Etudes du soir pour "orphelins de 16h"

Par , le 10 novembre 2006 à 17h38 , mis à jour le 13 novembre 2006 à 07h44

Reportage. Nicolas Sarkozy, candidat probable à la présidentielle, souhaite les généraliser à tous les collèges. Il les expérimente déjà dans son fief des Hauts-de-Seine.

Après les cours, au collège Evariste-Gallois/A.Ga.Après les cours, au collège Evariste-Gallois © A.Ga./LCI

Une fin d'après-midi au collège Evariste Gallois de Nanterre, en région parisienne. Les cours sont finis, la plupart des élèves sont partis. Dans les couloirs aux murs colorés, une femme de ménage passe le balai, trois jeunes enseignants se racontent leur journée. De la lumière s'échappe de salles de classes. A l'intérieur, un prof, trois enfants et une ambiance studieuse. Une heure de colle ? Non, une étude du soir.

Réservées jusqu'à présent aux écoliers, elles sont depuis 2004 accessibles aux collégiens... des Hauts-de-Seine, département de l'Ouest parisien présidé par Nicolas Sarkozy. Le candidat probable à la présidentielle de 2007 souhaite les généraliser à tous les collèges de France "pour que l'ensemble des familles puisse venir chercher ses enfants une fois les devoirs faits à 18 heures". Bref, pour qu'il n'y ait plus d'"orphelins de 16 heures". Une expression utilisée par le ministre de l'Intérieur en septembre dernier pour qualifier ces collégiens dont les parents ne peuvent s'occuper après les cours, travail oblige.

"C'est plus calme que chez moi, et puis y a pas la télé"

Au collège Evariste Gallois situé au beau milieu de la cité du Parc, on "expérimente" ces études du soir depuis trois ans. Une quarantaine d'élèves est inscrite. Visiblement, la satisfaction est là. "Mon établissement cumule tous les labels, —ZEP, Zone violente, quartier sensible...—, explique le principal, Gilles Valendina. Et bien souvent, les cours terminés, les élèves vont traîner dans la rue et faire leur devoir à l'emporte-pièce parce qu'ils n'ont pas la chance d'être aidés chez eux. Grâce à ce dispositif, on leur donne les moyens de travailler efficacement."

Par petit groupe, deux fois par semaine pendant une heure et demi en moyenne, les élèves apprennent leur vocabulaire d'anglais, récitent leur leçon d'histoire ou travaillent leur algèbre sous la houlette d'un enseignant ou d'un assistant, tous recrutés sur la base du volontariat. L'enfant bénéficie d'un appui méthodologique, de conseils, de relecture... Et autres avantages qu'ils n'ont pas toujours chez eux. Ouvertes à tous, ces études du soir sont néanmoins réservées en priorités aux enfants rencontrant des difficultés. Pas d'obligation mais l'enfant s'engage à être assidu et ses parents y veillent.

La langue légèrement sortie comme pour mieux se concentrer, Marc, 12 ans, s'applique à son exercice de mathématiques. A ses côtés, André Landrain, professeur de français, veille à ce que l'élève de 6e fasse bien ses devoirs. Parallèlement, il chapeaute deux autres "grands" de 5e. Au programme pour ces garçons, la factorisation. "L'autre fois, j'ai eu 9 sur 10 en maths", se réjouit Marc. Mais c'est l'anglais maintenant que je n'aime pas trop". Moue dégoûtée du gamin. C'est le conseiller principal d'éducation qui lui a proposé ces études. "Au moins ici, c'est plus calme que chez moi et puis y a pas la télé", dit-il d'un petit sourire entendu. "C'est une aide réelle et concrète aux élèves, témoigne André Landrain. Et puis, il y a des rapports plus humains que lorsque j'enseigne devant une classe complète." Le principal Gilles Valendina de conclure : "l'an dernier, 50% des élèves en ont tiré un vrai bénéfice. Peut être auraient-ils décroché sans ces études."

Par Amélie Gautier le 10 novembre 2006 à 17:38
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30 Commentaires

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  • Nathalie, le 14/11/2006 à 09h04

    Très bonne initiative. Un enfant qui travaille en groupe, il est plus motivé. Mettre ce système en place même pendant les vacances scolaires (Eté), par exemple le matin "études" et l'après-midi "sport"

  • Aline, le 14/11/2006 à 09h03

    J'ai oublié de dire que j'admire, bien sur, l'initiative de ce collège! Cela ne peut que les aider pour travailler plus sérieusement (sans la télé...), apprendre à se concentrer, s'habituer avec une ambiance respectueuse vis-à-vis des autres qui travaillent... Et surtout très bien pour les élèves qui ne peuvent pas rentrer seuls, ou ceux qui ont moins de tranquillité et des conditions à la maison. (Mon fils est reste à l'étude du soir à partir de la moyenne section, et ça l'a aidé: il s'organise tout seul, s'assume et s'approprie son travail.)

  • Blanc, le 13/11/2006 à 20h23

    C'est facile,c'est pas cher, et ça peut rapporter gros. Bonne initiative d'autant plus attractive qu'elle n'a pas un caractère de contrainte.

  • EF, le 13/11/2006 à 19h07

    Très bien ces études, mais pourquoi sont-elles sur la base du volontariat, non payées? Pourquoi les enseignants travailleraient-ils gratuitement?

  • Debras, le 13/11/2006 à 19h07

    Bravo, continuez, vous êtes sur la bonne voie. J.D

  • BRIGITTE, le 13/11/2006 à 12h17

    Dans mes années scolaires en primaire ns avions les cours du soir après 16h? ns étions dans les années 66 et, il y avait beaucoup d'enfants car les parents eux étaient au travail donc très bien pour tous.. BB

  • Claude, le 13/11/2006 à 11h46

    Dan, Laval ...... d'accord à 99% avec cette réaction , dire que les prof sont sous payés , je ne dirais pas celà , ma femme était prof des écoles aujourd'hui en retraite et ne s'est jamais plainte de sa paye , il faut aussi jeter un oeil à coté et voir combien dans le privé ne gagnent que le smic . Mais pour le reste ce n'est quand même pas aux profs d'éduquer les enfants parce que les parents démissionnent . Les parents ont une grande part de responsabilités dans l'échec de l'enfant , trop facile de dire que c'est de la faute de l'autre, en l'occurence , l'éducation nationale ! Pourquoi dans une classe une bonne partie des élèves s'en sort et d'autres restent à la traine , les cours sont les mêmes pour tous ce qui est différent c'est l'élève , et l'effort doit ètre fait par l'élève soutenu par les parents , le prof a fait son travail , et que sa conscience professionnelle l'amène à prendre des élèves à part , est un plus .

  • Marie, le 13/11/2006 à 11h46

    On s'égare un peu non ? le sujet est : la prise en charge (non obligatoire) par les profs des jeunes après 16 heures et pas encore et toujours ce foutu pognon. Si les profs restent après 16h 30 il est normal qu'ils soient rémunérés d'ailleurs dans le temps, c'était comme ça, les enseignants faisaient les études du soir et les cantines. Le métier d'enseignants est ouvert à tout le monde et pour les ceusses qui trouvent que les profs sont trop payés, rien ne les empêche d'embrasser cette carrière tellement avantageuse pour eux. Arrêtons de dénigrer et pensons aux jeunes qui pourraient bénéficier de calme et d'aide pour récupérer ce qui n'a pas été compris pendant les cours souvent perturbés par quelques énergumènes. et à quand les cours d'été pour les plus courageux des jeunes ?

  • Euzenot-furiga, le 13/11/2006 à 11h41

    Cette nouveauté n'est pas jeune il y a 50 ans je restais le soir à l'école après 16h30 et cela s'appelait "l'étude" pour cela mes parents payaient et c'était les enseignants qui empochaient (normal), mes enfants sont tous restés à l'étude avec le même système de rémunération, ma première épouse enseignante en collège "faisait l'étude" et donc était rémunéré directement par les parents (en réalité c'était un peu plus compliqué, mais la ligne directrice est là). Que l'on refasse aujourd'hui quelque chose qui marchait est une bonne chose. Quand au 35h. là encore c'est une bonne chose les enseignants en restant sur place pour la préparation et la correction des cours augmenteront le potentiel de présence et cela pourrait avoir un effet sécurisant. Par contre je me refuse à dire que les enseignants sont des fainéants (du français faire du néant) car il faut compter les cours, la préparation et les corrections.

  • Karine, le 13/11/2006 à 11h36

    2 choses me font réagir:un soutient scolaire pour les élèves dont les parents ne maitrisent pas bien la langue française ou parcequ'ils rentrent tard ,très bien au contraire tant que cela ne se transforme pas en garderie.D'autre part qui ferait des heures sups volontairement? Certainement pas moi!Il ne faut pas oublier que les profs sont des gens comme vous et moi et qu'ils ont également une vie après le travail!

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