Photo du bébé de 18 jours enlevé à l'hôpital de Montfermeil et retrouvé le 13 janvier 2007 © TF1/LCIOublié le petit bracelet de soie avec le prénom fixé au poignet, les nouveau-nés de plusieurs maternités françaises seront bientôt équipés d'un bracelet électronique, attaché à la cheville. Le Parisien annonce cette information dans son édition de lundi. Les hôpitaux de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), de Strasbourg et du Havre mettront en place ce dispositif respectivement à partir de fin mars, juin et début 2008. "Une cinquantaine d'autres services réfléchissent" également à cette installation, indique le quotidien.
Une initiative prise à la suite d'affaires de rapts d'enfants en milieu hospitalier. L'hôpital intercommunal de Montfermeil avait ainsi connu des kidnappings de ce type en 2002, 2005 et il y a encore deux semaines. D'où l'idée du bracelet électronique pour nourrisson, déjà utilisé en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.
Alarmes lumineuses et sonores
Principe du dispositif : sur la cheville du bébé, l'équipe soignante attache un bracelet doté d'un boitier contenant une puce. Laquelle est activée depuis un ordinateur central. Des récepteurs sont installés dans le périmètre où se trouve le nouveau-né. Par le biais d'ondes "équivalentes aux radios de grandes ondes", des alarmes lumineuses et sonores se déclenchent si le bébé sort de la zone couverte, "si le bracelet est sectionné ou si l'ordinateur central est volé", précise le journal.
Le dispositif peut alors prévoir le verrouillage automatique des portes ou l'arrêt des ascenseurs. "L'ordinateur identifie la sortie empruntée" par le ravisseur. "Aucune donnée médicale n'est enregistrée sur le bracelet", seul le nom du bébé, pointe Le Parisien. Et de préciser que le bracelet, hypoallergénique, n'empêche pas la toilette du bébé. Les parents qui refuseraient ce système de protection devront signer une décharge. Coût de l'installation : entre 30 et 100.000 euros.
"Vraie menace" ou "réaction excessive"
Pour Guy-Marie Cousin, président du Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France (Syngof), "le rapt d'enfant est une vraie menace (...), un vrai drame pour la famille mais aussi pour les personnels de l'hôpital". Il déclare au Parisien que ce bracelet "pourrait constituer un bon moyen d'être vigilant" et "aussi servir à rassurer les mamans qui craignent qu'on échange leur bébé avec un autre".
François Goffinet, membre du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), estime au contraire qu'il s'agit d'une "réaction excessive à un problème qui n'est pas si courant". Il indique au journal être "dubitatif sur l'efficacité de ce système".
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