Dominique de Villepin, à Matignon, le 3 janvier 2007 © TF1-LCITrois jours après la demande de Jacques Chirac de faire vite, le chef du gouvernement a présenté un calendrier pour instaurer le droit au logement opposable, qui fera de l'Etat le "garant" juridique ultime du respect de ce droit. Dominique de Villepin a souhaité mercredi, lors d'un point de presse à Matignon avec les ministres concernés, que le projet de loi soit "présenté en Conseil des ministres le 17 janvier". Il a donc demandé au Haut comité de rendre son avis sur le texte dans les 8 jours. Le texte devrait être présenté au Parlement dans la foulée, la session parlementaire s'achevant le 22 février.
Quant à sa mise en oeuvre, elle se fera en deux étapes, a expliqué le Premier ministre. D'abord au stade de test à l'échelle locale (avec les collectivités territoriales qui le voudront bien) "dès la fin de l'année 2008", avant de l'étendre à toute la France "en 2012". Alors "toutes les personnes ou toutes les familles logées dans des habitations insalubres ou indignes" pourront faire valoir leur droit opposable pour mettre fin à "la réalité inacceptable" que vivent "quotidiennement les sans-abri comme les mal-logés".
Comme les droits aux soins et à l'éducation
Le Premier ministre a d'abord défini ce droit au logement opposable, censé "offrir un logement à tous les défavorisés", quitte à faire appel à la justice en cas de défaillance des pouvoirs publics : il rejoindra ainsi "le droit aux soins et le droit à l'éducation". C'est pourquoi, explique le chef du gouvernement, il "ne peut pas se faire du jour au lendemain" et le gouvernement a choisi de passer par une phase d'expérimentation sur les modalités, c'est-à-dire de "déléguer davantage cette compétence à des collectivités territoriales".
Ensuite, pour un droit au logement opposable généralisé en 2012, Dominique de Villepin a estimé que le premier pilier était l'emploi et le deuxième la politique de logement, engageant le gouvernement à "tenir le cap des 120.000 logements construits par an". Remerciant les associations pour leur travail, il a aussi demandé au ministre de la Cohésion sociale et du Logement, Jean-Louis Borloo, "de lancer une étude sur les abus dans l'accès au logement social". Ce dernier a pour sa part souligné au passage qu'il avait triplé en trois ans le nombre de construction de logements sociaux et expliqué que des "sanctions pécuniaires" pourraient être prononcées contre l'Etat si ce dernier ne garantissait pas le respect de ce nouveau droit opposable.
| Les réactions |
Parmi les réactions : ceux qui ont remis le dossier au premier plan, les Enfants de Don Quichotte jugent "plutôt positives" ces annonces tout en promettant d'être "vigilants" sur la mise en oeuvre rapide de ce nouveau droit. L'association Droit au Logement (DAL) "reste sur sa faim". Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'Assemblée, se félicite de l'annonce, soulignant que sa mise en oeuvre devra se faire "dans la concertation avec les élus locaux". Pour le PS, "cette belle ambition portée par les associations, a davantage besoin de véritables moyens financiers et d'actes concrets que d'effets d'annonce". Le PS estime que la politique du gouvernement "ne répond ni aux besoins des 1,4 million de demandeurs de logement social, ni aux 3,2 millions de mal-logés". François Hollande estime même que "le gouvernement se donne bonne conscience à peu de frais". Pour le maire PS de Paris Bertrand Delanoë, "dans la situation nationale actuelle, la responsabilité du gouvernement est d'abord et avant tout de garantir une offre de logements sociaux et de places d'hébergement adaptée à la demande, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui". Et la communiste Marie-George Buffet estime que ce "nouveau droit est une bonne chose", mais ce que veulent "sans attendre" toutes les personnes sans logement ou mal logées "c'est un logement digne où vivre... Maintenant aux actes!" (D'après agence) |
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