Dans la matinée, certains se réveillent d'une nuit difficile. Dehors, il ne fait que 8 degrés. © Stéphanie MORBOISLe long du canal Saint-Martin, la situation est de plus en plus délicate. 120 tentes sont toujours installées et la violence a fait son apparition sur le campement. "Il y a une dizaine de SDF qui sont alcoolisés, qui posent des problèmes et nous avons besoin de citoyens pour encadrer la centaine de SDF en l'absence totale de travailleurs sociaux", explique Augustin Legrand, assurant que les "tentes vides il y a deux semaines sont actuellement toutes remplies". Le voisinage s'impatiente et les commerces voient leur chiffre d'affaires baisser, selon Augustin Legrand. Lui qui n'aime pas "le charity business" n'est toutefois pas hostile à une action de solidarité en faveur des commerçants.
Très en colère, le porte-parole des Enfants de Don Quichotte demande la démission de Catherine Vautrin, ministre à la Cohésion sociale, "qui est vraiment incompétente" car, selon lui, "rien n'a avancé depuis le 8 janvier", date de l'accord entre le gouvernement et les Enfants de Don Quichotte sur les sans-abri. "Le gouvernement a beaucoup de mal à appliquer les mesures" qu'il a annoncées début janvier. "Nous avons demandé un plan Marshall, il n'est pas mis en œuvre". "Il y a un manque de moyen flagrant au Ministère". "M. Borloo est compétent, M Borloo a du cœur, il veut avancer mais il n'a pas le temps".
Etat de guerre
Catherine Vautrin a refusé de répondre à la demande de démission d'Augustin Legrand. Tout en soulignant que 3000 places d'urgence ont été transformées en places pérennes, comme promis par le gouvernement, et qu'il y en aurait même "plus", la ministre a affirmé sur LCI que sur les 268 dossiers, concernant 309 personnes, déposés par des SDF du canal St-Martin, "85% ont eu une solution proposée".
Face au blocage, Augustin Legrand, à l'origine du mouvement citoyen Les Enfants de Don Quichotte annonce son retour sur les bords du Canal avec les sans-abris. "Je retourne sur le Canal dès aujourd'hui, je vais racheter une tente, je me réinstalle". Selon lui, la majorité des 500 places disponibles pour la nuit à Paris dans des hôtels pour les sans-abri sont inoccupées par manque d'information des SDF. "A huit semaines du premier tour de la présidentielle, on doit faire beaucoup pour les SDF car nous sommes en état de guerre", conclut-il.
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