Après les cours, au collège Evariste-Gallois © A.Ga./LCIUne fin d'après-midi au collège Evariste Gallois de Nanterre, en région parisienne. Les cours sont finis, la plupart des élèves sont partis. Dans les couloirs aux murs colorés, une femme de ménage passe le balai, trois jeunes enseignants se racontent leur journée. De la lumière s'échappe de salles de classes. A l'intérieur, un prof, trois enfants et une ambiance studieuse. Une heure de colle ? Non, une étude du soir.
Réservées jusqu'à présent aux écoliers, elles sont depuis 2004 accessibles aux collégiens... des Hauts-de-Seine, département de l'Ouest parisien présidé par Nicolas Sarkozy. Le candidat probable à la présidentielle de 2007 souhaite les généraliser à tous les collèges de France "pour que l'ensemble des familles puisse venir chercher ses enfants une fois les devoirs faits à 18 heures". Bref, pour qu'il n'y ait plus d'"orphelins de 16 heures". Une expression utilisée par le ministre de l'Intérieur en septembre dernier pour qualifier ces collégiens dont les parents ne peuvent s'occuper après les cours, travail oblige.
"C'est plus calme que chez moi, et puis y a pas la télé"
Au collège Evariste Gallois situé au beau milieu de la cité du Parc, on "expérimente" ces études du soir depuis trois ans. Une quarantaine d'élèves est inscrite. Visiblement, la satisfaction est là. "Mon établissement cumule tous les labels, —ZEP, Zone violente, quartier sensible...—, explique le principal, Gilles Valendina. Et bien souvent, les cours terminés, les élèves vont traîner dans la rue et faire leur devoir à l'emporte-pièce parce qu'ils n'ont pas la chance d'être aidés chez eux. Grâce à ce dispositif, on leur donne les moyens de travailler efficacement."
Par petit groupe, deux fois par semaine pendant une heure et demi en moyenne, les élèves apprennent leur vocabulaire d'anglais, récitent leur leçon d'histoire ou travaillent leur algèbre sous la houlette d'un enseignant ou d'un assistant, tous recrutés sur la base du volontariat. L'enfant bénéficie d'un appui méthodologique, de conseils, de relecture... Et autres avantages qu'ils n'ont pas toujours chez eux. Ouvertes à tous, ces études du soir sont néanmoins réservées en priorités aux enfants rencontrant des difficultés. Pas d'obligation mais l'enfant s'engage à être assidu et ses parents y veillent.
La langue légèrement sortie comme pour mieux se concentrer, Marc, 12 ans, s'applique à son exercice de mathématiques. A ses côtés, André Landrain, professeur de français, veille à ce que l'élève de 6e fasse bien ses devoirs. Parallèlement, il chapeaute deux autres "grands" de 5e. Au programme pour ces garçons, la factorisation. "L'autre fois, j'ai eu 9 sur 10 en maths", se réjouit Marc. Mais c'est l'anglais maintenant que je n'aime pas trop". Moue dégoûtée du gamin. C'est le conseiller principal d'éducation qui lui a proposé ces études. "Au moins ici, c'est plus calme que chez moi et puis y a pas la télé", dit-il d'un petit sourire entendu. "C'est une aide réelle et concrète aux élèves, témoigne André Landrain. Et puis, il y a des rapports plus humains que lorsque j'enseigne devant une classe complète." Le principal Gilles Valendina de conclure : "l'an dernier, 50% des élèves en ont tiré un vrai bénéfice. Peut être auraient-ils décroché sans ces études."
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