Après la pollution, des risques de cancer ?

le 12 janvier 2007 à 16h02 , mis à jour le 12 janvier 2007 à 16h14

Le fioul répandu par le pétrolier, après son naufrage en 1999 pourrait entraîner des risques de cancer au vu de ses effets sur l'ADN humain.

Erika pétrolier naufrage vue aérienne © INTERNE

Décembre 1999. Le pétrolier Erika fait naufrage, son fioul se répand. 10.000 des 31.000 tonnes de sa cargaison se répandent sur 400 kilomètres de côtes bretonnes. Face à cette catastrophe écologique, des centaines de bénévoles tentent de nettoyer les plages et de sauver les oiseaux englués dans la marée noire.

Selon une étude menée par des chercheurs de l'Ecole nationale supérieure agronomique de Toulouse (Ensa) (1), ce fioul pourrait entraîner des risques de cancer au vu de ses effets sur l'ADN humain. "L'étude d'échantillons de cultures cellulaires de moules et de poissons, prélevés pendant 11 mois sur les côtes souillées par l'Erika, indique une modification des structures ADN, première étape dans le développement possible de cancers", a expliqué mercredi Annie Pfohl-Leszkowicz, professeure de toxicologie et sécurité alimentaire à l'Ensa, et dont le laboratoire est associé au CNRS.

"Comme pour Tchernobyl"

Les recherches, qui ont utilisé des cultures cellulaires humaines d'extraits de poumons et de foies et du fioul de l'Erika, ont conclu à des modifications des programmes génétiques, a ajouté la scientifique pour qui "l'on n'a pas pris assez de précautions quant aux protections des personnes ayant nettoyé les plages souillées par la marée noire du pétrolier". "Ceux qui ont travaillé avec des masques en papier et des gants, et surtout ceux qui, à mains nues, ont soigné les oiseaux, n'ont pas capté le risque", a précisé Mme Pfohl-Leszkowicz, qui parle de risques "minimisés" par les autorités "comme pour Tchernobyl".

La chercheuse parle d'"effet de potentialisation" des différents produits contenus dans l'Erika, dont du fioul de type "Bunker C", des hydrocarbures polycycliques aromatiques et hydrocarbures polyhétérocycliques contenant notamment du soufre. Le groupe français Total, affréteur du pétrolier, a toujours affirmé que l'Erika transportait une cargaison "homogène" de fioul lourd numéro 2. Le procès de l'Erika, dans lequel est notamment poursuivi Total, doit s'ouvrir le 12 février.

(1) Travaux menés par Agnès Amat-Bronnert, sous la direction de Mme Pfohl-Leszkowicz. Ils font l'objet d'une publication ce mois-ci dans la revue scientifique anglaise Environmental Toxicology and Pharmacology.

le 12 janvier 2007 à 16:02
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4 Commentaires

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  • Duboulou, le 12/01/2007 à 19h12

    Les déficits économiques français proviennent entre autres de mauvaises gestions durables et de grands gaspillages connus. Ce ne sont pas des déclarations lapidaires électoralistes qui les résoudront.

  • Antoine, le 12/01/2007 à 19h09

    Il y a évidemment des HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques)dans le fuel lourd ,comme par exemple celui qui est brûlé dans les centrales thermiques EDF pour fournir votre électricité. Il y en a également dans les bunkers qui sont des produits finis répondant à des spécifications commerciales précises (bunker est le nom commercial du fuel utilisé comme carburant pour propulser les navires !). Quant à la toxicité de ces produits, sachez que vous absorbez plus de HAP chaque week-end en mangeant une viande grillée sur votre barbecue avec du charbon bois qu'en participant aux chantiers de dépolution de l'Erika ! Toute cette agitation médiatique n'est que de la désinformation destinée à faire pression sur la justice à quelques jours de l'ouverture du procès !

  • Sophrone, le 12/01/2007 à 18h51

    Encore un thème à l'intention du grand public pour lui faire peur. Il n'y a pas un début de preuve d'une toxicité quelconque chez l'être humain. Les études relatées ne font état, en effet, que de modifications du DNA dans des cultures cellulaires de moules... Pour le laboratoire de l'ENSA de Toulouse, l'intérêt du procédé qui consiste à affoler par voie médiatique est, en fait, très vraisemblablement qu'il pourra escompter, pour les années à venir, de plus substantielles subventions. La vérité vient malheureusement au second plan.

  • Luce, le 12/01/2007 à 18h19

    Et voilà comment des personnes courageuses vont payer de leur vie peut-être leur travail. Révoltant. Vivement la fin du pétrole, la fin du tout voiture et du tout avion. Moi j'ai déjà modifié mon mode de vie pour ne plus utiliser (ou presque) de pétrole; j'ai hâte que ça se généralise. Cela sauvera bien des vies.

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