La France est obsédée par les notes

le 17 janvier 2007 à 18h00 , mis à jour le 17 janvier 2007 à 18h06

Une étude internationale met en évidence une France maniaque des notes, où "la dictature de la moyenne" entraîne une forte "angoisse scolaire".

Education école lycée collège primaire

Elle est intitulée "Que savent les élèves" et met en évidence l'obsession de la France pour les notes. Une étude internationale sur les acquis des élèves et la méthode d'évaluation de ces acquis dans neuf pays révèle que, dans l'hexagone, "la dictature de la moyenne" entraîne une forte "angoisse scolaire". Publié dans la Revue internationale d'éducation, le document réunit la réflexion de neuf chercheurs sur le système éducatif de leurs pays : les Etats-Unis, Singapour, le Japon, le Brésil, l'Allemagne, le Royaume Uni, la Finlande, le Portugal et la France.

"En France, on fait des moyennes. Entre un 8 en anglais et un 12 en biologie, sait-on vraiment ce que sait un élève" qui a 10 de moyenne ?, a interrogé Alain Bouvier, professeur d'université membre du Haut conseil de l'Education (HCE) et coordinateur de ce numéro de la revue. Il a expliqué à quel point les notes en France visaient à "négocier" avec les parents pour que "le système éducatif et eux aient l'impression de se comprendre".

"Le système est bon pour les bons élèves"

Les résultats décevants de la France aux évaluations de l'OCDE semblent prouver que la Finlande, par exemple, régulièrement aux premiers rangs mondiaux, tire les plus grands bénéfices de son absence de notation jusqu'à la fin du collège. L'étude dégage également à quel point le rapport à l'élitisme des différents pays façonne l'enseignement reçu par ses enfants. En France, "le système est bon pour les bons élèves et, pour une frange conséquente, 40%, nous sommes au niveau des pays qui accueillent 100 élèves par classe et où les professeurs sont recrutés au niveau du bac", a déclaré Alain Bouvier.

A Singapour, la forte volonté d'élitisme pousse son système éducatif vers les nouvelles technologies et la formation d'une société en pleine évolution, a-t-il encore expliqué. L'Allemagne en revanche, sans remiser son aspiration à créer une élite, "assure aussi une deuxième chance aux autres".

le 17 janvier 2007 à 18:00
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21 Commentaires

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  • Monin, le 19/01/2007 à 17h14

    Quand je vois les réactions que vous osez publier, j'espère de tout coeur l'être à mon tour! En réponse à M.Bazin qui se pose pleins de questions pertinentes, vous ne pensez pas que les effectifs surchargés des classes y est pour quelque chose dans l'échec scolaire (30 gamins à gérer en maternelle, ça vous dit quelque chose??)Sans parler des programmes officiels imposés aux profs et qui laissent peu de place au suivi individuel dont ont besoin les élèves en difficulté... Sans parler des réformes qu'on nous parachute régulièrement sans évaluer leur efficacité par la suite... Sans parler de la notion d'effort et de travail qui reste une inconnue pour grand nombre de nos élèves qui préfèrent rester avachis pendant des heures devant la télé à regarder des c... au lieu de travailler... Merci de me publier pour une fois!!!

  • Istina, le 18/01/2007 à 14h12

    Il semble qu'on transpose le modèle professionnel à l'école. Il faut être le meilleur pour mériter une augmentation, une image. La réussite en France est synonyme de gain d'argent. On doit réussir à tout prix, quel qu'en soit le prix sans penser un seul instant aux vrais capacités, désirs des enfants, qui sont souvent à l'opposé des voeux de parents. Tu feras ton droit et deviendras avocat, mon fils...

  • Petitpiou, le 18/01/2007 à 13h41

    Il arrive fréquemment que le moyen utilisé pour parvenir à un but, soit pris pour but en soi, tant on s'y habitue. Ce transfert est semblable au réflexe de Pavlov. Il en est ainsi, non seulement pour l'éducation, mais aussi pour les produits pétroliers utilisés comme source d'énergie pour les véhicules, ou tout simplement les administrations et gouvernements pour l'organisation d'un pays.

  • Antoine, le 18/01/2007 à 10h34

    Je suis partiellement d'accord avec ces conclusions, les notes sont effectivement utilisées pour donner aux parents l'impression qu'ils comprennent le système scolaire. Du coup la conclusion est que seuls les bons élèves et les enfants de profs sont adaptés au système.

  • Olivier, le 18/01/2007 à 10h15

    Ca sert à quoi de se faire un sang d'encre pour sa moyenne à l'école ?!! Dans tous les cas, il faut désormais bac+4 pour être smicard sur un plateau téléphonique ou une grande surface !

  • Cécile, le 18/01/2007 à 10h13

    Le problème ne sont pas les notes mais les appréciation des profs et leurs commentaires. Ma nièce vis en Allemagne et au primaire il n'y a pas de notes que des lettres. Du coup elle est perdue car elle a la même lettre pour 2 devoirs différents à réussite différent et elle ne sait pas ce qu'lle vaut vraiment. Les notes permettent de ce situer et ne sont pas forcément une sanction.

  • Bazin, le 18/01/2007 à 10h05

    Encore une fois il faut que se soit par l'internationale que l'on reconnait les défauts de notre 'éducation nationale.Le Mammouth continue de vaciller.Le système des notes est comme des abatoires, la viande de bonne qualité d'un coté , et le reste pour la bouffe animale.C'est pas compliqué et cela fatigue pas le personnel enseignant.Cela fait 20 ans que l'on s'aperçoit que notre système ne fonctionne plus mais le coorporatisme et le manque de courage de nos politiques font que nos enfants courent en permanence vers l'échec scolaire.Pourquoi les écoles privées sont si demandées? Pourquoi les cours particuliers se développent vitesse grand V? Pourquoi autant d'absentéime? Pourquoi autant de violence? tout simplement par l'incompétence permanente et suicidaire du Mammouth

  • Claudy, le 18/01/2007 à 09h17

    Ca c est sur !!!! bcp de choses sont a revoir au niveau de l enseignement francais ou seuls les bons élèves sont considérés ,les autres bien trop souvent oubliés voir humiliés devant la classe il est aussi dommage que les parents ne voient la valeur de leurs enfants qu a travers un bulletin

  • Melinda, le 18/01/2007 à 08h02

    C'est sur que notre système n'est pas le bon, pour qu'on soit si mal classé. En même temps, il ne faut pas oublier que les notes sont aussi l'obsession de certains parents. A nous, donc, parents, de dédramatiser une mauvaise note. Je ne punis jamais mes enfants quand il ramène une mauvaise note, je leur dis toujours que l'important c'est uniquement de comprendre ce qu'il a raté, pour ne pas refaire ces erreurs deux fois. Du coup, mes enfants sont mins angoissés par les notes (ce qui ne les empeche pas d'avoir envie d'avoir des bonnes notes), à la différence de certains élèves qui se font engueuler et qui ne travaillent que pour leurs parents. Mais bon, je pense atténuer un peu l'angoisse des notes, je n'ai pas la prétention de l'avoir résolue.

  • Jeanpierre.ribeaucoup@cegetel.net, le 18/01/2007 à 07h40

    "l'esprit Français" demande à devenir plus brillant que son voisin. Ce n'est pas nouveau, la note et le diplôme sont plus qualifiants que l'étude, l'expérience, la lutte pour être constamment au mieux de ses possibilités. C'est donc normal, et qu'on ne vienne pas se plaindre d'un individualisme ou d'un égoïsme de plus en plus évident autour de nous

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