Rassemblement de soutien à la famille d'Ingrid Betancourt, 5 ans jour pour jour après l'enlèvement de la jeune femme, le 23 février 2007 © TF1/LCILa famille et les comités de soutien d'Ingrid Betancourt ont multiplié vendredi les initiatives pour marquer le 5e anniversaire de son enlèvement. Au cours d'une conférence de presse à Paris, les deux enfants et l'ex-mari d'Ingrid Betancourt ont dénoncé l'inaction du gouvernement français et l'attitude du président Alvaro Uribe face à la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). "Au bout de cinq ans, on se rend compte qu'on a ressenti en France une grande compassion mais qu'il n'y a pas eu de volonté politique", a déploré Mélanie Delloye, la fille de l'otage âgée de 21 ans.
Avec son frère Lorenzo, elle a vivement dénoncé la volonté du président colombien de recourir à la force "alors qu'il sait pertinemment qu'une opération militaire ne peut finir que dans un bain de sang" et reproché au gouvernement français de se laisser "marcher sur les pieds" par le président Uribe. "Pourquoi, sachant que le Congrès américain est devenu démocrate, est-ce que le gouvernement français ne s'est pas dirigé vers les Etats-Unis, sachant qu'il y a (en Colombie) trois otages qui sont Américains?", a demandé Lorenzo, 18 ans. "Nous avons un dialogue régulier avec les Américains sur ce sujet", s'est défendu un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Denis Simonneau.
"Hâter la fin de cette épreuve"
L'ex-mari d'Ingrid Betancourt, Fabrice Delloye, a qualifié Alvaro Uribe de "férocement dangereux". "Le président Uribe a l'habitude de raconter tout et son contraire", a-t-il dit. S'en prenant aussi aux Forces armées révolutionnaires de Colombie, il a ajouté : "Nous sommes entre deux monstruosités".
Mélanie Delloye a renouvelé son appel aux candidats à l'élection présidentielle française d'avril-mai : "Vous aurez demain le destin de tous les Français entre vos mains. Vous devrez n'en oublier aucun". La famille a notamment reçu le soutien des deux favoris, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.
Après la conférence de presse, un rassemblement de soutien s'est tenu place Saint-Michel, dans le quartier latin à Paris. Dans l'après-midi, la Place de Colombie, dans le 16e arrondissement de la capitale, a été symboliquement rebaptisée "Place pour la libération d'Ingrid Betancourt", à l'initiative d'un collectif d'artistes et d'écrivains. Dans une lettre à la mère d'Ingrid, Yolanda Pulecio, le président Jacques Chirac a assuré de son côté que la France faisait "tout ce qui est possible pour hâter la fin de cette épreuve".
D'après agence
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