Evacuation mouvementé d'un campement pour SDF installé à Strasbourg par Les Enfants de Don Quichotte © TF1/LCIAprès Paris, Toulouse, Lyon, Marseille, Nice, le mouvement s'est poursuivi samedi : une vingtaine de tentes à Strasbourg, une trentaine à Bordeaux... Les Enfants de Don Quichotte ne veulent pas relâcher la pression. Et continuent à planter leurs campings pour SDF pour assurer une visibilité maximale aux sans-abri en plein coeur des villes. Et de la campagne électorale...
A Strasbourg, l'association a installé, samedi en début d'après-midi, 22 tentes sur la place Broglie, devant la préfecture et l'hôtel de ville. L'installation avait été décidée il y a 10 jours mais le lieu tenu secret. Durant près de deux heures, une cinquantaine de personnes parmi lesquelles le porte-parole des Verts Yann Wehrling ont tenu un sit-in devant les tentes avant que les policiers les délogent. Des élus socialistes étaient également présents lors de l'installation de ce premier campement tandis que de nombreux sans-abri et mal-logés étaient venus s'inscrire pour obtenir une des 30 tentes qui devaient être montées. Après l'intervention de la police, une quinzaine de tentes ont été replantées en fin d'après-midi une centaine de mètres plus loin - sur les quais près de la place de la République - après qu'une délégation eut obtenu une autorisation jusqu'à lundi auprès du sous-préfet.
32 tentes en bordure d'un quartier huppé de Bordeaux
A Bordeaux, même opération, avec plus de réussite. Trente-deux tentes, identiques à celles du campement du Canal Saint-Martin à Paris, ont été installées vers midi sur les allées de Tourny, à côté du Grand-Théâtre de Bordeaux, en bordure d'un quartier commerçant et huppé de la ville. Emmaüs, qui a fourni les tentes, proposait également des boissons chaudes, voire des repas. Un médecin du Samu social avait été également sollicité. Dans l'après-midi, de nombreux SDF, parfois avec leurs chiens, avaient déjà pris possession de tentes. A l'entrée, certains avaient écrit leur prénom sur un bout de carton.
Une opération que prévoyait et redoutait visiblement la mairie de Bordeaux : jeudi, elle avait rappelé dans un communiqué qu'elle restait "fortement mobilisée" sur la question des sans domicile fixe. Hugues Martin, député (UMP) de la Gironde et premier adjoint du maire de Bordeaux Alain Juppé, avait de son côté jugé "indécent de 'prendre en otage' une population en difficulté". Lors d'une conférence de presse, organisée le même jour, le président (PS) du conseil général de Gironde, Philippe Madrelle, avait jugé que l'accès au logement d'urgence reste "difficile" dans le département, qui compte environ 2000 personnes sans domicile fixe, en raison de lieux d'accueil collectifs insuffisants.
D'après agence
Lille : le DAL se désolidarise des Enfants de Don Quichotte |
L'association Droit au logement (DAL) s'est désolidarisée dimanche de l'initiative menée à Lille par le collectif Les enfants de Don Quichotte, en expliquant s'être sentie "très seule" pour contrôler une situation à laquelle elle n'était "pas préparée". Le campement, installé jeudi avec le soutien notamment du DAL, est devenu "un squat à ciel ouvert" et "attire une faune un peu interlope, des personnages hauts en couleur, quelques fois difficiles à gérer", a déclaré le président régional de l'association, Philippe Deltombe. "On veut bien apporter le coup de main, mais on ne peut se charger de toute la logistique, ce n'est pas possible", a-t-il dit, en soulignant qu'il avait simplement offert au départ au collectif "une aide amicale". |
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