Trois associations ont décrété un immeuble du IIe arrondissement de Paris "ministère de la Crise du logement" le 1er janvier 2007 © TF1-LCIPour la Fondation Abbé Pierre, les pouvoirs publics sont toujours "myopes aux besoins sociaux". Dans son rapport 2007 sur le mal-logement, publié jeudi, l'association dénonce le décalage qui s'est creusé ces dernières années entre la production de logements neufs et les besoins de la population. "On construit 76% des logements pour le tiers de la population le plus aisé", résume Christophe Robert, de la Fondation Abbé Pierre. "Société et logement connaissent des évolutions inverses", écrit la Fondation : d'un côté la demande se fragilise, de l'autre le logement connaît un renchérissement et devient inaccessible au plus grand nombre. "Les classes moyennes sont dupées et les classes populaires sont oubliées", souligne le rapport.
10 minutes à perdre pour la Fondation Abbé Pierre
Après Eric Cantona, ce sont les comiques "10 minutes à perdre" qui assurent le buz sur internet pour relayer l'appel de la fondation Abbé Pierre pour les mal logés. Il y a encore 3,5 millions de personnes mal logées en France.
Publié le 14/12/2010
Même si en 2006 comme en 2005, les mises en chantier ont atteint des chiffres record depuis 25 ans (respectivement 430.000 et 410.000), la part des logements qui seront attribués sous conditions de ressources ou à des loyers inférieurs à ceux du marché ne représente que 41% de la production, contre 67% en 2000. La Fondation souligne par ailleurs que la progression globale du nombre de logements sociaux financés depuis 2004 "tient essentiellement à l'augmentation de l'offre locative intermédiaire (...) inaccessible à la grande majorité des 1.300.000 demandeurs de logements sociaux".
"Rareté des logements à des prix abordables"
A l'inverse, le nombre de logements construits destinés à des ménages qui peuvent se loger sans aide a plus que doublé, passant de 100.000 en 2000 à 260.000 unités en 2006. "Il ne faut donc pas s'étonner du décalage considérable entre l'appréciation favorable de la situation, émanant des responsables de la politique du logement, et celle des Français préoccupés par la rareté des logements proposés à des prix abordables", souligne le rapport.
Que ce soit dans le secteur locatif public ou privé, la dérive est la même. A titre d'exemple, la Fondation cite le cas de Lyon : aujourd'hui, seulement 6% des logements privés ont un loyer de niveau HLM, contre 50% en 1990. A cet égard, la Fondation accuse l'Etat d'avoir affecté, ces dernières années, les ressources publiques à promouvoir des produits immobiliers qui ont contribué à l'affaiblissement du rôle social du parc privé. Ainsi, souligne-t-elle, le dispositif "Robien" a-t-il contribué à la hausse des loyers privés.
20.000 enfants sans adresse en Seine-Saint-Denis
La dégradation des situations sur toute la chaîne du logement, souligne-t-elle, a "des effets dévastateurs pour les plus fragiles" contraints de se loger dans toutes sortes d'habitations "indignes" : squats, bidonvilles, campings, caves... L'"imprécision" des chiffres de ce "non-logement", ajoute la Fondation, ne doit pas conduire à minorer l'importance du phénomène. Elle en veut pour preuve, par exemple, la "flambée" des demandes de domiciliation administrative et postale.
Selon Christophe Robert, de la Fondation, ce type d'inscriptions auprès des associations est passé du simple au triple en cinq ans : à La Rochelle, l'association l'Escale a reçu 1900 demandes de domiciliation en 2006 contre 350 dix ans plus tôt. Une deuxième mesure, a-t-il précisé, est l'inscription à l'école d'enfants qui n'ont pas d'adresse : en Seine-Saint-Denis, ce serait le cas de 20.000 enfants.
D'après agence
Les chiffres du mal-logement, selon la Fondation Abbé Pierre |
La Fondation Abbé Pierre évalue à 3.261.600 le nombre de personnes connaissant "une problématique forte de mal-logement". En ce qui concerne les SDF, la Fondation, qui se base notamment sur une étude de l'Insee de 2001, les évalue à 100.000 personnes. Les personnes privées de domicile personnel mais qui bénéficient tout de même d'un hébergement seraient 974.600. Parmi celles-ci, 100.000 vivent à l'année en camping ou en mobile-home, 150.000 vivent chez des tiers dans des conditions difficiles, 50.000 sont installées dans des chambres d'hôtel et 41.000 dans un "habitat de fortune" (cabanes, constructions provisoires etc.). La Fondation estime par ailleurs à 2.187.000 le nombre de personnes vivant dans "des conditions de logement très difficiles". Parmi celles-ci, 1.150.000 vivent dans des logements "dépourvus de confort de base" (absence de salle d'eau, de WC, de système de chauffage). Par ailleurs, 1.037.000 personnes vivent "en situation de surpeuplement accentué". |
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