elle a annoncé qu'elle saisissait l'Inspection des services pénitentiaires. Les "états généraux" des prisons, qui font suite à la première enquête menée auprès des détenus français, ont réclamé mardi à Paris une loi pénitentiaire "fondatrice" d'un nouveau régime carcéral davantage respectueux des droits des détenus.
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