Image extraite de la campagne contre les violences conjugales (2005) © LCIDepuis le début de l'année, une femme meurt en moyenne tous les trois jours en France, "victime de violences conjugales", selon un recensement national faisant état de personnes décédées, rendu public mercredi par la ministre déléguée à la Cohésion sociale et à la Parité, Catherine Vautrin. Sur la même période, un homme a succombé tous les 14 jours, suite à des violences de la part de son conjoint . Depuis le 1er janvier, 113 homicides ont été commis, dont 83% des victimes sont des femmes, précise ce rapport réalisé conjointement avec la police et la gendarmerie. 18 des ces décès recensés sont dus à des femmes, mais 12 d'entre elles ont d'abord été victimes de violences de la part de leur compagnon.
D'après ce document, la séparation apparaît toujours comme une période à risque, puisqu'elle intervient dans presque la moitié des cas (41%). Dans plus de la moitié des homicides, les auteurs sont en inactivité et l'alcool est présent dans un quart des faits. Il souligne également que 10 enfants de moins de six ans ont été tués depuis le début de l'année, dans le cadre de violences conjugales.
"Cause nationale" en 2008 ?
La ministre déléguée à la Cohésion sociale et à la Parité a annoncé d'autre part que le gouvernement allait lutter contre les difficultés de logement des femmes victimes en travaillant avec les bailleurs sociaux, pour faire lever la clause de solidarité figurant dans la plupart des contrats de bail, lorsqu'elles souhaitent quitter le domicile conjugal. La levée de cette clause permettrait ainsi de faciliter l'attribution de logements sociaux aux personnes en instance de divorce.
Enfin, Catherine Vautrin a annoncé la mise en place d'un numéro de téléphone unique à quatre chiffres pour l'écoute et l'assistance des victimes, à partir de janvier 2007. "C'est un fléau qui touche absolument tous les milieux", a souligné la ministre, qui propose d'en faire une "cause nationale" en 2008. Outre les conséquences sur les personnes, le coût économique des violences conjugales (englobant les hospitalisations, les coûts pour la police et la justice ou encore la consommation de psychotropes) est évalué par le gouvernement à un milliard d'euros par an.
Un tiers des Français pense qu'une femme de leur entourage subit des violences |
Selon un sondage CSA paru mercredi dans Le Parisien pour Amnesty international France, 30% des Français pensent qu'une femme de leur entourage subit ou a subi des violences conjugales. 75% estiment que les pouvoirs publics n'agissent pas de manière suffisamment efficace pour lutter contre ce fléau, malgré la promulgation d'une loi le 4 avril, qui a notamment porté l'âge légal du mariage pour les filles à 18 ans au lieu de 15 et aggravé les peines en cas de violences entre conjoints ou ex-conjoints. |
(D'après agence)
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