Les titres de la presse au lendemain de la mort de l'abbé Pierre © TF1/LCIL'ensemble de la presse française a salué mardi le combat de l'Abbé Pierre, décédé lundi à l'âge de 94 ans, contre l'exclusion sous toutes ses formes. "La force de son indignation était imbattable, incomparable, insoupçonnable" a affirmé Le Figaro, rappelant qu'"il était le héros des Français" et que "sa cause était juste (et) son abnégation permanente". "Il ne roulait pour personne (...). Il renvoyait tout le monde à ses responsabilités, dos à dos. Un vrai rebelle, l'abbé Pierre", a conclu le quotidien.
"Un ami des plus souffrants disparaît"
<b>Interview - </b>De l'abbé Pierre, Jean-Baptiste Eyraud, président du DAL, retient son "écoute", ses conseils, et "ses colères qui faisaient trembler les puissants".
Publié le 22/01/2007
Au Val-de-Grâce, l'hommage des anonymes
<b>Reportage - </b>Premiers à se rendre à l'hôpital du Val-de-Grâce après la mort de l'abbé Pierre, des militants pour les droits des exclus témoignent.
Publié le 22/01/2007
Pour Libération, "la première religion de l'abbé Pierre, c'était la colère, vite devenue révolte". "L'indignation n'est pas si commune qu'il ne faille saluer ceux qui savent la transformer en insurrection", a noté le quotidien, soulignant que "l'abbé a su être précurseur : il a compris l'intérêt d'investir les médias de masse. Pour que les sans-voix donnent de la voix et que le caritatif trouve les moyens de pallier l'impéritie de l'Etat. Il a inventé la charité des temps modernes et réussi à imposer sa loi."
"Il était aimé parce qu'il aimait"
Même constatation pour La Croix puisque "sans-abri, réfugiés, immigrés : les plus petits étaient les compagnons de l'abbé Pierre". "Pour que soit respectée leur dignité, il savait peser sur tous les leviers politiques et sociaux", a indiqué le journal catholique, estimant qu'il "était aimé parce qu'il aimait."
Selon L'Humanité, le fondateur d'Emmaüs "était devenu dans l'imaginaire collectif celui qui ne baissait pas les bras, qui ne se laissait pas endormir par de vaines promesses, et qui, au fil des décennies, remettait le couvert chaque fois que les déshérités manquaient d'un toit pour vivre. Il incarnait aux yeux des Français un volontarisme qui semble justement si souvent faire défaut à l'action politique".
"C'était la foi qui l'animait, l'espérance qui l'appelait"
La presse régionale était à l'unisson de la presse nationale à propos de l'action et du charisme qu'exerçait l'Abbé Pierre sur la société française. Ainsi, pour l'Union, "il a été si longtemps la vigie de nos insuffisances, celui qui nous a rappelés par sa parole incandescente aux plus élémentaires obligations." "Il était depuis plus de soixante ans la mauvaise conscience de la France", a tenu à rappeler La Montagne, qui s'est interrogée : "Pourquoi un obscur prêtre, à la silhouette fragile, portant soutane, a pu devenir des années durant la personnalité préférée des Français, craint par tous les pouvoirs, à qui rien ne pouvait être refusé et dont la mort est accueillie par un déluge d'hommages et de regrets qui, chose rare, sont d'une totale sincérité ?"
Certains quotidiens revenaient également sur son aspect de chrétien engagé. "L'abbé Pierre, c'était le contraire du chrétien, du prêtre compassé. C'était la foi qui l'animait, l'espérance qui l'appelait, la charité qui le faisait agir et rugir. Éveilleur engagé. Engagé, il était dérangeant", a écrit Ouest-France. Pour La Voix du Nord, le défenseur des exclus "croyait au libre arbitre, à l'aspiration à la dignité humaine. C'était l'homme de la synthèse entre valeurs chrétiennes et morale laïque".
D'après agence
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