L'abbé Pierre, début 2007 © LCIVillepin : l'abbé Pierre "manquera à tous les Français"
L'abbé Pierre "nous a montré la voie de la générosité individuelle et collective, il manquera à tous les Français", a déclaré lundi le Premier ministre Dominique de Villepin. Dans un communiqué, le Premier ministre a exprimé "beaucoup de tristesse" après le décès du fondateur des compagnons d'Emmaüs et salué "la mémoire d'un homme de coeur et d'engagement, qui a montré à tous le chemin vers les plus démunis". "L'abbé Pierre a été, toute sa vie durant, une force d'indignation capable de faire bouger les coeurs et les consciences", "il s'est consacré sans relâche à aider les plus pauvres à tracer leur chemin", a ajouté Dominique de Villepin.
Nicolas Sarkozy : "l'abbé Pierre était la voix de l'insurrection"
"Avec la disparition de l'abbé Pierre, le coeur de la France est en berne", a déclaré lundi Nicolas Sarkozy. "De la résistance à l'appel de 1954, de la création d'Emmaüs à son combat contre toutes les formes d'injustice, l'abbé Pierre était la voix de l'insurrection et de l'interpellation. C'était un homme de combat", a-t-il poursuivi. Selon lui, "entre le fatalisme et le cynisme, sa foi et son immense charisme nous ont entraînés sur les chemins de la bonté et de l'action". "Pendant plus d'un demi siècle, l'abbé Pierre a invité les Français à ne jamais baisser le regard, ni les bras, devant la misère humaine. Son combat peut se résumer à un message plus actuel que jamais : celui de la dignité", a estimé le président de l'UMP.
Jacques Chirac : "toute la France est touchée au coeur"
Jacques Chirac s'est dit lundi matin "bouleversé d'apprendre le décès de l'abbé Pierre". Le président de la République a jugé qu'"avec cette disparition, c'est toute la France qui est touchée au coeur. Elle perd une immense figl'admirable appel de l'hiver 54ure, une conscience, une incarnation de la bonté". Jacques Chirac a souligné que l'abbé Pierre "représentera toujours l'esprit de révolution contre la misère, la souffrance, l'injustice et la force de la solidarité".
"Prêtre engagé dans la résistance et la lutte en faveur des déshérités, l'abbé Pierre aura été de tous les justes combats", a ajouté le chef de l'Etat, rappelant qu'il avait été élevé au grade de Grand Croix de la Légion d'Honneur.
Philippe Douste-Blazy : "poursuivre son combat"
Le ministre des Affaires étrangères, a estimé que l'abbé Pierre avait "donné une figure et un visage à l'humanisme" et s'est dit "certain" que la fondation Emmaüs saurait "poursuivre son combat". L'abbé Pierre "incarnait un exemple de don de soi, de service pour les autres", et "laisse à notre pays un message et une exigence d'action auprès des plus humbles et des plus démunis", a estimé le ministre.
Ségolène Royal : "Son esprit de combat est toujours utile"
Ségolène Royal, candidate socialiste à l'élection présidentielle, a affirmé que "le long cri de colère de l'abbé Pierre contre la pauvreté ne devait pas s'éteindre". "Le combat de sa vie pour les mal-logés reste hélas d'actualité. Son esprit de révolte doit se poursuivre pour apporter à tous la sécurité et la dignité du logement", a assuré Ségolène Royal. "Son esprit de combat est toujours utile", a-t-elle encore estimé en indiquant l'avoir rencontré à plusieurs reprises et ajoutant que l'abbé Pierre avait "raison de secouer les politiques". La candidate socialiste s'est "engagée à ce que les exigences qu'il a portées débouchent enfin sur des actes concrets et notamment par des réquisitions des logements vacants spéculatifs et par la construction d'un nombre suffisant de logements sociaux". "L'hiver 2008 devra en apporter la preuve", conclut Mme Royal.
Arlette Laguiller : "larmes hypocrites" des politiques
Arlette Laguiller, candidate de Lutte ouvrière à l'Elysée, a pointé lundi "les larmes hypocrites" de dirigeants politiques, alors qu'ils sont "responsables, à bien des titres, de la misère et des maux qu'il combattait". "La mort de l'Abbé Pierre suscite, à juste titre, une grande émotion dans l'opinion. Emotion sincère dans les classes populaires et quelque peu hypocrite parmi ceux, députés, ministres, présidents de ceci ou de cela, qui dirigent le pays", a-t-elle affirmé. Selon la candidate de LO, "le combat de l'Abbé Pierre n'était pas dirigé contre le système économique", mais "il s'est dévoué de son mieux pour panser les plaies autant qu'il le pouvait".
Michèle Alliot-Marie : son élan de solidarité ne s'éteindra pas
"La disparition de l'Abbé Pierre, c'est, au-delà de l'homme de foi, un combattant qui vient de s'éteindre. Résistant, député, l'abbé était un homme de combat autant qu'un homme de générosité et d'espérance. L'élan de solidarité que l'Abbé Pierre avait su susciter lors de l'hiver 1954 ne s'éteindra pas et son engagement passionné en faveur des plus démunis et des plus humbles continuera à être un exemple pour tous".
Pierre Mauroy : son message dépassait celui de la solidarité
Pour l'ancien Premier ministre socialiste, "l'Abbé Pierre pouvait tout se permettre car ce qu'il disait ne procédait d'aucune idéologie ni d'aucune doctrine. C'était un appel à la conscience et une aspiration à l'action concrète. Son message dépassait celui de la solidarité, de l'assistance ou de la charité, il était celui de la compassion, du partage absolu et de la lutte contre la souffrance".
François Hollande : l'Abbé Pierre a engagé un mouvement "qui le dépasse"
François Hollande, premier secrétaire du parti socialiste, souligne que la force de l'Abbé Pierre "aura été d'engager un mouvement qui le dépasse lui-même", et que son appel "résonnera avec la même intensité tant qu'une personne en France - et dans le monde - restera sans abri". "Il a créé Emmaüs; il a suscité une multitude d'initiatives pour les mal-logés; il a bousculé le désordre établi", note François Hollande. "Au-delà des mots, des incantations et même des lois, le meilleur hommage que l'Abbé Pierre puisse recevoir c'est la mise en oeuvre d'une politique du logement garantissant effectivement un toit et une dignité pour chacun. C'est le devoir des socialistes", conclut-il.
Bertrand Delanoë : "sa quête demeure plus que d'actualité"
Le maire PS de Paris Bertrand Delanoë a salué "la mémoire l'abbé Pierre, l'une des figures marquantes de la France contemporaine", soulignant que "sa quête demeurait malheureusement plus que d'actualité, notre pays affrontant des situations d'exlusion et de pauvreté sans précédent. Le fondateur d'Emmaüs restera l'homme de l'hiver 54, engagé dans un combat inlassable pour le respect de la dignité et le droit de chacun à disposer d'un toit", a déclaré Bertrand Delanoë. "Son message constitue le plus exigeant des héritages et nous convie à placer le défi du logement au coeur de tout projet de société", a aussi estimé le maire de Paris, en adressant "une pensée amicale à tous les compagnons" d'Emmaüs.
Bernard Kouchner : un "abbé de combat"
Bernard Kouchner, le fondateur de Médecins sans Frontières, s'est dit "bouleversé" lundi par la mort de l'abbé Pierre, un "abbé de combat" auprès de qui il a "beaucoup appris". "Je suis vraiment heureux d'avoir à ma petite mesure appris la leçon de sa colère, de son illégalité lorsqu'il fallait, de son ingérence, de cette loi du tapage qu'il a inventée en 1954 dans l'insurrection de la bonté qui a caractérisé cette période, de la bataille éternelle contre le malheur pour les sans-logis", a-t-il expliqué sur France Inter. "Je crois qu'il faudra revenir longuement sur cette formidable manière qu'il avait de se mêler de ce qui ne le regardait pas", a-t-il ajouté. "C'était le contraire d'un abbé de cour et je pense à cette vie si riche, tellement humaine entre Dieu et le péché, entre le combat et l'admiration pour tous ceux qui résistaient dans la vie", a-t-il dit, soulignant sa "joie de l'avoir connu". Bernard Kouchner avait écrit avec l'abbé Pierre un livre d'entretiens "Dieu et les hommes", publié en 1993.
Laurent Fabius suggère le Panthéon
Laurent Fabius, ancien Premier ministre socialiste, a suggéré lundi que l'abbé Pierre, qui a été "au plus profond et au meilleur de nos coeurs", entre au Panthéon. Laurent Fabius a appelé à "prolonger l'engagement de l'abbé Pierre en relevant le défi de la construction massive de logements sociaux". "La mort de l'abbé Pierre est une immense peine. Immense comme l'était sa générosité et sa révolte, depuis des années contre toutes les injustices", a-t-il dit.
Jean-Marc Ayrault : "Dans nos mémoires"
De son côté, Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, a souhaité que le fondateur des compagnons d'Emmaüs "reçoive l'hommage de toute la Nation". L'abbé Pierre "restera dans nos mémoires aux côtés de Schoelcher, Hugo, Zola, Jaurès et de tous ceux qui ont donné leur voix, leur énergie et leur courage à ceux qui n'ont rien. Et cette voix doit continuer de résonner comme un appel aux consciences", a déclaré Jean-Marc Ayrault.
Soeur Emmanuelle perd "un ami très cher et un maître à penser"
"En plusieurs occasions, il m'a fait un choc et m'a révélé ce qu'est l'amour authentique et universel", écrit la fondatrice de l'association des Chiffonniers du Caire dans un communiqué. "Alors que transportée de joie je lui faisais part de l'ouverture de ma première école dans le bidonville, après une minute de silence, il me dit simplement avec une ombre sur le visage : 'Et les autres ?'", se souvient-elle. "J'ai toujours admiré à quel point il se dressait seul devant de terribles injustices et fustigeait sans concession tous ceux qu'il estimait pouvoir agir. Ma prière l'accompagne sur son chemin d'éternité", conclut-elle.
Dalil Boubakeur salue un "homme de Dieu" voué aux "humbles"
Le recteur de la mosquée de Paris et président du Conseil français du culte musulman, a salué lundi avec un "profond respect" la mémoire de l'Abbé Pierre, cet "homme de Dieu" qui a consacré sa vie "à la défense des humbles". "Nous nous associons au deuil national et à la peine profonde que suscite la perte de cette grande voix qui exprime si fort le sentiment de révolte des pauvres du monde entier", a-t-il conclu.
Michel Delebarre : son combat est d'une brûlante actualité
Le président de l'Union sociale pour l'habitat (mouvement HLM), maire PS de Dunkerque a estimé qu'"aujourd'hui, son combat est toujours d'une brûlante actualité. La plus belle manière de saluer aujourd'hui sa mémoire doit être un engagement de la collectivité dans un soutien décisif à la production de logements, permettant de répondre aux besoins de tous ceux, qu'ils soient démunis ou aient simplement des moyens modestes, qui ne trouvent pas à se loger de manière satisfaisante".
Monseigneur Stanislas Lalanne : "son action source d'espérance pour beaucoup"
L'abbé Pierre était le "pèlerin des sans-droits, combattant pour la dignité", a déclaré lundi monseigneur Stanislas Lalanne, secrétaire général de la Conférence des évêques de France, sur LCI. "Je crois qu'aujourd'hui son action va porter du fruit et être source d'espérance pour beaucoup", a-t-il ajouté, alors que le projet de loi sur le droit au logement opposable a été présenté mercredi en conseil des ministres. "Il a passé son temps à réveiller les consciences et à réveiller les trésors de générosité qu'il y a en tout homme", a-t-il insisté. Mgr Lalanne a souligné le caractère "absolument génial" de l'initiative des compagnons d'Emmaüs où "les plus pauvres étaient appelés à se prendre en main eux-mêmes: il a redonné la dignité à des gens qui pensaient qu'il n'y avait plus aucune issue".
Mgr Jacques Gaillot : l'Abbé Pierre était "un citoyen du monde"
Pour l'ancien évêque d'Evreux, interviewé par France 3, l'Abbé Pierre "dépassait les frontières, les partis, il ne se faisait pas récupérer". "Il refusait l'injustice d'où qu'elle vienne, il refusait la fatalité (...) Il a aidé les pauvres à devenir responsables, il a porté leur espérance", a-t-il ajouté, rappelant que l'Abbé ne faisait "pas de différence entre les puissants et les pauvres. Il s'adressait à tous de la même façon". Dans son combat contre la misère, "il a été comme une semence, il était content qu'il y ait les Enfants de Don Quichotte, que d'autres prennent sa suite", a encore déclaré Mgr Gaillot. Interrogé à propos d'un éventuel hommage national, il a estimé que "l'Abbé Pierre appartient à l'humanité, il faut lui laisser cet honneur".
Augustin Legrand : "on est tous les deux révoltés"
Augustin Legrand, fondateur des Enfants de Don Quichotte, s'est vu "peut-être un point en commun" avec le religieux décédé. "On est tous les deux révoltés. Evidemment, on sait qu'il y a des solutions pour sortir ces gens-là de la rue", a dit Augustin Legrand, depuis l'Afrique du Sud où il est en tournage. "Cette révolte qu'il a eue lui, moi, je l'ai de la même manière et je crois que je l'ai aussi parce que j'ai partagé des moments de ma vie avec ces sans-domicile en dormant avec eux sur des cartons. Je pense à tous ces gens-là dont on devrait s'occuper et cela me révolte énormément", a-t-il ajouté.
Xavier Bertrand : "L'abbé Pierre, l'homme l'indignation salutaire"
Xavier Bertrand, ministre de la Santé et des Solidarités : "L'abbé Pierre, c'est avant tout l'homme de l'indignation, de l'indignation salutaire, de la dignité de l'Homme au coeur des situations qui en semblent le plus dépourvues", a déclaré Xavier Bertrand. "Le message qu'il fait passer" à l'hiver 1954 "sonne comme un rappel des valeurs de solidarité qui doivent toujours nous animer", poursuit le ministre. "Ce combat pour le logement, ce combat pour la dignité humaine ne peuvent pas cesser avec le décès de l'abbé Pierre. C'est à son action, c'est à sa mobilisation sans faille au service des plus démunis, c'est à cette voix qui porte au coeur de tous nos concitoyens, c'est à cette conscience que nous rendons hommage aujourd'hui", conclut Xavier Bertrand.
François Bayrou : un homme qui "marqué le siècle"
François Bayrou, candidat UDF à la présidentielle, a affirmé lundi que l'abbé Pierre laissait "une oeuvre humaine formidable" et avait "marqué le siècle". "Des milliers et des milliers d'hommes sans espoir ont pu se reprendre en main, se remettre debout en refusant tout appel à l'assistance. Ils sont debout parce que ce petit homme-là en soutane, avec ce caractère indomptable a voulu leur tendre la main", a-t-il dit sur France Inter. François Bayrou a "un attachement particulier" pour cet homme, qui a été "député de sa famille" politique (ndlr : MRP, démocrates chrétiens).
Valéry Giscard d'Estaing : "des obsèques nationales"
Valéry Giscard d'Estaing, ancien président de la République, a demandé "des obsèques nationales" pour l'abbé Pierre. "La France ne sera la plus la même sans l'abbé Pierre", écrit Valéry Giscard d'Estaing. "Il apportait la preuve que les élans du coeur n'ont pas de limite".
Jean-Claude Gaudin : "Un homme de foi qui a voué sa vie aux plus petits"
Pour le sénateur-maire UMP de Marseille, l'abbé Pierre était un "homme de foi qui a voué sa vie aux plus petits, aux plus pauvres et aux plus fragiles. Dans l'Evangile, il est dit que la foi permet de transporter les montagnes: c'est ce que l'abbé Pierre a réussi à faire tout au long de sa vie. Je souhaite de tout coeur que son oeuvre se poursuive, se développe et que nous, hommes politiques, nous n'oubliions jamais que l'Homme doit être au coeur de notre engagement".
Jean-Louis Borloo : "Sa voix a été entendue"
Le ministre de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement, a salué lundi, "avec une profonde émotion" la mémoire de l'abbé Pierre, affirmant que son action "au service des autres" a "porté" et que "sa voix a été entendue". "Sa détermination sans faille, son indignation répétée, sa lutte permanente contre les fatalismes, les archaïsmes de nos systèmes, pour réduire l'injustice sociale, nous donnent l'exemple que nous pouvons ensemble changer les choses", a aussi affirme le ministre. Selon Jean-Louis, "le plus bel hommage sera le vote prochain par les parlementaires, dont il fut, de la loi sur le logement opposable, une loi qui pourrait porter son nom, une manière de maintenir toujours vivante sa mémoire et son action."
Jean-Louis Debré : l'abbé Pierre "a interpellé plusieurs générations de parlementaires"
Le président de l'Assemblée nationale a exprimé lundi sa "grande tristesse" à l'annonce du décès de l'abbé Pierre, qui "restera une personnalité marquante de notre époque" par son combat pour la liberté de la France et son action en faveur des plus défavorisés. L'abbé Pierre "a interpellé plusieurs générations de parlementaires quand il s'est engagé, avec courage et détermination, en faveur des sans-abri, des sans travail, et vis-à-vis des plus pauvres, les plus démunis de notre société", a-t-il poursuivi.
Georges Fenech (UMP) : "Donner à loi sur le droit au logement le nom de l'abbé Pierre"
Le député UMP Georges Fenech, président du groupe d'étude parlementaire sur les sans-abri, a proposé lundi de donner à la future loi sur le droit au logement opposable le nom de l'Abbé Pierre. "La classe politique est dorénavant face à une exigence morale de faire triompher le combat d'une vie consacrée aux sans-abri et aux plus démunis", a fait valoir le député du Rhône.
Mgr Jean-Pierre Ricard : "Je prie pour tous ceux qu'il a aidés"
L'archevêque de Bordeaux et Président de la Conférence des évêques de France a salué la générosité de l'abbé Pierre, qui avait réussi à "briser l'indifférence" dont étaient victimes les plus démunis. "L'abbé Pierre a rejoint le Père. Que Dieu l'accueille maintenant dans la plénitude de son Amour. Je prie pour tous ceux qu'il a aidés, dont il s'était fait le porte-parole, révélant leur détresse et brisant l'indifférence", écrit Mgr Ricard. Il rappelle que l'abbé Pierre, en octobre 2005, terminait ainsi sa lettre à Dieu : "Père, j'attends depuis si longtemps de vivre dans votre totale présence qui est, je n'en ai jamais douté, malgré tout, Amour".
Pour le cardinal Roger Etchegaray, l'Abbé Pierre "ne s'est jamais trompé de combat"
"La mort de l'abbé Pierre touche personnellement les Français, mais aussi toute l'humanité pour une raison simple : il ne s'est jamais trompé de combat en déclarant la guerre à la misère et en voulant que soient 'servis les premiers les plus souffrants'", a déclaré le cardinal Etchegaray. Le prélat, qui fut archevêque de Marseille et président de la conférence épiscopale française avant d'être appelé au Vatican par Jean Paul II, a confié qu'il était "très lié" à l'Abbé Pierre. "Pendant plus de quarante ans je l'ai suivi de très près, surtout dans les moments d'épreuve, avec une amitié exigeante et fidèle", a-t-il précisé. Le cardinal Etchegaray a célébré lundi matin une messe à la mémoire de l'abbé Pierre.
Lambert Wilson : "l'abbé a été mon maître spirituel"
L'acteur, qui a incarné l'abbé Pierre dans le film de Denis Amar "Hiver 54, abbé Pierre", a rendu hommage à son "maître spirituel", décédé lundi, affirmant qu'il avait "changé (sa) vie". "Au-delà du privilège que j'ai eu d'interpréter sa vie, l'abbé a été mon maître spirituel. Il m'a ouvert les yeux. Il a changé ma vie. Nous avons eu des échanges extraordinaires. Il disait souvent : même si on ne donne pas, il faut regarder la misère dans les yeux", a déclaré Lambert Wilson. "L'abbé est, enfin, en train de connaître ce qu'il attendait depuis de nombreuses années. Il disait souvent qu'il n'aurait pas dû durer aussi longtemps. Il était impatient de rejoindre celui qui l'avait fabriqué, celui avec une majuscule", a souligné Lambert Wilson. "La France entière est en deuil, mais n'oublions pas que c'est un bon moment pour lui. Il est heureux d'être parti. C'est une idée à laquelle je me préparais depuis plusieurs années", a ajouté l'acteur.
Les Enfants de Don Quichotte : "reprendre son combat"
Le président des Enfants de Don Quichotte, Jean-Baptiste Legrand, a déclaré qu'il fallait "reprendre le combat" de l'abbé Pierre, "pour que les gens comprennent, pour que les gens s'indignent, pour sauver les personnes qui meurent sur les trottoirs. L'abbé Pierre a lancé un cri du coeur. Il s'est battu pour les SDF, pour leur trouver des logements, leur rendre leur dignité. On ressent une grande tristesse, on le remercie", a ajouté Jean-Baptiste Legrand. "On n'a pas réussi à recréer l'hiver 54. On voulait 100.000 personnes dans la rue, on ne les a pas eues", a affirmé Jean-Baptiste qui a lancé avec son frère Augustin les Enfants de Don Quichotte, association qui a installé fin décembre quelque 200 tentes pour les sans-abris aux bords du canal Saint-Martin à Paris. "S'il meurt maintenant, c'est peut-être pas anodin. Demain il va faire -5 degrés dehors, continuons à dire notre indignation", a-t-il conclu.
Depuis l'Afrique du Sud, Augustin Legrand, le fondateur des Enfants de Don Quichotte, a déclaré sur RTL : "L'Abbé Pierre et moi on a peut-être un point en commun, c'est qu'on est tous les deux révoltés et qu'évidemment on sait qu'il y a des solutions pour sortir ces gens-là de la rue". "Cette révolte qu'il a eue lui, moi, je l'ai de la même manière et je crois que je l'ai aussi parce que j'ai partagé des moments de ma vie avec ces sans-domicile en dormant avec eux sur des cartons (...). Je pense à tous ces gens-là dont on devrait s'occuper et cela me révolte énormément", a-t-il ajouté.
Directeur des centres Emmaüs : "il restera une oeuvre considérable"
Pour le directeur des centres Emmaüs, Xavier Vendraume, "il restera une oeuvre considérable" car l'Abbé Pierre "a certainement inventé une nouvelle formule de fraternité, de solidarité dans nos sociétés abondantes. Ce message continue plus que jamais".
Emmaüs France : "lui rendre hommage c'est continuer son action"
Emmaüs France a exprimé son "immense émotion" après la mort de l'abbé Pierre et son "extrême reconnaissance à son égard". "Le meilleur hommage que le mouvement Emmaüs peut rendre à l'abbé Pierre ne tient ni en un seul mot ni en mille. Le véritable hommage, c'est de continuer", souligne le mouvement. "Après le décès de leur fondateur l'abbé Pierre, Emmaüs France et l'ensemble des 250 groupes que rassemble ce mouvement sont en profond deuil. L'abbé Pierre meurt à 94 ans. Il aura été lucide jusqu'aux derniers jours, attentif à ses proches et soucieux de la suite".
Délégué général de la Fondation abbé Pierre : "Sa mort est un choc"
Le délégué général de la Fondation abbé Pierre Patrick Doutreligne a rendu hommage lundi matin avec émotion à l'abbé Pierre, décédé lundi matin, à l'initiative du combat contre le mal-logement. "Sa mort est un choc même si depuis quelques mois on s'y attendait. On voyait la flamme, dans ses yeux, qui s'éteignait petit à petit", a déclaré Patrick Doutreligne. "Ce qui lui manquait le plus, c'était de ne plus être assez fort pour le combat de sa vie, celui des mal-logés". "Il était venu à la Fondation, quelques jours avant Noël et son message était clairement : je peux partir tranquille, la Fondation prend le relais. Il était très fier du rapport sur notre Fondation publié en juin par la Cour des Comptes: c'était sa propre reconnaissance et la reconnaissance de tout ce qu'il avait créé". Chaque année, la Fondation abbé Pierre publie un rapport sur le mal-logement en France. Le rapport 2007 doit être publié le 1er février.
"On avait l'impression qu'il était immortel"
Les associations d'aide aux mal-logés et aux plus démunis saluent la mémoire de l'abbé Pierre. Le Droit au logement, estime que "sans lui, les Français ne seraient pas aussi sensibles et les hommes politiques ne se sentiraient pas contraints de réagir comme ils le font actuellement. C'est grâce à lui qui a semé cette petite graine de solidarité, d'attention et de sensibilité".
Pour le Secours catholique, Pierre Levené, secrétaire général, L'abbé Pierre est "l'un des grands qui ont porté la solidarité en France. On avait l'impression qu'il était immortel... Au moment où l'Abbé disparaît, le problème du logement est à nouveau posé de façon cruciale dans ce pays". Pour le Secours populaire, la mort de l'Abbé Pierre représente "une grande perte pour tout le mouvement associatif et pour tous les pauvres en France".
Véronique Colucci, présidente d'honneur des Restos du Cœur, a estimé que l'abbé Pierre était "non seulement un être qui avait beaucoup agi, mais aussi un homme intelligent, intègre et généreux. Toute la communauté Emmaüs est profondément touchée", estime la Communauté Emmaüs de Neuilly-Plaisance, la première communauté Emmaüs fondée par l'abbé Pierre "On a maintenant la responsabilité de prolonger son message et de l'adapter aux évolutions de la société".
Médecins du Monde : "à l'heure où la question de l'accueil réservé par notre société aux sans domicile est au coeur de l'actualité politique, il faut rappeler que l'abbé Pierre a été l'architecte du droit au logement opposable. Parmi les premiers, il a su donner de l'écho à ses prises de position et conjuguer actions de terrain en faveur des plus pauvres et interpellation politique. Homme de conviction, il a dédié sa vie à ces combats, n'hésitant pas à mettre en danger sa propre santé pour faire entendre ses revendications".
ATD Quart Monde "salue en l'abbé Pierre un homme qui a refusé l'inacceptable de la misère, une figure qui appelait notre pays à la compassion et à l'indignation". Rappelant que c'est un "coup de gueule" de l'abbé qui a conduit à la création du Haut Comité Pour le Logement des Personnes Défavorisées, ATD Quart Monde estime que "le meilleur hommage" à lui rendre est de réaliser la réforme pour un droit au logement opposable.
L'AFP a recueilli ce matin quelques réactions de SDF, à Paris :
Gilles, 57 ans, qui vit dans une tente près du périphérique, Porte d'Italie (XIIIe) : "Sa mort ça me fait bien plus mal que la morsure du froid ce matin. Nous, les sans-abri, les sans-rien sommes aujourd'hui tous orphelins".
Richard, 49 ans, qui dort sur une bouche de métro près de Denfert (XIVe) : "Son appel est encore d'actualité, je voudrais moi aussi crier chaque matin +mes amis au secours+, mais personne ne m'écouterais de toute façon. Il s'est beaucoup battu même quand il était très âgé mais les politiques n'ont pas bougé et les pauvres ont augmenté. Maintenant, avec le cirque de la campagne (électorale), on entend à nouveau des promesses. On y croit plus."
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