Le premier collège musulman à Lyon © TF1-LCILe recteur de Lyon s'oppose depuis la rentrée à l'ouverture de cet établissement, évoquant des raisons de sécurité et un futur directeur qui sert de "prête-nom" pour mettre en place une "direction de paille". Mais le Conseil supérieur de l'Education (CSE - instance de l'Education nationale) a donné mercredi son feu vert à l'ouverture du collège-lycée musulman Al-Kindi de Décines, dans le Rhône.
Affirmant "prendre acte de cette décision", le ministère de l'Education nationale a expliqué que "cette décision du CSE, publiée au bulletin officiel, a valeur juridictionnelle, c'est la grande différence" avec les décisions habituelles de cette instance. D'ordinaire les avis du CSE réuni en section plénière sont uniquement consultatifs. Le ministère a expliqué que "quand le CSE siège en section contentieuse et disciplinaire, il est totalement indépendant du ministre", et ses décisions s'imposent à ce dernier.
2e établissement musulman en France
L'association Al-Kindi, qui s'est dite "ravie" de cette décision, avait saisi le CSE après avoir essuyé successivement deux refus à son projet d'établissement, d'abord celui du rectorat de Lyon puis celui du Conseil académique de l'Education nationale (CAEN). Il s'agissait de l'ultime voie de recours. En attendant, l'association Al-Kindi avait indiqué mi-février qu'elle était prête à ouvrir l'établissement très rapidement, après le refus du tribunal administratif de Lyon, saisi de l'opposition du rectorat, de se prononcer sur le fond du dossier. Le tribunal administratif avait estimé que seules les instance juridiques propres à l'éducation nationale (CAEN en première instance puis CSE en appel) pouvaient trancher.
Il y a dix jours, l'avocat d'Al-Kindi avait annoncé une ouverture partielle de l'établissement le 5 mars soit avant même la fin de l'année scolaire, ce dont le ministre Gilles de Robien a également pris acte implicitement mercredi. "Dans le cas où cette ouverture se ferait en cours d'année", ajoute le communiqué du ministère, "le ministre souhaite que les futurs élèves bénéficient des meilleures conditions de poursuite des études". "Il rappelle que le nouvel établissement sera soumis, comme tout établissement privé hors contrat, au contrôle de l'Etat dans les conditions prévues par le code de l'éducation", conclut-il. S'il ouvre effectivement le 5 mars, l'établissement Al-Kindi sera le deuxième de ce type en France après le lycée Averroès de Lille, et le premier en taille avec une capacité d'accueil de 140 élèves.
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