Un Français sur deux redoute de devenir SDF

Par F.L., le 06 décembre 2006 à 15h43 , mis à jour le 06 décembre 2006 à 16h45

Tomber dans la grande pauvreté, ça n'arrive pas qu'aux autres, estiment 48% des sondés d'une étude BVA pour Emmaüs-La Vie-L'Humanité.

Fouad, sans domicile fixe de 33 ans, votera socialiste le 22 avril 2007Fouad, sans domicile fixe de 33 ans, votera socialiste le 22 avril 2007. © Stéphanie MORBOIS/LCI

L'image de l'exclusion et des exclus a beaucoup évolué. Et de plus en plus de Français se sentent potentiellement concernés, révèle un sondage BVA pour l'Association Emmaüs-La Vie-L'Humanité : 48% des sondés estiment qu'ils pourraient eux-mêmes devenir un jour SDF. Une inquiétude qui touche 62% des 35-49 ans ; la proportion grimpe jusqu'à 74% chez les ouvriers. A l'opposé, seuls 35% des sondés jugent peu probable de se retrouver sans logement, et à peine 17% s'en disent totalement protégés. Une crainte très partagée, doublée d'une vision pessimiste des perspectives de ceux qui se retrouvent à la rue : seulement 17% des Français envisagent une amélioration à venir de la situation des sans-abri, contre 40% qui estiment que leur situation va se dégrader.

Autre constat de cette enquête : 85% des Français ont le sentiment que le nombre de SDF a augmenté ces dernières années. Interrogés sur les causes ayant conduit des personnes à se retrouver sans-abri, ils jugent que cette situation ne résulte pas d'un choix délibéré : seulement 6% des Français estiment que les SDF "ont choisi ce mode de vie". Et pour 70% des Français, ce sont des "situations économiques difficiles" qui conduisent à l'exclusion plus que "des histoires personnelles difficiles" (23%). Parmi les raisons qui font le plus craindre de devenir SDF arrivent en tête le surendettement (31%), un licenciement (21%), la maladie (20%), une séparation (10%).

96% des sondés pour l'ouverture de centres d'hébergement d'urgence

Fait significatif, cette étude, réalisée à la fois auprès d'un échantillon représentatif de la population, et de SDF, interrogés en 2005 notamment dans des centres d'hébergement, montre une convergence de vue sur la situation sociale des sans-abri : les Français, comme les SDF, pensent que 11% des personnes à la rue sont des "travailleurs pauvres". En revanche, quand il s'agit de savoir comment ils occupent leur journée, les réponses des Français diffèrent de celles des SDF eux-mêmes. 47% des Français pensent qu'ils "marchent en attendant que la journée se passe", 38% qu'ils font des démarches "pour trouver un emploi, un logement". Les SDF eux-mêmes établissent un autre ordre de priorités : en premier, les démarches pour sortir de l'exclusion ; en deuxième position, aller "dans un accueil de jour pour rencontrer un travailleur social".

Ce sondage constitue aussi un jugement sévère pour les politiques, puisque 45% des personnes interrogées estiment que le problème des SDF pourrait être résolu définitivement, avec une volonté politique suffisante. Enfin, pour qu'il y ait moins de SDF dans les rues, les Français sont 92% à préférer l'augmentation des travailleurs sociaux à "la présence des forces de l'ordre". Et 96% des sondés approuvent l'ouverture de centres d'hébergement d'urgence, y compris dans leur quartier (88%).

Une proposition qui rejoint celle de l'association Emmaüs elle-même. Celle-ci préconise "six idées neuves et concrètes" qu'elle soumet aux pouvoirs publics et aux candidats à la présidentielle  : plus de centres d'hébergement d'urgence, plus d'efforts pour l'emploi des exclus, des "auberges" adaptées à l'accueil des travailleurs pauvres, plus de logements sociaux et un meilleur financement des associations de lutte contre l'exclusion.

Par F.L. le 06 décembre 2006 à 15:43
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

5 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Tisaintois, le 06/12/2006 à 18h00

    Ces milliers de SDF c'est à notre époque la chose la plus scandaleuse en France, C'EST INADMISSIBLE! Gauche, Droite, personne n'agit il n'ya aucune volonté politique pour que cela change et chaque année c'est de pire en pire. Triste France... elle loge les immigrés et meme les sans papiers allant jusqu'à réquisitionner des Hotels... MAIS ELLE EST INCAPABLE D'EN FAIRE AUTANT POUR SES CITOYENS LES PLUS DEMUNIS!!! POURQUOI???

  • Jean-claude, le 06/12/2006 à 17h43

    C'était quand , déjà, l'abbé Pierre ??? c'est loin , le siècle dernier, mais la misère s'accroit avec l'enrichissement du pays.. Normal tout ça ? ben voyons ...

  • Yann, le 06/12/2006 à 17h30

    N'importe quoi, ca devient du délire collectif ces sondages. Moi, si on me demandait : redoutez-vous d'être transformé en crapeau ? Soyez certains que je répondrai oui !

  • Cathy, le 06/12/2006 à 17h13

    C'est vrai je me sens concerné par votre article, car je vis en dessous du seuil de pauvreté (420 euros par mois) je bénis chaque jour mes parents qui sont là pour moi mais les français n'ont qu'à réagir en faisant des actions car nos politiques ne comprennent rien au peuple. le peuple ne sert qu'à payer payer c'est tout. actuellement leurs belles paroles me font rire, car je suis persuadé qu'ils ne savent pas le coût de la vie, au vue des salaires qu'ils gagnent, je pense que la misère va encore augmenter dans les années à venir, en france il n'y a plus d'espoir le pays est trop endetté. quitter le navire avant qu'il ne soit trop tard surtout les jeunes

  • Gilberte, le 06/12/2006 à 17h06

    Les classes moyennes sont désormais atteintes par la précarité. Certains parents travaillent mais ne mangent pas au déjeuner, pour qu'il y ait quelquechose dans l'assiette le soir.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience