Marche silencieuse dimanche 3 décembre 2006 en hommage à Julien Quemener, tué après un matche PSG-Tel Aviv © TF1-LCISous une pluie fine et dans un ambiance tendue mais calme, 1200 personnes (selon la police) ont défilé dans le calme, dimanche en fin de matinée, autour du Parc des Princes et vers la porte de Saint-Cloud, à Paris, dans le XVIe arrondissement, pour rendre hommage à Julien Quemener. Les forces de l'ordre, d'une présence discrète, étaient stationnées dans les rues adjacentes : une demi-douzaine de cars de gendarmes étaient postés à 200 mètres des lieux et les policiers autour de la marche étaient en civil. Ils ont invité les journalistes, souvent pris à parti par les manifestants, à ne pas se mêler au défilé. Seul le président des Boulogne Boys est venu dire quelques mots à la presse, expliquant que les journalistes étaient écartés pour "éviter de faire monter la pression".
Arrivé porte de Saint-Cloud, les manifestants, beaucoup de jeunes hommes, le visage parfois caché derrière leur écharpe du PSG, se sont assis quelques minutes et ont ajouté des gerbes de fleurs à la stèle disposée à l'endroit où Julien Quemener, 25 ans, a été tué par un policier le 23 novembre lors d'incidents ayant suivi le match PSG-Hapoël Tel-Aviv. Le parquet a retenu la légitime défense. Des petits mots étaient déjà inscrits autour de la stèle : "Tout ça pour rien", "Plus jamais ça", "Toi, si gentil", "Repose en paix Julien, KOB (Kop Boulogne, ndlr", mais aussi "Pouvoir assassin"... Le défilé était précédé d'une banderole : "Que justice soit faite". Les manifestants se sont dispersés une heure après le début de la marche, dans le calme.
Le président du PSG, Alain Cayzac, invité dimanche de l'émission télévisée Stade 2, s'est dit "satisfait et soulagé" que la marche se soit déroulée "sereinement et dans le recueillement". Le président de la Ligue de football professionnel (LFP), Frédéric Thiriez, avait prôné plus tôt sur France Inter une "interdiction administrative à titre préventif", qui permet de retenir au commissariat pendant un match "quelqu'un de défavorablement connu pour son comportement violent". Faisant la distinction entre "l'interdiction judiciaire (de stade), qui suppose qu'un individu ait commis un délit" et "l'interdiction administrative (de stade) à titre préventif, où il n'y a pas besoin de délit", il a reconnu que l'application de cette interdiction administrative de stade -"un texte (de loi) récent voté cette année"- posait "quelques difficultés juridiques". "Mais maintenant, il faut mettre en vigueur à grande échelle (cette interdiction de stade administrative) car (les hooligans) n'ont rien à voir avec le football", a poursuivi M. Thiriez. "Le championnat de football ne doit pas être un championnat de combat de rue".
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